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Bedrani prend date

Auteur d’une magnifique course, pleine de panache et de courage, Djilali Bedrani a terminé cinquième de la finale du 3000 m steeple en 8’05’’23, record personnel explosé. Le 4x100 m masculin a également fait forte impression en 37’’88, décrochant son billet pour une finale qui s’annonce explosive. Mélina Robert-Michon a, elle, dû se contenter de la dixième place en finale du disque.

La perf'

Bedrani avec le gratin

C’est une cinquième place qui, si elle ne vaut pas de l’or, est admirable et pleine de promesses. Djilali Bedrani a réalisé la plus belle course de sa carrière à Doha, dans un Khalifa Stadium enfin rempli et bruyant. Dans une course partie sur un rythme effréné, la faute aux Ethiopiens, l’élève de Sébastien Gamel s’est intelligemment accroché au peloton de tête, sans en faire trop. Et s’il a finalement cédé quelques mètres dans le dernier tour, il n’a jamais craqué pour couper la ligne d’arrivée en 8’05’’23, dans une course remportée d’extrême justesse par le Kényan Conseslus Kipruto en 8’01’’35.
« Je manquais peut-être un peu de fraîcheur pour être encore plus devant, raconte le Toulousain. C’est parti vite, comme nous l’avions prévu, et j’ai fait ma course de A à Z. Cinquième, c’est vraiment bien, mais il me manque ce petit truc autour du cou. Sans le dire à personne, dans ma tête je visais une médaille. Cela dit, pour mes premiers championnats du monde, c’est très positif, ça ouvre des horizons pour les années à venir. » A 26 ans, Bedrani est arrivé à maturité, et fait désormais partie du « gratin mondial ». Le voilà quatrième aux bilans européens de tous les temps, derrière ses compatriotes Mahiedine Mekhissi (8'00''09) et Bouabdellah Tahri (8'01''18), et le Hollandais Simon Vroemen (8'04''95).

La promesse

Le 4x100 m tout près du record de France

En individuel, les séries du 100 m servent souvent de tour de chauffe pour les grosses cuisses. En relais, le tour d’observation n’existe pas, et les séries ont donné lieu à de très gros chronos. Les Bleus s’en sont remarquablement sortis, en signant une course très propre, achevée en 37’’88. Quatrièmes de leur série, Amaury Golitin, Jimmy Vicaut, Meba-Mickael Zeze et Mouhamadou Fall ont frôlé le record de France de la spécialité, toujours bloqué à 37’’79 depuis les championnats d’Europe 1990 de Split.
Cinquièmes au cumulé des deux séries, les Français se sont appliqués à répéter que rien n’était fait pour la finale. « C’est sympa, mais ça ne veut pas dire qu’on est arrivés, explique Vicaut. On a déjà fait 37’’88 et 38’’03 en séries par le passé, et on n'a rien gagné. Il faudra aller encore plus vite lors de la finale. Notre objectif est déjà de battre le record de France, pour montrer que nous avons la meilleure génération de l’histoire. » S’ils y parviennent, ils pourraient ne pas être loin du compte lors de la distribution des médailles.
Leurs homologues féminines ont, elles, été disqualifiées pour un passage hors zone lors de la deuxième charnière, alors qu’elles avaient coupé la ligne d’arrivée en septième position.

Le coup dur

Mélina Robert-Michon frustrée

Rayonnante après les qualifications, Mélina Robert-Michon avait perdu son sourire lors de la finale du disque. La Lyonnaise a terminé dixième, avec 59,99 m, sans avoir jamais pu se mêler à la bagarre. Les bonnes sensations liées à sa nouvelle technique de lancer l’ont subitement abandonnée, et le plaisir avec elles. « J’ai essayé, mais je n’arrivais pas à appliquer ce que je voulais faire techniquement. Mes bras étaient tout le temps en avance sur mes jambes, et en lancers, ça n’est pas bon. C’est hyper frustrant, parce que je n’ai pris aucun plaisir ce soir, alors que je m’étais éclatée en qualifs. » A froid, la vice-championne olympique se rappellera sans doute qu’elle a retrouvé à Doha ses standards d’avant-grossesse. Et que sur le chemin parcouru depuis un an, elle est largement dans les temps pour la grande échéance de l’année prochaine.

Et aussi

Miellet, tout près du but

Alexis Miellet a entrevu la qualification pour la finale du 1500 m, qui lui a finalement échappée dans l’emballage final. Bien placé à la cloche, il a lutté jusqu’au bout, pour finir huitième de sa demi-finale en 3’37’’39. « La clé, c'est aux 300 m. Je sens que je ne pourrai pas tenir le rythme si je réponds à l’attaque des meilleurs, donc je temporise un peu. Dans la dernière ligne droite, je ne vais pas moins vite que les meilleurs, mais pas plus vite non plus », détaillait-il après sa course.
Les marcheurs ont conclu la journée au bout de 20 km de combat dans une chaleur suffocante. Kevin Campion et Gabriel Bordier ont tous les deux souffert, mais ont courageusement rallié l’arrivée en seizième et vingt-quatrième positions, soit mieux que leur ranking avant le départ. Le premier nommé a réussi à reprendre plusieurs concurrents dans les derniers kilomètres, et se satisfaisait de marquer « une progression dans les classements depuis les Mondiaux de Moscou en 2013 ». Le plus jeune était, lui, simplement heureux d’avoir pu franchir la ligne, après « un grand saut dans l’inconnu » et dans la souffrance.

A Doha, Etienne Nappey pour athle.fr
Photos : S. Kempinaire - P. Millereau / KMSP / FFA

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