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De l’ambition à tous les niveaux

Revue d’effectif des Tricolores et de leurs objectifs en Pologne, au regard des bilans continentaux.

Sprint

Pilier du 4x400 m tricolore depuis longtemps, Thomas Jordier (Amiens UC) tient une belle occasion d’ouvrir son palmarès international chez les seniors en individuel. « Mon statut a changé mais la forme et le fond sont les mêmes : il faudra prouver à toutes les courses », prévient-il. Le sprinter de 26 ans a gagné en maturité et a franchi un gros palier cet hiver, en abaissant son record à 46’’13 lors des France Elite de Miramas. Un chrono qui en fait le troisième meilleur performeur européen, derrière le Hollandais Liemarvin Bonevacia (45’’99) et l’expérimenté Tchèque Pavel Maslak.

Sur la même distance mais chez les femmes, Amandine Brossier disputera ses deuxièmes championnats d’Europe en salle. En 2019 à Glasgow, elle avait atteint les demi-finales. La sociétaire de la SCO Angers Athlé, fine tacticienne, espère passer un cap supplémentaire et intégrer le top 6, avec un chrono de référence en 52’’14.
Sur la ligne droite, Mouhamadou Fall (Entente Franconville Cesame Val d’Oise) vient de porter son record personnel à 6’’60 lors du meeting de Madrid. Sa préparation, entre El Paso au Texas sous la houlette de Mickael Hanany et le Val d’Oise, porte ses fruits. Il est le huitième performeur européen de la saison, à seulement deux centièmes du second temps des engagés, le Hollandais Joris Van Gool. Amaury Golitin (EC Orléans Cercle Jules Ferry), excellent partant mais en quête de régularité, l’accompagnera sur cette distance grâce à ses 6’’62.

Petit parfum d’incertitude sur le 60 m féminin. Les sprinteuses du CA Montreuil 93 Orlann Ombissa-Dzangue et Carolle Zahi avaient bien démarré leur saison, avec des chronos de référence en respectivement 7’’16 et 7’’19. Mais des pépins physiques sont venus depuis contrecarrer leurs plans. La première nommée a été contrainte de déclarer forfait pour les France Elite, alors que la seconde n’a plus recouru en compétition depuis Karlsruhe, fin janvier. Cinquième et neuvième aux bilans européens, les Bleues ont le potentiel pour jouer les premiers rôles, si elles sont à 100 %.

Haies

Et si c’était l’heure de Wilhem Belocian (Stade Lamentin) ? L’ex-prodige des haies tricolores est aujourd’hui une valeur sûre du circuit mondial et le leader continental. D’une grande régularité cet hiver, il s’est approché à trois centièmes du record de France de Dimitri Bascou et possède six centièmes de marge sur son dauphin aux bilans, l’expérimenté britannique Andy Pozzi. Aurel Manga (US Créteil), quatrième temps des engagés en 7’’58, peut viser la boite sans rougir.

Leurs homologues féminines rêvent de les imiter, mais le challenge s’annonce de taille. Révélation des France Elite, Laeticia Bapté (US Le Robert) possède le cinquième temps des engagées en 7’’93. Elle aura d’abord à cœur de confirmer sa performance de Miramas en descendant à nouveau sous les 8’’. Pas du genre à avoir froid aux yeux, Cyréna Samba-Mayela (Lille Métropole), qui la suit aux bilans en 7’’94, l’a annoncé à l’issue du rendez-vous national : elle va à Torun pour gagner. « Il n’y a pas de temps à perdre. Il faut prendre tout ce qu’il y a à prendre », affirme-t-elle d'un ton décidé.

Demi-fond

Les chronos explosent du 800 m au 3000 m, sur fond de révolution technologique des pointes. Dans ce contexte où les repères chronométriques ne sont plus les mêmes, les demi-fondeurs tricolores ont fait le plein avec neuf sélectionnés.

