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Un relais qui grandit

Septièmes de la finale du 4x100 m en 42’’89, les relayeuses tricolores ont passé un cap lors de ces Jeux, tout en ayant conscience du chemin qu’il reste à parcourir. Jimmy Gressier a pris une prometteuse treizième place en 13’11’’33 sur 5000 m, en s’approchant de son record personnel malgré des conditions météo peu propices aux longs efforts.

Les finalistes

« Une expérience exceptionnelle » pour les Bleues

C’est depuis les coursives du stade, devant une télévision, que les relayeuses du 4x100 m tricolore ont assisté à la victoire surprise des Italiens chez les hommes sur la même distance, quelques minutes après leur finale. « Ça donne envie », sourit Orlann Ombissa-Dzangue. C’est la preuve qu’à force de travail, de transmissions répétées à l’entraînement, et aussi de talent - ça aide d’avoir dans son équipe un champion olympique du 100 m comme Lamont Marcell Jacobs -, on peut, un jour, monter sur la plus haute marche du podium.
La route est encore longue pour les sprinteuses bleues (Zahi, Ombissa-Dzangue, Joseph et Leduc), mais en hissant la France en finale olympique du 4x100 m, ce qui n’était était plus arrivé chez les femmes depuis 2004, elles ont franchi un palier important. Chronométrées jeudi en séries en 42’’68, elles avaient promis de prendre plus de risques en finale. Les passages ont finalement été un peu moins fluides pour une septième place à l’arrivée en 42’’89, à distance d’un trio de tête composé de la Jamaïque (41’’02, record national), des Etats-Unis (41’’45) et de la Grande-Bretagne (41’’88).
« Ça reste une finale olympique, mais on ne peut pas se contenter de la septième place, estime Ombissa-Dzangue. On a un groupe homogène qui continue à se construire, avec des jeunes qui sont en train de monter et des anciennes. On est toutes en train de progresser. » A 30 ans, cette dernière était la plus expérimentée du quatuor tricolore, devant sa camarade de club au CA Montreuil 93 Carolle Zahi. La Guyanaise du Rou Kou Gémima Joseph, demi-finaliste sur 200 m, et la sociétaire de la SCO Sainte-Marguerite Cynthia Leduc sont, elles, en train de s’affirmer. « On a appris sur ces championnats qu’il y avait de grosses équipes, mais qu’on avait aussi notre place, retient Zahi. Ça reste une expérience exceptionnelle. » Qu’elles rêvent de revivre dans trois ans à Paris, mais avec un tout autre statut.

La promesse

Gressier tout proche de son record

Battre son record sur 5000 m par près de 30°C et 80 % d’humidité aurait été un exploit. Jimmy Gressier n’en est pas passé loin ce vendredi soir. Treizième de la finale en 13’11’’33, le fondeur du Boulogne-sur-Mer AC s’est approché à moins de trois secondes de sa marque de référence (13’08’’99). Parti en queue d’un peloton vite étiré sous l’impulsion de l’Ougandais Jacob Kiplimo, l’élève d’Adrien Taouji et Arnaud Dinielle a « essayé de (s)’accrocher le plus longtemps possible et de ramasser les morts. Jusqu’au 3000 m, j’étais facile, déroule-t-il. Je restais dans le confort car je me disais qu’à un moment de la course, ça allait peut-être ralentir, mais ça n’a pas été le cas. A la fin, il m’en manque un peu pour être à ma place en allant chercher les deux gars juste devant moi (le Guatémaltèque Luis Grijalva, qui bat son record national en 13’10’’09, et le Britannique Andrew Butchart en 13’09’’97). Ça aurait été le bonus. En tête, c’était plus fort, je n’ai pas encore les armes pour lutter contre eux », constate avec lucidité Jimmy Gressier.
Aux avant-postes, c’est l’Ougandais Joshua Cheptegei, recordman du monde de la spécialité, qui est allé chercher le titre olympique en 12’58’’15, dans une course où quatre athlètes sont descendus sous les 13’. Un niveau auquel le Nordiste aspire pour dans quelques années. « Je n’ai pas pris une claque mais une belle leçon de vie, souligne-t-il. Il va falloir progresser. Quand on veut quelque chose, il faut s’en donner les moyens. Et pour moi, ça veut dire travailler dur. Un jour ou l’autre, j’aurai ma chance. J’ai engrangé beaucoup d’expérience pour mon premier grand rendez-vous international à 24 ans. » Lors des championnats d’Europe de Munich l’an prochain, dans un contexte moins relevé, il fera partie des prétendants au podium, tout comme son compatriote Hugo Hay. Une belle manière de continuer à apprendre, aussi.

Et aussi

Le 4x400 m déçu mais revanchard

Avoir réalisé le meilleur chrono d’un 4x400 m français depuis les Mondiaux de Pékin en 2015 n’a pas suffi à les consoler. « C’était une finale olympique qu’on voulait atteindre, et pas seulement faire un bon temps », résume Muhammad Abdallah Kounta. Sixièmes de leur série en 3’00’’81, Thomas Jordier (45’’0), Muhammad Abdallah Kounta (45’’2), Ludovic Ouceni (45’’56) et Gilles Biron (45’’00) visaient la finale et s’en voulaient d’avoir raté la qualification, lors de séries particulièrement relevées (les Hollandais derniers pris au temps en 2’59’’06). Très bien lancés, ils ont ensuite progressivement reculé et perdu du temps dans le trafic.
« C’est un échec, on le conçoit, reconnaît le premier nommé, qui avait glissé de son poste habituel de finisseur à celui de partant, après la blessure à l’ischio lors de l’échauffement de Mame-Ibra Anne, remplacé à la dernière minute par Gilles Biron. Ça reste quand même un relais jeune et tout nouveau. On garde la tête haute. » Pour pouvoir prétendre au top 8 lors des prochaines échéances, les Tricolores devront d’abord être « très performants individuellement », comme le reconnaît Thomas Jordier. Notamment en étant plusieurs à se rapprocher des 45’’, une barrière qui se refuse aux Français depuis la fin de carrière de Leslie Djhone et Marc Raquil. « On va se relever de tout ça très vite et très fort, comme on a eu l’habitude de le faire, et rebondir pour Eugene et Munich, qui seront des étapes vers Paris 2024 où l’on n’aura pas le droit à l’erreur », conclut le sprinter de l’Amiens UC.

A Tokyo, Florian Gaudin-Winer pour athle.fr
Photos : © V. Curutchet - S. Kempinaire / KMSP / FFA

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