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Des places d’honneur au courage

Cinquième de la finale du 110 m haies en 13’’16, à six centièmes du podium, Pascal Martinot-Lagarde a tout donné, améliorant sa meilleure performance de la saison malgré une préparation express. Aurel Manga, pénalisé par un gros déséquilibre sur les premiers appuis, s’est pour sa part classé huitième en 13’’38. A retenir également : la qualification du 4x100 m féminin. Au décathlon, Kevin Mayer poursuit sa remontée et est toujours en course pour le podium.

Le temps fort

A six centièmes du bonheur

Pascal Martinot-Lagarde est longtemps resté sur la piste, l’esprit songeur et les sentiments mêlés. Médaillé dans tous les grands championnats, en salle et en plein air, au niveau continental et mondial, le hurdler de l’ES Montgeron rêvait d’un premier podium olympique après sa quatrième place à Rio en 2016. Finalement cinquième en 13’’16 (-0,5m/s), son meilleur temps de la saison, il termine à six centièmes du médaillé de bronze, le Jamaïcain Ronald Levy, dans une course remportée à la surprise générale par un autre ‘’jaune et vert’’, Hansle Parchment (13’’04), devant le grand favori Grant Holloway (13’’09), parti à la faute en fin de course. Son chrono aurait suffi à monter sur le podium lors de chaque finale olympique, excepté en 2012.
« Je suis très déçu mais je n’ai aucun regret, confie l’athlète entraîné par Benjamin Crouzet à Reims. Cette finale, et même ces Jeux en général, je les ai courus avec le courage et la détermination, et pas du tout avec mon corps. » Avant de rejoindre le Japon, PML n’avait pas couru plus vite que 13’’45, après une préparation perturbée par des blessures à l’ischio. « Je suis arrivé sur ce championnat sans grands espoirs, rappelle-t-il. Je me suis vraiment entraîné uniquement au cours des deux dernières semaines. Avant, c’était du bricolage. Après les séries, je me suis dit : ‘’c’est sympa’’. Et après les demies : ‘’Ah, y a un truc !’’ Le propre d’un champion est d’être prêt le jour J et de tout donner pour la finale, ce que j’ai fait aujourd’hui. »

Le médaillé de bronze aux Mondiaux de Doha, auteur d’un 110 m haies très propre et dans le paquet du premier au dernier mètre, n’a rien à se reprocher. Reste désormais à espérer, pour les prochaines échéances, une préparation plus linéaire qui le « mènera à faire des championnats beaucoup plus sereins. Là, j’étais à la découverte, chaque tour était une accélération », constate-t-il. Et même si ça n’est pas le cas, le Francilien promet de ne pas lâcher. « A 29 ans, j’ai accumulé des centaines de milliers d’appuis et j’ai passé des dizaines de milliers de haies, soulevé des centaines de barres. Je vais devoir bricoler avec ma vieille carcasse. Mais ça me va, parce qu’elle m’a mené à la cinquième place. Ce maillot, un jour, il ramènera une médaille. »
Placé au couloir 9, juste à côté de son compatriote, Aurel Manga a trébuché sur les premiers appuis. « J’ai fait un départ à moitié au sol », image-t-il. Une faute qui lui a coûté de précieux centièmes. Le hurdler de l’US Créteil a eu le mérite de ne pas sortir de sa course et a poursuivi son effort, pour une huitième place en 13’’38 qui ne lui faisait pas perdre le sourire : « Pas plus tard qu’au mois d’avril, je pense que très peu de personnes auraient parié sur le fait que je me retrouverais en finale olympique. Donc aujourd’hui, je suis fier. Pour moi, c’est un cap de passé. »

