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NUMÉRO 580 - FÉVRIER-MARS 2019

Kevin Mayer, Renaud Lavillenie et Yohann Diniz : « Une entrée dans l’inconnu »

Les voici enfin réunis. Kevin Mayer, Renaud Lavillenie et Yohann Diniz, les trois recordmen du monde absolu que compte actuellement l’athlétisme français, se sont retrouvés au lendemain du meeting de Paris indoor, à l’initiative de la Fédération Française d’Athlétisme. Pour un entretien qui nous permet de pénétrer dans un monde nouveau, où ces explorateurs repoussent les limites pour écrire l’histoire de leur sport.

Athlétisme Magazine : Quels sont les records du monde qui vous faisaient rêver lorsque vous étiez plus jeunes ?

Renaud Lavillenie : La longueur, vu le contexte de ce concours de dingue à Tokyo (victoire de Mike Powell avec 8,95 m, après que Carl Lewis a battu une première fois d’un centimètre le record du monde de Bob Beamon avec 8,91 m, NDLR). C’est un des records qu’on se représente le plus facilement, un des plus marquants. Tu fais neuf mètres en comptant tes pas et tu te dis que le mec passe de là à là.

Yohann, c’est peut-être un record que vous avez pu voir en direct…

R.L. : Tu étais dans le stade, non ?
Yohann Diniz : Oui, j’ai failli être qualifié pour les championnats du monde (rires). Le record du monde du 400 m de Michael Johnson aux Jeux olympiques d’Atlanta (en 1996, NDLR) m’a aussi marqué.
Kevin Mayer : Moi, je n’étais pas né. Mais j’ai regardé ce concours plein de fois. C’est pratiquement comme si je l’avais vécu en direct. Mais j’ai surtout été inspiré par des records à partir de 2005, quand je suis devenu athlète, avec des personnes comme les deux qui sont assises à mes côtés ou Usain Bolt.

Vous rappelez-vous de la première fois où l’on vous a demandé : “alors, c’est pour quand le record du monde ?” ?

R.L. : À Leiria en 2009, après mes 6,01 m (lors des championnats d’Europe par équipes, NDLR). C’est la première question qu’on m’a posée. C’est marquant.
K.M. : Juste après ma médaille d’argent aux Jeux de Rio en 2016.
Y.D. : Moi, on ne m’en a jamais parlé, car le record du monde du 50 km semblait inaccessible avec les Russes qui avaient mis la barre super haut (3h34’14’’ par Denis Nizhegorodov). Avant de le battre, je n’arrivais pas à me projeter vers une telle performance. Alors que maintenant, je me dis que je serais peut-être capable de faire encore mieux. Celui sur piste (sur 50 000 m), c’était différent. Je savais qu’il était facile à aller chercher.

Renaud et Kevin, comment réagissiez-vous lorsqu’on vous parlait du record du monde ?

R.L. : Je pratique une discipline dont on a longtemps cru aussi le record du monde inaccessible (6,15 m par Sergueï Bubka). Je ne me suis donc jamais trop pris la tête avec ça. Entre 2009 et début 2014, je ne pensais pas que c’était quelque chose d’envisageable à court terme. Je préférais monter sur des podiums, comme je l’ai fait. Tout a basculé en 2014, quand j’ai réussi à avoir un déclic avec des 5,20 m (la longueur des perches qu’il a commencé à utiliser, NDLR). J’ai vu que ça s’accélérait et, en un mois, j’étais presque capable de dire que j’allais le battre comme ça. Quand tu t’attaques à une montagne comme celle-là, soit tu peux tomber très facilement, soit tu prends ton temps et tu vois si tu arrives au bout.
K.M. : Je savais que mes performances me permettaient d’envisager le record du monde (9045 pts par Ashton Eaton). Il fallait pour cela que j’enchaîne le décathlon parfait. Savoir si j’allais le battre un jour, c’était anecdotique pour moi. Honnêtement, quand on me posait des questions dessus, je répondais par politesse et pas du tout dans l’idée de me dire que j’allais m’en emparer lors de la prochaine compétition. Ça a pu être pesant. Avant les championnats d’Europe l’an dernier, on me parlait beaucoup plus de ce record que de la médaille d’or que je n’avais jamais décrochée. Mais une partie du job de l’athlète, c’est d’assumer toute la pression qui va avec son palmarès et son niveau.
R.L. : C’est plutôt bon signe, entre guillemets, qu’on t’emmerde avec ça, parce que ça veut dire que les gens considèrent ton niveau à sa juste valeur. Mais les médias ont parfois tendance à t’imposer tes objectifs. Si tu n’as pas envie de battre le record du monde pour telle ou telle raison, c’est compliqué parce qu’on va te le rabâcher jusqu’à ce que tu craques. C’est à nous d’être un peu plus forts que ça et d’être droits dans nos baskets.

Retrouvez la suite de ce grand entretien dans le nouveau numéro d’Athlétisme Magazine, disponible dès ce samedi en kiosques et en commande à l’unité.


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