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La grande Cyréna

Cyréna Samba-Mayela est devenue championne du monde du 60 m haies ce samedi soir à Belgrade, en portant au passage le record de France à 7’’78, au terme d’une course étourdissante de classe et de maitrise.

La clameur de la Stark Arena a couvert le bruit, mais tout le monde dans l’enceinte belgradoise a entendu Cyréna Samba-Mayela crier sa joie. D’ordinaire discrète, la Française avait toutes les raisons de manifester son bonheur : en 7’’78, elle venait, à 21 ans, de se parer d’or aux championnats du monde.  « Je suis dans un rêve ! », soufflait-elle quelques minutes plus tard au micro des journalistes présents en Serbie. « Je ne sais pas du tout ce qu’il s’est passé pendant la course, mais, en traversant la ligne, je savais que j’étais devant. Je n’ai pas pu m’empêcher de pleurer, directement. C’était un moment incroyable ! »
De sa course, il faut retenir un départ canon, avec un excellent temps de réaction, qui lui a permis d’être tout de suite au contact de Devynne Charlton, meilleur chrono des demi-finales. Puis une lutte intense, acharnée, face à la Bahaméenne et l’Américaine Gabriele Cunningham. A l’avant-dernier obstacle, la Française avait déjà un léger avantage sur ses deux rivales, qu’elle a ensuite creusé jusqu’ à la ligne d’arrivée. Un nouveau record de France et un titre mondial en salle, le quinzième de l’histoire pour la France, l’y attendaient.

Le DJ du stade, visionnaire, avait passé, juste avant la course, « Samba » pour célébrer la victoire du Brésilien Darlan Romani au poids, alors que la Lilloise et ses adversaires piétinaient derrière leurs blocs. Une fois le verdict connu, il a proposé « Alors on danse » pour honorer la Tricolore. Stromae étant Belge, la nouvelle championne du monde a préféré courir à perdre haleine, drapeau au bout des bras, lancée à toute allure dans un tour d’honneur bien mérité, plutôt que de danser.
« C’était un grand mélange d’émotions. La joie du résultat, de voir que le travail paie, et tous ces moments où j’étais en bas, où j’ai pleuré à l’entraînement, qui remontaient en même temps. Je n’ai jamais été aussi heureuse », savourait la quatrième Française à décrocher un titre mondial en salle, après Marie-Pierre Duros, Muriel Hurtis et Eloyse Lesueur-Aymonin. Avec elle, c’est tout le clan français qui baignait dans le bonheur.

Chevrier sans regrets

Pour son premier grand championnat, Margot Chevrier a, elle aussi, été servie en émotions. Un échauffement rendu difficile par une piste très rapide qui a largement perturbé ses marques, l’adrénaline du cérémonial et de l’enjeu décuplé, et le redoutable honneur d’être la première du concours à sauter. Au final, elle a réussi à « ne pas se démonter complètement » en franchissant 4,30 m et 4,45 m, à chaque fois au deuxième essai, frôlant de peu la réussite à 4,60 m. « A cette hauteur, j’ai manqué un peu de chance sur mon deuxième saut. Je crois que j’ai épuisé toute ma chance aux championnats de France Elite », glissait la perchiste niçoise, « déçue mais sans regrets ».
Finalement dixième d’un concours remporté in extremis par la tenante du titre Sandi Morris, lauréate grâce à une barre à 4,80 m réussi à son ultime tentative, Chevrier pouvait tout de même apprécier d’avoir  « pris beaucoup d’expérience. Il fallait une première, et c’est bien que ce soit fait. Mon premier objectif était de me classer, et c’est ce que j’ai fait. J’ai réalisé de bons sauts, je me suis beaucoup amusée, et les coaches sont contents. Maintenant, j’ai très hâte de revenir pour revivre ce genre de moments ! » Si elle se maintient sur sa lancée de l’hiver, l’occasion devrait se présenter rapidement.

Etienne Nappey pour athle.fr
Photos : © Stéphane Kempinaire / KMSP / FFA

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