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Double bonheur pour les Bleus

Quentin Bigot, en argent au marteau avec 78,19 m, et Pascal Martinot-Lagarde, en bronze sur 110 m haies en 13’’18, ont ouvert ce mercredi soir le compteur à médailles des Bleus à Doha. Des récompenses qui font leur bonheur, eux qui abordaient la compétition en outsiders. Kevin Mayer, troisième après la première journée du décathlon, et Mélina Robert-Michon, qualifiée avec la manière en finale du disque, tenteront de monter, eux aussi, sur le podium jeudi et vendredi.

Les médailles

Bigot lance les Bleus

Jusque-là très concentré, il a levé les bras en se retournant vers son clan avant même que son engin ait touché terre à son dernier essai. Avec 78,19 m, Quentin Bigot a gagné l’argent d’une finale réservée aux costauds. Le drapeau tendu par son coach était à la hauteur de sa performance du jour : XXL. Au terme d’une finale épuisante nerveusement, le lanceur d’Athlé Metz Métropole pouvait savourer la plus grande performance de sa carrière.
« J’avais dit qu’il finirait entre 1 et 12, tellement le concours s’annonçait serré après les qualifications, sourit son entraîneur Pierre-Jean Vazel. C’est la façon d’aborder la finale qui a fait la différence. » Un peu plus tendu qu’en qualifs - normal - Bigot a réussi à se relâcher pour prendre une première option grâce à son jet à 78,06 m à sa deuxième tentative. Ses 78,19 m au quatrième essai l’ont propulsé à la deuxième place, pour un petit centimètre. Il ne l’a plus quittée. « Je fais mon meilleur jet de la saison, et la meilleure performance depuis mon retour à la compétition. Je pourrais pinailler en demandant en plus mon record personnel, mais je suis tellement content comme ça », soufflait le premier Tricolore médaillé de la semaine.
Volontiers partageur, le Messin ne manquait pas d’associer à sa réussite ses deux entraîneurs, aux yeux rougis par l’émotion à quelques mètres de là. Et même tant d’autres. « Cette médaille représente un travail long, passionné, monacal même ! C’est aussi l’investissement des gens autour de moi : Pierre-Jean (Vazel), Gilles (Dupray), ma famille, mes collègues, mes partenaires. Ils ont tous une petite part de centimètres et de mètres dans cette performance. »

PML, le survivant

« Maintenant que le compteur est ouvert, les autres médailles vont arriver rapidement », s’amusait Quentin Bigot au micro de Nelson Monfort. Debout derrière ses blocs, à cent-vingt mètres de là, Pascal Martinot-Lagarde a bien compris le message. Quelques minutes plus tard, le hurdler de l’ES Montgeron a apporté sa deuxième médaille à l’équipe de France : le bronze du 110 m haies. Convaincant en demi-finales un peu plus tôt (13’’12), le champion d’Europe a eu le mérite de rester sur ses deux jambes en finale, quand Omar McLeod a chuté sur le dernier obstacle, emmenant avec lui Orlando Ortega dans sa misère.
« Il s’est passé beaucoup de choses pendant la course, c’était un carnage, avoue PML. Mais je suis resté hyper concentré sur mon couloir, pour revenir sans faire de course malgré un départ moyen. C’est là que l’expérience a joué, parce que c’est ma meilleure course de l’année. Ma finale, elle est à l’arrache, mais maîtrisée, c’est comme ça qu’on gagne les médailles. » Comme en 2018, Martinot-Lagarde achève une année compliquée sur un podium international. « Ma saison n’a aucun sens, aucune logique. J’étais au top jusqu’aux Mondiaux de relais à Yokohama en avril, puis catastrophique jusqu’en août. Finir comme ça me procure une joie immense en moi. Après mes quatrièmes places à Pékin en 2015 et à Rio en 2016, enfin ! »

La promesse

Robert-Michon s’est retrouvée

Un petit jet et puis s’en va. De retour en équipe de France, Mélina Robert-Michon n’a pas tardé à retrouver ses repères. Avec 64,05 m d’entrée de jeu lors des qualifications, elle s’est qualifiée brillamment pour la finale, en gagnant plus d’un mètre sur sa meilleure performance de l’année. Pourtant, elle craignait « d’avoir perdu ma capacité à aller loin au bon moment », expliquant même n’en avoir « presque pas dormi de la nuit, même si ce sont [s]es huitièmes championnats du monde. »
Comme après sa première grossesse, la discobole de Lyon Athlétisme a profité de sa deuxième pause athlétique pour apporter des évolutions majeures à sa technique. Une réussite, puisqu’elle a « enfin trouvé la longueur dans le final du geste » qui lui a fait défaut toute la saison. Tout est désormais en place pour la finale de vendredi, lors de laquelle elle tentera de titiller une nouvelle fois Perkovic et les Cubaines Caballero et Perez. Une vieille habitude.

La décla

« Je ne sentais pas trop les choses »

Habitué à multiplier les records et les merveilles, Kevin Mayer n’est pas en tête du classement au soir de la première journée du décathlon. Après avoir porté son record personnel à 10’’50 lors du 100 m, le recordman du monde a assuré 7,56 m en longueur et enchaîné 16,82 m au poids. La hauteur (1,99 m) a sollicité son genou douloureux depuis deux ans, et il a dû se contenter de 48’’99 sur 400 m, sans pouvoir se mêler à la bataille féroce que se sont livrée les autres cadors. « Le bilan est plutôt bon, parce que je ne sentais pas trop les choses aujourd’hui. Dans ces cas-là, il faut puiser dans l’expérience pour gérer quand même. » Ce sont donc les Canadiens Damian Warner (4513 points) et Pierce Lepage (4486 points) qui pointent aux avant-postes, avec une poignée d’unités de plus que le Français (4483 points).
Mais le Montpelliérain n’est guère inquiet, car il a « confiance dans [sa] deuxième journée, qui est meilleure que celle des autres. Mais il ne faut pas oublier qu’il y a une sacrée adversité. Je vais essayer d’en tirer parti pour me sublimer. »

Et aussi

Solène Ndama est « dans ses temps de passage habituels » au terme des quatre premières épreuves de son heptathlon. « Sans performance catastrophique ni record », elle compte 3728 points, ce qui la place au neuvième rang, et tentera de « grappiller le plus de places possibles » lors des dernières levées. Basile Rolnin aurait aimé avoir le même programme jeudi, mais le Lillois a dû renoncer à défendre ses chances après le 100 m du décathlon, en raison d’une blessure au quadriceps de la cuisse gauche.
Dimitri Bascou et Wilhem Belocian ont achevé leur campagne mondiale en demi-finales du 110 m haies. Le Martiniquais de l’US Créteil (13’’48) se montrait satisfait d’avoir retrouvé la saveur des plus grandes compétitions, après deux saisons quasi blanches, grâce à une préparation établie par ses soins. Le Guadeloupéen du Stade Lamentin (13’’60) regrettait, pour sa part, d’avoir manqué de rythme, en raison d’une blessure qui a largement perturbé sa préparation terminale, alors qu’il avait passé toute sa saison au contact des meilleurs.

A Doha, Etienne Nappey pour athle.fr
Photos : S. Kempinaire - P. Millereau / KMSP / FFA

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