Sur la plus courte des distances, Pierre-Ambroise Bosse (Lille Métropole Athlétisme) et Benjamin Robert (SA Toulouse UC) présentent de solides arguments. Le champion du monde 2017 vient de devenir le deuxième meilleur performeur hexagonal de tous les temps, grâce à ses 1’45’’95 à Madrid. Il occupe la septième place des bilans continentaux juste devant Benjamin Robert, qui l’a devancé lors des France Elite en claquant un beau 1’46’’06. Bonne nouvelle pour les Bleus : l’absence du Britannique Elliot Giles, qui, en 1’43’’63’’ a stupéfait la planète athlé mi-février en venant se placer derrière Kipketer dans la hiérarchie mondiale tous temps. Nasredine Khatir (Montpellier Athletic Méditerranée Métropole) sera aussi de la partie, avec ses 1’47’’28.
Sur 1500 m, Simon Denissel (A Coureurs du Cateau), Baptiste Mischler (Unitas Brumath) et Azeddine Habz (Val d’Europe Athlétisme) abordent la compétition en position d’outsiders. Le premier nommé possède l’expérience des grands rendez-vous, comme en témoigne sa médaille de bronze continentale en salle en 2013 à Göteborg. Coureur très complet à la pointe de vitesse redoutable, Mischler a une carte à jouer dans les courses tactiques. Enfin, Habz, fort au train, tentera de créer une belle surprise.

Les Bleus présentent un trio de très haut niveau sur 3000 m. Jimmy Gressier (Boulogne-sur-Mer AC), Djilali Bedrani (SA Toulouse UC) et Hugo Hay (Sèvre Bocage AC) ont des profils différents mais sont tous des prétendants crédibles au podium, quelle que soit leur stratégie. Respectivement deuxième, neuvième et seizième performeurs européens de l’hiver en 7’39’’70, 7’46’’52 et 7’48’’66, ils devront, sauf retournement de situation, composer avec les frères norvégiens Jakob et Filip Ingebrigtsen, les grands favoris. Chez les femmes, Alice Finot (Bordeaux Athlé) fait ses grands débuts chez les Bleus à 30 ans. Avec un record en 8'53''00, la steepleuse, qui possède un joli finish, a le potentiel pour se hisser jusqu'en finale.

Sauts

Bataille au sommet attendue entre Renaud Lavillenie (Clermont Athlétisme Auvergne) et Armand Duplantis. Les deux hommes les plus haut perchés du monde sont en pleine bourre. Le Français de 34 ans vit une seconde jeunesse, avec une barre à 6,06 m franchie dimanche dernier lors du All Star Perche. Quant au recordman du monde suédois, il avait effacé 6,10 m quelques jours plus tôt. Ce duel pourrait être arbitré par le Hollandais Menno Vloon, qui vient de porter son record national à 5,96 m. Valentin Lavillenie (Clermont Athlétisme Auvergne) a peut-être trouvé le déclic, en décrochant à Miramas son premier titre de champion de France Elite. « C'est un championnat super excitant, savoure-t-il à l'avance. La médaille, je n’en rêve pas. Car si je rêve, c’est que je suis dans mon lit endormi. Je veux battre mon record pour aller chercher le podium. » Quant au talentueux Ethan Cormont (ASA Maisons-Alfort), il fera, à 20 ans, ses grands débuts en seniors sous le maillot bleu. Les deux Bleus ont effacé 5,80 m à Aubière et sont sur la pente ascendante.
Seul autre sauteur en lice aux côtés des perchistes, Melvin Raffin (Bordeaux Athlé) peut espérer ouvrir son palmarès international chez les grands. Le triple sauteur de 22 ans occupe le deuxième rang des bilans européens avec ses 17,09 m de Miramas. Seul le Portugais Pedro Pablo Pichardo, un client, le devance avec ses 17,36 m.

Epreuves combinées

La dernière fois que Kevin Mayer (Montpellier Athletic Méditerranée Métropole) a terminé une compétition avec le maillot de l’équipe de France, c’était lors de son titre mondial en salle à Birmingham en 2018. Trois ans plus tard, le recordman d’Europe de l’heptathlon aimerait vivre le même bonheur en Ecosse, sur la route des Jeux de Tokyo. Il devra notamment se méfier du tenant du titre, l’Espagnol Jorge Urena, et du champion d’Europe juniors du décathlon, le Suisse Simon Ehammer. « Ces championnats représentent une répétition avant les Jeux olympiques, estime Kevin. Le record du monde ? J’ai le potentiel pour le battre, à moi de l’optimiser et de réussir à enchaîner les sept épreuves, ce qui est le plus compliqué. » Au pentathlon, Célia Perron, invitée de dernière minute, fera ses grands débuts en équipe de France seniors. La Belge Nafissatou Thiam sera l’athlète à battre.

Florian Gaudin-Winer pour athle.fr

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