La promesse

Des relayeuses soudées et qualifiées

En bouclant sa série à la quatrième place en 42’’68, le 4x100 m féminin tricolore (Ombissa-Dzangue, Zahi, Joseph et Leduc) a réalisé son meilleur chrono depuis sa deuxième place aux championnats d’Europe de Zurich en 2014. La preuve du renouveau hexagonal sur la distance. « Mais honnêtement, le but était de passer en finale, même avec 46’’ », rigole Orlann Ombissa-Dzangue (CA Montreuil 93). Devancées par la surprenante Grande-Bretagne (41’’55), les Etats-Unis (41’’90) et la Jamaïque (42’’15), dans une course relevée, les Bleues ont dû patienter quelques minutes avant d’exploser de joie après l’arrivée de la deuxième série, leur qualification à la place confirmée.
Une belle réussite pour ce collectif « sain et homogène », dixit Ombissa-Dzangue. « On est arrivées ici toutes contentes, très sereines aussi, apprécie Carolle Zahi (CA Montreuil 93). On avait toutes confiance les unes envers les autres et, sur la piste, ça a fait toute la différence. » Notamment pour Gémima Joseph, alignée dans le deuxième virage pour sa première participation au relais avec l’équipe de France A, avant Cynthia Leduc (SCO Sainte-Marguerite Marseille) en conclusion. « Forcément, il y avait un tout petit peu de pression, confie la Guyanaise du Rou Kou. J’avais envie de bien faire. Les filles m’ont tout de suite bien intégrée et m’ont transmis leur expérience. Ça n’est que du bonheur. »
Placées au couloir 3 en finale, les Françaises n’auront rien à perdre. « On veut y croire, tout est possible », se projette Carolle Zahi. « On va prendre des risques », conclut Cynthia Leduc.

Moins de réussite pour leurs homologues masculins (Fall, Vicaut, Meba-Mickael Zeze et Ryan Zeze), éliminés malgré un chrono plus qu’honorable en 38’’18, le dixième de tous les temps pour un relais tricolore. Quatrième de la première série à deux centièmes des Japonais, les Français ont vu l’Allemagne (38’’06) et le Ghana (38’’08) leur passer devant pour les deux billets qualificatifs au temps dans la deuxième course. Ces séries très denses, avec onze équipes sous les 38’’20, ont fait des dégâts, avec également l’élimination surprise des Etats-Unis (38’’10). « On est à notre niveau, c’était le maximum qu’on pouvait faire », estime Jimmy Vicaut (SCO Sainte-Marguerite Marseille). Un point de vue partagé par Mouhamadou Fall (Entente Franconville Cesame Val d’Oise) : « On espérait mieux mais on n’a pas démérité. On s’est bien battus. »

Le coup dur

Raffin non classé

Qualifié pour sa première finale olympique, Melvin Raffin est malheureusement passé à côté de son concours en mordant ses trois premiers essais. « Mes marques allaient très bien, mais j’avais peur de m’engager et de me mettre à 100 %, explique le triple sauteur du Bordeaux Athlé. J’ai encore des choses à apprendre. C’est pour ça que ma course d’élan n’allait pas. Je vais travailler pour être le plus fort possible lors des Jeux olympiques à Paris », promet-il. A noter que la victoire est revenue au Portugais Pedro Pablo Pichardo avec 17,98 m.

Et aussi

Mayer en embuscade

Après les trois premières épreuves de la deuxième journée du décathlon, Kevin Mayer occupe le quatrième rang provisoire avec 7129 points. S’il peut toujours croire au podium, ses rêves de titre se sont en revanche envolés. Le Canadien Damian Warner, très solide (13’’46 sur 110 m haies, 48,67 m au disque et 4,90 m à la perche), continue à survoler la compétition avec 7490 points. Mais derrière, il y a un match à trois entre le combinard du Montpellier A2M, l’Australien Ashley Moloney (7269 pts) et le Canadien Pierce Lepage (7175 pts).
Le recordman du monde, diminué par des douleurs au dos malgré la prise d’anti-inflammatoires qui le soulagent en partie, continue à serrer les dents. Avec un 110 m haies en 13’’90 (+0,1m/s), un disque à 48,08 m et une perche à 5,20 m, il a réalisé des performances éloignées de ses standards habituels. « Je n’ai aucun repère. Je suis très loin de ce que je peux faire, c’est rageant, regrette -t-il. Mais même à ce bas niveau qui est le mien actuellement, je peux peut-être réussir à aller chercher une médaille. C’est pour ça que je me bats. » Il aura des points précieux à reprendre au javelot à Moloney et Lepage, qui possèdent des records inférieurs à 60 m. Avant sans doute un 1500 m à suspense pour décider des athlètes qui accompagneront Warner sur la boîte.

A Tokyo, Florian Gaudin-Winer pour athle.fr
Photos : © J. Crosnier - JM Hervio / KMSP / FFA

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