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Le droit d’y croire

Melvin Raffin, Amandine Brossier et Azeddine Habz se sont sortis du piège du premier tour avec la manière et ont montré qu’ils avaient passé un cap. Le triple sauteur prendra part à la finale dans deux jours, alors que la spécialiste du 400 m et le demi-fondeur engagé sur 1500 m seront au départ des demi-finales respectivement mercredi et jeudi. En position d’outsiders mais avec des ambitions certaines.

Les qualifiés

Raffin a encore de la marge

En arrivant au stade olympique de Tokyo ce matin, Melvin Raffin avait « quand même la boule au ventre ». Le triple sauteur du Bordeaux Athlé avait encore en tête la mésaventure de Torun (Pologne) en mars dernier, où il avait été éliminé dès les qualifications alors qu’il faisait partie des prétendants au podium. Une expérience dont il a su tirer les bons enseignements, en s’engageant pleinement avec un premier essai à 16,49 m (-0,2m/s) puis un deuxième à 16,83 m (-0,8 m/s), avant de conclure par une tentative à 16,58 m (+0,2m/s). « J’ai prouvé aujourd’hui que je pouvais me placer dans les ‘’12’’ dès les deux premiers essais », apprécie l’athlète de 23 ans, qui n’a pas trop tremblé même si la fin de concours a été tendue, avec une onzième place juste devant le dernier qualifié, son camarade d’entraînement Hugues Fabrice Zango (16,83 m), qui a dû donner quelques sueurs froides aux Burkinabés. Bonne nouvelle pour le Tricolore : il a beaucoup de marge. « Ça n’était pas bien du tout techniquement, ce qui me rassure, reconnaît-il d’ailleurs. Ça prouve que la forme est là. On va devoir recalibrer la machine avec Teddy (Tamgho, son entraîneur). Il y a quelque chose à aller chercher en finale. » Un concours lors duquel il n’aura rien à perdre.

Brossier dans l’allure

Avec la Jamaïcaine Candice McLeod juste derrière elle dans les starting-blocks de sa série du 400 m, Amandine Brossier, qui s’élançait du couloir 6, savait qu’elle allait bénéficier d’une locomotive de luxe dès la ligne droite opposée. Elle s’en est bien servie. « Je me suis vite glissée à côté d’elle et j’ai pris le train, retrace-t-elle. J’ai vu que ça ne revenait pas trop derrière donc j’ai plutôt géré ensuite. Aux championnats d’Europe en salle, j’avais pris un mauvais départ qui m’avait coûté la qualif. » Là encore leçon retenue, avec une qualification autoritaire à la place - les trois premières passaient directement -, la preuve que l’expérience tirée des grands championnats est précieuse. Prometteuse deuxième en 51’’65, contre 51’’09 pour McLeod, la sprinteuse de la SCO Angers Athlé se qualifie aisément pour les demi-finales. « L’objectif est vraiment d’aller décrocher cette place en finale, annonce-t-elle avec fougue. Je pense que je peux batailler pour y être. Il faudra lâcher les chevaux et battre mon record, c’est évident. »

Habz « comme à l’entraînement »

Le miler dégage une nouvelle assurance. Celle d’un huitième au bilan mondial, depuis son record personnel explosé à Monaco en juillet (3’31’’74), qui est à Tokyo en mission. En piste dans la deuxième série, la plus tactique du jour, le sociétaire du Val d’Europe Athlétisme est resté dans la première partie du peloton et à la corde toute la course. Pour aller chercher une quatrième place en 3’41’’24 qui l’envoyait directement en demies, comme l’ensemble du top 6 mené par le Kényan Abel Kipsang (3’40’’68). « Ça se termine à dix secondes de mon record, c’était comme à l’entraînement, apprécie le demi-fondeur entraîné par Philippe Dupont à l’Insep. Je vais aborder les demi-finales avec beaucoup de confiance. On va aller chercher la finale ! »

Les éliminés

Compaoré fier et frustré

Le triple sauteur du CA Montreuil 93 aurait aimé s’offrir un beau cadeau d’anniversaire pour le 5 août, jour de ses 34 ans, avec une finale olympique. C’est raté mais ça n’est pas passé très loin, avec un premier essai à 16,59 m (-0,2m/s) lors duquel il regrettait de ne pas avoir mis plus d’engagement. « Ma grosse erreur, c’est que j’ai les jambes mais je manque d’ambition, je laisse faire. C’est frustrant. Mais j’ai vécu une année qui n’a pas été facile à gérer, je suis assez fier de mon parcours et de ma carrière. » Dans la même épreuve, coup dur pour Jean-Marc Pontvianne, perdu dans ses marques et qui n’a pas réussi à valider le moindre saut.

Mischler et Miellet un peu justes

Le parcours de Baptiste Mischler et Alexis Miellet s’est arrêté dès les séries. Il s’en est fallu de pas grand-chose pour le premier nommé, premier éliminé au temps avec une onzième place dans sa course en 3’37’’53. « J’ai manqué de fraicheur et de patience, analyse le sociétaire d’Unitas Brumath. C’est une déception mais il faut se remobiliser. Il y a des échéances dès l’année prochaine et bien sûr en 2024. » Des rendez-vous lors desquels Alexis Miellet sera aussi attendu. Quatorzième de sa série en 3’41’’23, le sociétaire du Dijon UC a coincé dans le dernier tour. « Il faudra réussir à revenir plus fort pour les prochaines années, se projette-t-il. Cette course et celle de Doha (ndlr : aux Mondiaux 2019) vont me servir sur le long terme. Je dois les garder en mémoire pour ne pas reproduire les mêmes erreurs. »

A Tokyo, Florian Gaudin-Winer pour athle.fr
Photos : © Julien Crosnier / KMSP / FFA

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