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Les Bleus dans le grand bain

Six athlètes prendront part, lors du rendez-vous continental, à leur premier championnat international sur piste chez les seniors. Les nouveaux visages se présentent. 

Célia Perron
L’ascenseur émotionnel

Célia Perron a vécu un ascenseur émotionnel la semaine dernière. Elle ne figurait pas parmi les douze invitées de European Athletics dévoilée le mardi. En première position sur la liste d’attente du pentathlon, la combinarde de l’ECLA Albi a finalement été repêchée suite à un forfait de dernière minute. Un aboutissement pour l’étudiante de l’école nationale supérieure en arts chimiques et technologiques de Toulouse, après une saison hivernale lors de laquelle elle a franchi un énorme cap. Dès son pentathlon de rentrée à Clermont-Ferrand, elle explose son record avec 4367 points. Un total amélioré à nouveau lors des championnats de France Elite avec 4434 unités, à l’issue d’une belle bataille avec Diane Marie-Hardy et d’un 800 m record (2’11’’65). « Le travail et toute la souffrance endurée à l’entraînement ont payé », savourait-elle à Miramas, rayonnante. De quoi se « rapprocher dangereusement de la barre des 6000 points » à l’heptathlon l’été prochain, comme elle l’espère. Mais avant, l’athlète de 23 ans entraînée par Rémi Magro aura l’occasion d’améliorer une troisième fois cette année son record au pentathlon.

Laëticia Bapté
La révélation des haies

Sensation des championnats de France Elite de Miramas, lors desquels elle a abaissé son record personnel de 8’’11 à 7’’93 pour monter sur la plus haute marche du podium, la Martiniquaise de l’US Robert va tenter de confirmer ses énormes progrès en Pologne. « Je vais essayer de m’accrocher et de recourir sous la barre des 8’’ », avance-t-elle prudemment. Entraînée par Ketty Cham au CREPS des Abymes en Guadeloupe, la hurdleuse au départ-première haie en sept appuis - une rareté chez les femmes - ne comptait jusque-là qu’une sélection en équipe de France, à l’occasion d’un match juniors indoor en 2018. « Je suis devenue plus sérieuse et assidue, j’essaye de rester focus et le travail paie », apprécie celle qui s’entraîne notamment aux côtés de Wilhem Belocian. Après avoir arrêté ses études en Staps, elle se consacre à sa carrière athlétique cette saison, avant d’entamer une formation de secrétaire médicale à la rentrée prochaine. Une stratégie qui porte pour l’instant ses fruits.

Alice Finot
La trentaine rayonnante

La demi-fondeuse du Bordeaux Athlé va faire ses grands débuts chez les Bleus à Torun, un mois après avoir fêté son trentième anniversaire (le 9 février). Ce sera sur 3000 m, puisqu’elle est devenue la cinquième meilleure performeuse française de tous les temps sur la distance lors du meeting de Liévin, en 8’53’’00, avant de devenir logiquement championne de France à Miramas. Une éclosion tardive au plus haut niveau qui trouve son explication dans le long break qu’elle a effectuée entre 18 et 24 ans pour se « consacrer à (s)es études ». « J’ai repris en 2015 et j’ai pu bénéficier d’une structure et d’un encadrement qui m’ont permis d’atteindre mon meilleur niveau, explique celle qui travaille comme ingénieure dans l’automobile en Galice, au nord-ouest de l’Espagne. J’ai organisé ma vie autour de l’athlé. » A Torun, elle visera une place en finale, en ayant déjà en tête les Jeux de Tokyo pour lesquels elle tentera de décrocher sa place sur 3000 m steeple. « Les Europe sont un passage obligatoire pour démystifier le fait de porter les couleurs de son pays », se projette-t-elle.

Cyréna Samba-Mayela
L’art du détail

Révélation de l’hiver 2020, Cyréna Samba-Mayela aurait dû effectuer l’an dernier ses grands débuts en équipe de France seniors. La pandémie de Covid-19 en a décidé autrement, mais l’espoir de 20 ans entraînée par Teddy Tamgho n’a rien perdu de ses ambitions. Quelques minutes après sa deuxième place derrière Laeticia Bapté à Miramas en 7’’94, soit un record amélioré de quatre centièmes, la hurdleuse du Lille Métropole Athlétisme, déçue, présentait avec franchise son objectif pour Torun : « remporter les championnats d’Europe ». Blessée à plusieurs reprises en 2018 et 2019, l’ex-gymnaste s’est professionnalisée et structurée, avec autour d’elle une équipe où l’on retrouve, en plus de son entraîneur, un manager, une préparatrice mentale et un médecin. « J’ai compris que dans le haut niveau, tout est une question de détails », confiait-elle l’an dernier.

Ethan Cormont
Revenu de loin

Une luxation de la jambe gauche en retombant dans le butoir en cadets, une facture de fatigue aux vertèbres en juniors au printemps 2019, qu’il a traînée pendant un an et demi… Recordman de France indoor U20 avec 5,62 m, Ethan Cormont n’a pas été épargnée par les blessures depuis le début de sa jeune carrière. A 20 ans, le voici enfin en pleine possession de ses moyens, après avoir profité du confinement de début 2020 pour continuer à se soigner. « J’ai toujours cru en moi, même si j’ai été au fond du trou pendant deux ans, confie le perchiste de l’ASA Maisons-Alfort. Les blessures m’ont appris à grandir par la force des choses. » Après avoir rejoint le groupe de Philippe d’Encausse à Clermont-Ferrand en septembre dernier, l’étudiant en BTS management commercial opérationnel a franchi les paliers et les barres les unes après les autres en meetings : 5,62 m, puis 5,72 m, 5,73  m, et enfin 5,80 m samedi dernier lors du All Star Perche. « Les Europe, c’est un plus, je ne m’y attendais pas trop en début de saison, explique le vice-champion de France Elite. Je vais pouvoir prendre de l’expérience et capitaliser dessus dans l’optique des J.O. » Pour lesquels il vient de réaliser le niveau de performance requis.

Azeddine Habz
Le déclic sur le tard

Né au Maroc et arrivé en France en 2012 pour rejoindre une partie de sa famille et poursuivre ses études, Azeddine Habz était un coureur de niveau régional à 20 ans. Que de chemin parcouru depuis, avec notamment un titre de champion de France du semi-marathon en 2018. « Ça a été le déclic, raconte le fondeur du Val d’Europe Athlétisme. J’ai fait les démarches pour être naturalisé et courir pour la France. » Entraîné à l’Insep par Philippe Dupont depuis 2019, l’athlète de 27 ans, fonctionnaire à la mairie de Pierrefitte-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), profite d’un groupe de haut niveau. « J’ai un bon foncier mais je dois m’améliorer en vitesse, décrit celui qui a porté pour la première fois le maillot de l’équipe de France à l’occasion des Europe de cross-country en 2019 (37e). Avec Pierre-Ambroise Bosse pour travailler, je ne peux pas rêver mieux. » Un axe primordial pour espérer décrocher une médaille, son objectif affiché à Torun.

Florian Gaudin-Winer pour athle.fr

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