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Le grand Bleu !

Enorme sensation à Londres ! Auteur d’un 800 m somptueux, Pierre-Ambroise Bosse est sacré champion du monde en 1’44’’67. Il devient le premier Français à monter sur le podium dans cette épreuve aux Mondiaux. Un authentique exploit, après une préparation perturbée par une blessure. Renaud Lavillenie apporte aux Bleus une deuxième médaille, avec le bronze à la perche grâce à un saut à 5,89 m. Magique.

Les Médailles

Lavillenie, le bronze du bonheur

Cette fois, contrairement aux quatre éditions précédentes, son sourire n’était pas voilé de tristesse. Renaud Lavillenie n’est toujours pas champion du monde. Mais en décrochant le bronze, sa cinquième médaille consécutive aux Mondiaux, le Clermontois a écrit une des plus belles pages de sa carrière. Il revient de tellement loin, après une blessure à l’ischio-jambier qui l’a privé de saut à la perche pendant quatre mois, qu’il ne peut qu’apprécier cette nouvelle récompense. « Celle-là, elle a de la saveur, savoure le recordman du monde. D’habitude, je suis plus du genre à perdre la médaille d’or à cause d’erreurs. Là, je suis allé gagner le bronze. Ce qui me rend fier, c’est que j’ai fait le plus gros concours de ma saison aux Mondiaux, ce que je n’ai pas été capable de réaliser tous les ans. »

Dos au mur à 5,89 m

Effectivement, Renaud Lavillenie a réalisé une compétition magnifique. Après avoir effacé 5,65 m puis 5,75 m, il échoue à sa première tentative à 5,82 m. La barre passe à 5,89 m et il connaît un nouvel échec. Le jeune père de famille est dos au mur. S’il rate ce dernier essai, sa finale est terminée et il termine au pied du podium. Son saut est magnifique et n’est pas sans rappeler le scénario des Jeux de Londres, où il était allé chercher le titre en franchissant 5,97 m à son ultime tentative. Contrairement à 2012, il ne décroche pourtant pas la médaille d’or, qui revient à l’Américain Sam Kendricks (5,95 m) devant le Polonais Piotr Lisek (5,89 m). Pas de quoi gâcher son bonheur. « Beaucoup m’avaient enterré après Rio et ma blessure cet hiver, se remémore l’élève de Philippe d’Encausse, qui a sauté avec un dos douloureux. Au final, j’ai fait un concours juste dingue. » Londres lui a une nouvelle fois porté chance, dans un stade où le public l’a soutenu intensément toute la soirée. « Je suis peut-être le plus Anglais des Français », conclut-il. Renaud Lavillenie est un homme heureux.
L’autre Français en lice, Axel Chapelle, termine à une belle sixième place pour son premier grand championnat en plein air chez les seniors. Le plieur de gaule de l’EA Cergy-Pontoise est récompensé de son début de concours parfait, avec des barres à 5,50 m et 5,65 m franchies au premier essai. Il a ensuite échoué à 5,75 m mais prend date pour les futures grandes échéances. Lors desquelles il fera à coup sûr partie des prétendants au podium.

Le Magicien Bosse !

Pierre-Ambroise Bosse a réalisé un authentique exploit, en s’imposant en finale du 800 m en 1’44’’67. A 25 ans, il décroche la première médaille mondiale de sa carrière. La plus belle, qui vient récompenser sa ténacité et son sens tactique.
Cliquez ici pour lire l'article consacré à la médaille d'or de Pierre-Ambroise.

