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A la veille du début du grand rendez-vous continental, avant-dernier volet de la présentation des athlètes tricolores en lice à Berlin, avec les marcheurs et marathoniens.

20 km marche
Prendre la relève

Sans Yohann Diniz, le triple champion d’Europe du 50 km forfait pour blessure, la marche française est forcément un peu orpheline. Mais l’occasion est belle, pour les Tricolores engagés, de prendre à leur tour la lumière en brillant sur le macadam berlinois. Kevin Campion, rarement à la fête lors des grands rendez-vous, a montré l’an dernier lors des Mondiaux de Londres qu’il avait franchi un premier cap. A trente ans et avec un record personnel en 1h20’28’’, l’heure est venue de passer un nouveau palier en se rapprochant du top 8 lors d’une course sans immense favori. Le marcheur de l’AFA Feyzin-Vénissieux sera accompagné en Allemagne par Gabriel Bordier. A 20 ans, le sociétaire de l’US Berthevin vit une saison de rêve, avec trois titres nationaux dont celui sur 20 km à Mérignac. Pour son premier grand championnat chez les seniors, « l’objectif sera d’apprendre, résumait Gérard Lelièvre dans le dernier numéro d’Athlétisme Magazine. Il va essayer d’être demi-finaliste. Ensuite, ça ne sera que du bonus. »

Emilie Menuet, elle, a déjà goûté au top 16 lors d’un grand championnat, plus précisément aux Jeux de Rio en 2016 avec une treizième place. Le comité de sélection a fait confiance à la sociétaire de l’AJ Blois-Onzain, même si elle est restée à 32 secondes du niveau de performance requis avec ses 1h33’02’’. Si elle arrive enfin à se débarrasser d’un problème récurrent à la jambe gauche, dont elle parfois la commande en plein effort, l’élève de Pascal Chirat a les moyens de rééditer sa performance brésilienne.

50 km marche
Les Bleues ont leur pionnière

Un an après l’apparition du 50 km marche au programme des épreuves féminines d’un grand championnat, lors des Mondiaux de Londres, Lucie Champalou a le redoutable honneur d’être la première Tricolore à s’aligner sur cette distance sous le maillot de l’équipe de France. Pour obtenir son billet pour Berlin, l’athlète de 28 ans coachée par Hervé Davaux a été chronométrée en 4h48’08’’ lors des championnats du monde par équipes à Taicang (Chine). Une performance éloignée des 4h05’46’’ de la Portugaise Ines Henriques, ex-recordwoman du monde et qui sera l’athlète à battre à Berlin, mais qui va donc lui permettre d’écrire une nouvelle page de l’histoire de la marche française.

Marathon
Le parfum de l’incertitude

C’est l’épreuve honnie des bookmakers. Celle où tout peut se produire, y compris le plus inattendu, jusque dans les derniers des 42,195 kilomètres. Le marathon d’un championnat international ne ressemble à aucun autre. Hormis celle des Jeux de Rio avec le Kenyan Eliud Kipchoge en 2016, aucune course ne s’est soldée par un résultat prévisible avant le coup de pétard au cours des dix dernières années.

C’est sur ce constat que les Bleus fondent leurs ambitions. Les cinq Français engagés à la fois individuellement et par équipes pour la Coupe d’Europe de la spécialité savent pertinemment que les chronos indiqués sur la liste des engagés n’ont qu’une valeur toute relative. Leur leader, Hassan Chahdi (EA Centre Isère), avait fait bonne impression avec ses 2h10’20’’ à Paris en 2017, pour sa deuxième course sur ce format, et s’est préparé spécifiquement pour cette échéance. Il peut rêver à un podium individuel.

Ses camarades Yohan Durand (Bergerac AC), Abdellatif Meftah (Sarthe Running) et Benjamin Malaty (US Talence) ne se sont pas non plus alignés sur marathon en 2018, avec comme objectif d’arriver le plus frais possible le jour J dans la capitale allemande. Jean-Damascène Habarurema (Entente Angevine Athlétisme) a, lui, pris la place honorifique de premier Français lors du marathon de Paris début avril, en 2h15’13’’. L’expérience du doyen de la délégation bleue sera un atout précieux.

Face à eux, les Français retrouveront le recordman d’Europe norvégien Sondre Nordstad Moen, qui avait surpris la terre entière avec sa victoire ahurissante à Fukuoka (Japon) en décembre, en 2h05’48’’, mais aussi le Suisse Tadesse Abraham, doté d’un record personnel de 2h06’40’’, et l’Espagnol Javier Guerra, chronométré en 2h08’36’’ à Séville en février. Attention également à l’Ukrainien Oleksander Sitkovskyy, à l’Italien Stefano La Rosa et au Belge Koen Nart, eux aussi porteurs de solides références.

Pour Clémence Calvin (Martigues Sports Athlé), les données sont encore plus incertaines, puisqu’elle ne s’est encore jamais mesurée au chronomètre sur une distance aussi longue. Mais un an et demi après avoir donné naissance à son premier enfant, elle a laissé entrevoir un état de forme prometteur en améliorant le record de France du 10 km en 31’20’’ à Langueux le 16 juin, puis en courant un semi-marathon sous les 1h10’ (1h09’52’’) une semaine plus tard à Olomouc (République Tchèque).

Médaillée d’argent du 10 000 m à Zurich, elle tentera de prendre la suite de Christelle Daunay, la tenante du titre depuis quatre ans. Pour espérer une belle place d’honneur, il lui faudra rester au contact le plus longtemps possible, puisque treize des engagées disposent d’un record personnel inférieur à 2h30’. Sur un parcours long de 10 kilomètres plat et rapide, tracé autour de la Breitscheidplatz et incluant huit passages sous la fameuse Porte de Brandebourg, la favorite devrait être la Biélorusse Volha Mazuronak, forte de son chrono de 2h25’25’’ lors de sa victoire à Düsseldorf fin avril. Mais ça, ce n’est que sur le papier.

Florian Gaudin-Winer et Etienne Nappey pour athle.fr

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