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Mayer a tout tenté

Affaibli par une blessure au tendon d’Achille, Kevin Mayer a fait preuve d’un courage hors norme dans la défense de son titre mondial, mais le recordman du monde n’a malheureusement pu mener cette opération à terme, la douleur étant trop forte. Rouguy Diallo a remarquablement obtenu son billet pour la finale du triple saut, tandis qu’Alexis Miellet s’est sorti des séries du 1500 m.

Le coup dur

Mayer vaincu par la douleur

Les observateurs s’accordent pour dire que personne ne peut battre Kevin Mayer lorsqu’il est en forme. Hormis peut-être lui-même. Ou une blessure. C’est bien cette dernière qui a mis fin au rêve du Montpelliérain de conserver sa couronne mondiale à Doha. Déjà la veille, on avait vu Mayer se tenir le genou après la réception de son dernier essai en hauteur. Son « body language » n’augurait rien de bon non plus après son 110 m haies, pourtant couru dans le temps très correct de 13’’87, avec un strap sur la cheville gauche. Ses 48,34 m à son deuxième essai du disque l’ont momentanément relancé, mais l’amorce du concours de perche trahissait son état plus que précaire. Pas le moindre saut d’échauffement, ni même une course d’élan, et une première barre demandée à 4,60 m, loin de ses standards. Le recordman du monde a réuni tout son courage pour tenter le tout pour le tout et demandé l’appui du public, mais il a dû se rendre à l’évidence : malgré un élan très réduit, il n’était plus en mesure de courir. La faute à une blessure au tendon d’Achille gauche, doublée de douleurs à l’ischio-jambier.
« Quand on est décathlonien, il faut savoir accepter qu’on ne puisse pas toujours aller au bout, à cause des zéros ou des blessures, rappelait Kevin Mayer. En dix épreuves, il se passe toujours des choses, bonnes ou mauvaises. J’ai senti cette douleur il y a un mois, et elle s’est réveillée pendant le 100 m. Elle s’est ensuite amplifiée, jusqu’à devenir quasi insupportable avant le 400 m. Je suis énormément déçu, mais je n’ai aucun regret parce que j’ai vraiment tout essayé pour finir. Même à la perche, j’y croyais. Je me suis découvert un mental que je ne connaissais pas, et qui va me servir beaucoup pour la suite. J’ai vu la fierté dans le regard de mes coaches, même sans être allé au bout, parce qu’ils ont vu que j’ai tout donné. Je n’ai qu’une envie, c’est de me rééduquer pour retourner sur la piste, pour progresser encore et être au top à Tokyo pour les Jeux olympiques. »

La perf'

Diallo, mission accomplie

Rouguy Diallo est une perfectionniste. A la fin de son concours de qualification, la triple sauteuse regrettait de ne pas avoir réussi à franchir la ligne jaune, fixée à 14,30 m et garantissant un passage direct en finale, dès sa première tentative. Mais avec 14,25 m, la Niçoise a parfaitement rempli son contrat, en se classant septième du total des deux groupes. Elle n’avait pourtant plus sauté en compétition depuis les France à Saint-Etienne, fin juillet, qu’elle avait terminés avec une médaille d’or malgré une cheville qui la tracassait. C’est une tout autre Rouguy qui a rallié Doha la semaine dernière.
Son prochain objectif sera de se glisser parmi les huit meilleures vendredi soir. « Je me suis sentie bien techniquement, mais il y a beaucoup de détails à régler pour pouvoir sauter bien plus loin dans deux jours, analyse-t-elle. Ça va être un gros concours, il faudra que je reste bien concentrée sur ce que mon coach me dit pendant la finale, et pas sur mes émotions, parce que j’ai tendance à partir dans tous les sens. »

La décla

« On m’avait dit que le stade était vide, mais c’était comme la finale de la Coupe du Monde »

Alors que le taux de remplissage des tribunes et l’ambiance qui en émane étaient pour le moins poussifs depuis le début de ces championnats, Alexis Miellet a eu la chance de faire son entrée sur la piste du Khalifa Stadium devant un public en feu. Le jeudi soir est en effet l’équivalent du samedi soir occidental, le vendredi étant férié dans les pays du Golfe. Les organisateurs ayant distribué nombre d’invitations pour garnir les gradins, les responsables de l’animation en ont profité pour pousser la sono à fond juste avant le début des séries du 1500 m. cela a galvanisé le demi-fondeur du Dijon UC, qui a fait preuve d’une belle assurance tactique pour prendre la deuxième place de sa série, en 3’37’’69, deux centièmes derrière Jakob Ingebrigtsen. Le voilà en demi-finales, où il faudra être encore plus malin, et sans doute plus rapide, pour s’assurer une place au tour suivant.

Et aussi

Solène Ndama quatorzième

La deuxième journée de la combinarde de Bordeaux Athlé est à l’image de sa première levée, avec des performances dans ses standards. Avec 5,98 m à la longueur, 37,62 m (record personnel amélioré de 40 centimètres) au javelot, et 2'18''75 sur 800 m, Ndama a finalement compilé 6034 points, qui classent la benjamine de la délégation française à la quatorzième place finale. Elle poursuivra son apprentissage du très haut niveau dès samedi avec les séries du 100 m haies. L’heptathlon a été remporté par l’Anglaise Katarina Johnson-Thompson, licenciée au Montpellier AAM et entraînée sur les bords de la Méditerranée par Bertrand Valcin et Bruno Gajer, grâce à l’excellent total de 6981 points.

A Doha, Etienne Nappey pour athle.fr
Photos : S. Kempinaire - P. Millereau / KMSP / FFA

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