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NUMÉRO 588 - AOÛT-SEPTEMBRE 2020

Centenaire de la FFA 4/6 : Muriel Hurtis par Benyoucef Aissa Khelifa

A l’occasion des cent ans de la FFA, Athlétisme Magazine consacre un grand dossier aux cent athlètes ayant marqué l’histoire de l’athlétisme français. Gros plan sur six d’entre eux, à travers le regard de proches, adversaires ou amis les ayant côtoyés de près. Quatrième volet avec la quadruple médaillée mondiale Muriel Hurtis, vue par Benyoucef Aissa Khelifa, son premier entraîneur.

« J’étais entraîneur de sprint à partir des cadets à l’AC Bobigny quand Muriel est arrivée au club par le biais de ses copines. Le stade était juste à côté de chez elle. Ses parents l’avaient inscrite pour qu’elle fasse du sport. Je l’ai vue faire une accélération sur la piste. Elle a scotché tous les garçons et les filles. Je me suis dit : “Celle-là, elle a quelque chose !“ Je me suis occupée d’elle pendant un an.
Elle s’entraînait deux à trois fois par semaine, mais elle ne s’intéressait pas à l’athlétisme. Pour elle, c’était un sport synonyme de souffrance. Elle avait d’autres centres d’intérêt dans sa tête. Je ne la poussais pas, mais je voulais lui faire prendre conscience qu’elle avait les qualités pour être une grande championne. À ce moment-là, je m’entraînais à l’Insep avec Monsieur (Fernand) Urtebise. Je lui ai raconté que j’avais trouvé la fille qui allait remplacer Marie-José Pérec. Il a rigolé.
Elle gagnait toutes les compétitions. Quand elle était sur la piste, il fallait qu’elle termine première, y compris s’il y avait des garçons. Elle n’avait pas peur et savait se concentrer lorsque ça devenait sérieux. Son regard était déterminé. Lors des championnats de France indoor FSGT, elle a gagné le 60 m à Liévin face à des seniors, alors qu’elle était encore minime. Elle était toute gentille. D’ailleurs, son visage, son sourire, sa manière de faire n’ont jamais changé. Mais il ne fallait pas la chercher. Elle est toujours restée la même, humble et reconnaissante, ce qui est rare chez les grands champions. C’est quelque chose qui a marqué tous les gens qui l’ont connue.
J’imaginais Muriel comme une future coureuse de 400 m. Mais elle avait peur des longues distances, c’était son gros défaut. À la fin de la saison, elle m’a dit : “Je ne reviendrai pas à la rentrée !”. Finalement, ses copines de lycée ont réussi à la motiver et elle est partie au Racing pour s’entraîner avec Georges Salom. J’étais un peu déçu, mais j’avais surtout peur qu’elle arrête.
Je suis très content qu’elle ait réussi à percer puis à faire une très belle carrière. Sa première médaille, aux championnats du monde juniors d’Annecy, m’a particulièrement fait plaisir et m’a rendu fier. On a toujours gardé le contact, on se croise de temps en temps sur les stades. Et elle a fini par devenir une spécialiste du tour de piste. »

Propos recueillis par Florian Gaudin-Winer

Muriel Hurtis
Née le 25 mars 1979
36 sélections en équipe de France A
10’’96 sur 100 m, 22’’31 sur 200 m, 51’’41 sur 400 m
Championne du monde (2003) et double médaillée d’argent (1999 et 2001) avec le 4x100 m
Médaillée de bronze mondiale sur 200 m (2003)
Championne du monde en salle du 200 m (2003)
Triple championne d’Europe sur 200 m (2002), avec le 4x100 m (2002) et avec le 4x400 m (2014)
Double championne d’Europe en salle du 200 m (2000 et 2002)
Médaillée de bronze avec le 4x400 m (2011)


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