Le Temps Fort

Les regrets de Mekhissi

« Il y a des regrets. Je ne peux pas me satisfaire d’une quatrième place ». Le constat de Mahiedine Mekhissi est lucide : le steepleur du Stade Sottevillais 76 est passé à côté d’une médaille mondiale qui lui tendait les bras. Quatrième en 8’15’’80, il échoue à seulement 27 centièmes d’Evan Jager. Pourtant, à un tour de l’arrivée, l’athlète entraîné par Farouk Madaci était encore très loin. La faute à une erreur tactique, lorsqu’il n’a pas osé suivre le peloton de tête au moment de l’accélération de l’Américain après la mi-course. « Aujourd’hui, j’ai été spectateur et pas acteur, regrette-t-il. Je n’étais pas en confiance. Plus les tours passaient, plus je me sentais à l’aise. J’ai fait une erreur de débutant. » Auteur d’un dernier 400 m monstrueux, Mahiedine Mekhissi a fini plus vite que le trio de tête. Mais il était déjà trop tard. Le titre revient au Kényan Conseslus Kipruto en 8’14’’12, qui l’emporte devant le Marocain Soufiane Elbakkali (8’14’’49). Yoann Kowal doit, lui, se contenter de la treizième place en 8’34’’53. Une déception pour le Périgourdin, qui n’a pas pu véritablement défendre ses chances suite à une chute sur une barrière en début de course. « Il y avait un gros manque de visibilité, raconte-t-il. Je ne voyais pas les obstacles. Je tombe très bêtement. Je piétine et je m’éclate contre la haie. » Le protégé de Patrick Petitbreuil s’est courageusement relevé pour finir la course, mais le trou était déjà fait.

Et Aussi

Raffai s’invite en demies

L’insouciance a souvent du bon. En s’installant dans les starting-blocks de sa série du 200 m, Estelle Raffai ne s’est pas rendu compte de l’absence de la Trinidadienne Michelle-Lee Ahye, favorite logique de cette course et forfait de dernière minute. Un petit coup de pouce du destin qui a automatiquement libéré une place dans le top 3, directement qualificatif pour les demi-finales. La junior d’Athlé 91 a su en profiter, en se classant troisième en 23’’72 (-0,4m/s). « Le chrono, ça n’est pas du tout ça, reconnaît-elle. Mais c’est la place qui comptait. Je ne m’attendais pas à entrer en demi-finales. Je suis un peu surprise. » Jeudi, elle n’aura bien sûr rien à perdre et va tenter de gagner en relâchement dans la ligne droite. « Ça n’est que du bonus. Participer aux Mondiaux, c’était déjà quelque chose de malade ! » Une première expérience d’ores et déjà positive.
Pour Jessica Cérival, l’aventure s’arrête là. La lanceuse de poids n’a pas pu s'exprimer comme elle le voulait en qualifications. La faute à une blessure au biceps, qui a été notamment traitée par une infiltration. « Il y a même pas une semaine, je ne lançais pas, retrace la sociétaire de l’Entente Franconville Cesame Val d’Oise. Aujourd’hui, je n’avais aucune élasticité, je n’étais pas en forme. » Dans ce contexte délicat, elle a tout de même réussi à lancer son engin à 16,56 m, une performance synonyme de vingt-quatrième place.

Les Champions du jour

Spotakova, dix ans après

Barbora Spotakova est éternelle. La Tchèque a connu deux carrières dues à sa pause bébé en 2013. Grâce à ce nouveau titre planétaire (66,76 m), elle possède à 36 ans le plus beau palmarès du javelot mondial : double championne olympique, double championne du monde, assorti de deux médailles d’argent aux Mondiaux et du bronze olympique de Rio. Tout cela assorti du record du monde à 72,28 m. Le podium est complété par l’école chinoise. Lingwei Li améliore son record personnel (66,25 m) pour devenir la dauphine de Spotakova, Huihui Lyu (65,26 m) prenant la médaille de bronze.
Dans la dernière finale du jour, le 400 m, la logique a été respectée. Le Sud-Africain Wayde Van Niekerk a réalisé une véritable démonstration, en dominant le tour de piste en 43’’98. En l’absence de son principal adversaire, le Botswanais Isaac Makwala victime d’une gastro-entérite, il s’est permis de relâcher dans les trente derniers mètres. La Bahamien Steven Gardiner (44’’41) et le Qatari Abdalelah Haroun (44’’48) complètent le podium. Retrouvez un gros plan sur le Sud-Africain en cliquant ici.

A Londres, Florian Gaudin-Winer (avec F.D.) pour athle.fr
Photos : J. Crosnier / S. Kempinaire (KMSP)

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