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NUMÉRO 586 - FÉVRIER-MARS 2020

Meeting de Liévin : Le mythe ressuscité

Le meeting international de Liévin revient le 19 février pour sa vingt-sixième édition*. Retour sur l’histoire de ce rendez-vous mythique qui, après plusieurs années de sommeil, a retrouvé sa place parmi les six meilleures compétitions du circuit mondial.

On le croyait disparu à tout jamais, oubliée l’époque où le gratin de l’athlétisme mondial s’y donnait rendez-vous tous les hivers. Mais depuis 2018, après six années de travaux de réfection, le meeting international de Liévin a bel et bien repris le cours d’une histoire entrée dans la légende de l’athlétisme mondial. « On a dû repartir à zéro, témoigne Philippe Lamblin, responsable de l’organisation. Quand on a arrêté, beaucoup pensaient que c’était mort. Il a fallu reconvaincre les partenaires quand on a repris un label national, après avoir été à dix reprises meilleur meeting du monde. On a fait preuve de modestie, mais les managers [d’athlètes] ont compris que rien n’avait changé. L’an dernier, on s’est réinscrit dans le top six mondial. Et cette année, l’objectif est de figurer parmi les trois premiers. »
Pour y parvenir et renouer avec ses plus grandes heures, la recette du meeting de Liévin reste inchangée. « Il faut faire vibrer les gens, comme quand on a fait venir Micheline Ostermeyer, la plus titrée des championnes de la région, qui était aussi une pianiste internationale. Un soir, après la fin du meeting, on a tout éteint, laissé deux spots, mis un piano à queue et elle est venue jouer, entourée de Colette Besson et Marie-José Perec. Ça a été le plus grand moment de l’histoire de ce meeting, se souvient le président de la Ligue des Hauts-de-France. Les spectateurs viennent parce qu’ils savent qu’il va y avoir du spectacle. Le concours [masculin] de perche qui les attend cette année, c’est la finale des championnats du monde de Doha ! Et ça marche : à un mois et demi de l’événement, on n’a quasiment plus de place à vendre. Cette réussite, on la doit certes à la qualité de la piste, mais aussi à l’état d’esprit de cette terre qui a vu naître les Guy Drut, Michel Jazy, Michel Bernard... »
Décédé le 14 février 2019, soit un an après la résurrection du meeting, Michel Bernard est justement celui qui a donné naissance au meeting de Liévin en 1988. Alors président de la Ligue du Nord-Pas-de-Calais, l’ancien triple finaliste olympique sur 1 500 m et 5 000 m a profité de la construction du stade couvert régional en 1986 pour y accueillir un match France-RDA-Benelux, puis les championnats d’Europe en salle en 1987. Avant de mettre sur pied un grand meeting d’athlétisme l’année suivante. « On nous a bâti la plus belle salle du monde sur notre territoire, alors on s’est dit qu’on allait prendre notre destin en main et y organiser le plus bel événement du monde », justifie Philippe Lamblin, qui a assisté Michel Bernard lors de la première édition avant de prendre les rênes de l’organisation en 1989. Dans cette commune voisine de Lens surtout connue pour ses mines de houille, l’implantation d’une telle infrastructure pouvait surprendre. « À la fin des houillères, le premier ministre de l’époque, Pierre Mauroy, a voulu récompenser le territoire avec ce stade magnifique », explique celui qui présida la FFA entre 1997 et 2001.

La petite clé secrète de Vanessa Boslak

De 1988 à 2012, les plus grandes vedettes de l’athlétisme mondial ont ainsi foulé le stade de Liévin. Avec, à la clé, sept records du monde, dont les deux actuelles références sur 200 m de Merlene Ottey (21’’87 en 1993) et de Frankie Fredericks (19’’92 en 1996). Originaire de Lesquin (Nord), à une demi-heure de route, l’ancienne perchiste Vanessa Boslak en garde des souvenirs marquants. « J’y suis allée pour la première fois à 11 ans, je venais de commencer l’athlé, se remémore la médaillée mondiale en salle en 2012. Cette année-là, Bubka avait battu le record du monde (6,14 m en 1993). À l’époque, le meeting de Liévin était une référence dans tout le Nord-Pas-de-Calais. Tout le monde y allait. Il n’y avait souvent plus de places assises, alors les gens restaient debout sur deux ou trois rangées derrière pour essayer de voir. » Mais l’ex-détentrice du record de France (4,70 m) avait sa technique pour approcher ses idoles... « Avec une copine, on avait récupéré une petite clé pour ouvrir une porte dans les toilettes qui donnait sur le stade d’échauffement, confie-t-elle. On s’y glissait discrètement pour aller demander des autographes à Jean Galfione, Patricia Girard, Irina Privalova... On a fait ça pendant plusieurs années (rires) ! »
Il faudra attendre 2002 pour que Vanessa Boslak passe légalement de l’autre côté de la porte. À 19 ans, pour sa première participation au meeting de Liévin, elle assiste au record du monde de la Russe Sveltana Feofanova (4,74 m). « Tous les gens du club, mes amis et ma famille étaient venus me voir. Nous, les Nordistes, on est très «famille», très soudés. C’était génial de pouvoir m’adonner à ma passion devant eux », se souvient celle qui était également dans le concours où Yelena Isinbayeva a porté le record du monde à 4,89 m en 2005. En 2012, c’est au meeting de Liévin que la désormais kinésithérapeute a réalisé les minima pour les Jeux olympiques de Londres (4,52 m). Six ans plus tard, quand l’épreuve renaît de ses cendres après des travaux s’étant éternisé en raison d’un défaut au niveau de la toiture de l’Arena, Vanessa Boslak a rangé ses gaules après une quatrième participation olympique en 2016. Gérard Frémaux a passé la main à Jean-Pierre Watelle en tant que directeur du plateau, et la salle affiche une nouvelle capacité de près de cinq mille places. Mais la flamme reste intacte pour les douze salariés de la ligue et les deux cents bénévoles qui assurent l’organisation. « C’est le seul événement associatif de cette envergure qui appartient aux deux cents clubs de la ligue, s’enorgueillit Philippe Lamblin. Toute comparaison gardée, c’est notre Roland Garros ! »

*https://meetinglievin.com/fr/

Camille Vandendriessche

Le meeting

Année de création > 1988
Fondateur > Michel Bernard
Organisateur > Ligue des Hauts-de-France
Budget > 600 000 euros
Record d’affluence > 5 100 spectateurs
Ils sont passés par Liévin > Sergueï Bubka, Yelena Isinbayeva, Merlene Ottey, Linford Christie, Frankie Fredericks, Hicham El Guerrouj, Maria Mutola, Gabriela Szabo, Ivan Pedroso, Javier Sotomayor, Allen Johnson, Heike Dreschler, Pierre-Ambroise Bosse, etc.


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