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NUMÉRO 595 - PRINTEMPS 2022

Vanessa Lokuli : La cadette qui voit double

Championne de France cadettes du 60 m et de la longueur, Vanessa Lokuli a été la révélation de la saison hivernale. L’occasion d’en savoir plus sur cette pétillante adolescente de 16 ans, qui a découvert l’athlétisme il y a six ans à Amiens, grâce à ce portrait publié dans le dernier numéro d’Athlétisme Magazine.

« Franchement, je ne pensais pas du tout pouvoir courir sous les 7’’50, c’est génial ! » Un cri, un sourire, Vanessa Lokuli laisse exploser sa joie. Nous sommes le 20 février et la sociétaire de l’Amiens UC, cadette première année, vient de marquer les esprits sur la piste du Stadium Pierre-Quinon de Nantes. La protégée d’Erwan Mouaddib s’est offert un joli doublé en remportant la victoire sur 60 m, quelques minutes avant récidiver à la longueur. Bonus : ses 7’’42 sur 60 m en font la troisième meilleure performeuse française de tous les temps chez les U18. À quatre jours de souffler ses 16 bougies, il y a pire comme joli cadeau d’anniversaire. « J’étais venue pour le doublé, mais là, décrocher deux titres plus la perf‘, c’était vraiment magique ! »

Compétitrice dans l’âme depuis toujours, Vanessa Lokuli aimait battre les garçons à la course dans la cour de l’école. C’est d’ailleurs de cette façon qu’elle a été repérée par Karim, un animateur passionné d’athlétisme, qui lui a conseillé de s’inscrire dans un club. « J’ai tout de suite accroché, assure-t-elle. J’adorais courir, aller vite et me confronter aux autres. » Si elle préfère alors la course, elle découvre avec joie les autres disciplines, jusqu’à se prendre de passion pour le saut en longueur. Erwan Mouaddib qui ne l’entraînait alors que partiellement, se souvient d’une gamine douée et enthousiaste. « Quand elle est arrivée, j’ai tout de suite vu qu’elle avait beaucoup de talent. Elle ne savait peut-être pas sauter, mais elle courait déjà très vite. Et surtout, elle prenait vraiment du plaisir à le faire, on voyait qu’elle aimait ça, qu’elle avait envie de tout essayer. »

Six ans plus tard, la charge d’entraînement a augmenté, les objectifs ont commencé à se dessiner, mais le plaisir est resté intact. « Sur le stade, j’oublie tout, le quotidien, les tracas extérieurs, et je m’amuse terriblement », affirme Vanessa, qui a rejoint le groupe d’Erwan Mouaddib, il y a deux ans, et a commencé à se concentrer sur le sprint et la longueur en septembre dernier. « C’est elle qui est venue me voir pour me demander si je pouvais l’entraîner intégralement », détaille celui qui a formé Erwan Konate, champion du monde juniors de la longueur l’an dernier. Un exemple pour la jeune femme. « J’ai pu faire quelques entraînements à ses côtés et il fait partie des athlètes qui me poussent vers le haut », reconnait-elle avant d’évoquer également Maëlly Dalmat et Tiphaine Mauchant, sur le podium des derniers championnats de France Elite, avec qui elle partage certaines séances d’entraînement le week-end. « Je les considère un peu comme mes grandes sœurs, elles sont toujours là pour m’épauler ou me rassurer. Elles me conseillent et me soutiennent à fond, ça fait super plaisir. »

Toujours contre les garçons

À Amiens, Vanessa Lokuli est la plus jeune de son groupe d’entraînement, composé uniquement de garçons âgés de 18 à 22 ans. Tout sauf un problème. Comme à l’école primaire, l’adolescente a pris goût à les titiller et à les battre. « Ils me tirent vers le haut car leur objectif est d’aller plus loin que moi et le mien de rester devant eux », lâche-t-elle en souriant. Mais n’allez pas croire que l’adolescente a déjà pris la grosse tête. « Je suis encore jeune et je sais que je dois continuer à travailler. » Bien sûr, la double championne de France ne cache pas songer déjà un peu aux Jeux olympiques de 2028. « C’est le rêve de tout athlète. » Elle sait qu’elle en a les qualités et le potentiel. « J’en ai pris conscience lorsque j’ai couru en 6’’69 sur 50 m en 2019 chez les benjamines. »

Mais elle a aussi en tête le chemin qu’il reste à parcourir avant d’accéder à ses rêves. Une progression qui passera notamment par des évolutions techniques, comme le résume son coach : « Pour le moment, c’est encore une sprinteuse qui fait du saut en longueur. » Certes, la demoiselle a « appris à ne plus avoir peur de la planche », mais elle doit travailler son ramené « encore trop bancal ». Elle doit aussi apprendre à maitriser sa vitesse naturelle, sa principale qualité, pour mieux contrôler sa gestuelle technique. « À l’entrainement, c’est une athlète volontaire et dynamique qui applique ce qu’on lui dit », observe Tiphaine Mauchant. Une jeune fille « agréable à entraîner » et qui « a toujours le sourire », ajoute son coach. « J’aime les choses bien faites et quand je n’y arrive pas, j’ai tendance à m’énerver et à pousser des petits cris », tempère l’intéressée. Cet été, elle visera des sélections pour le Festival olympique de la jeunesse européenne et les championnats d’Europe cadets, avec l’espoir d’y décrocher une première breloque internationale. À la longueur ou en sprint ? Pour le moment, elle n’a pas envie de choisir. « Tant que je peux faire les deux, je continuerai comme ça. »

Véronique Bury pour athle.fr
Photographe : Gwendal Hamon / Capture My Sport


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