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Happio express

Wilfried Happio a illuminé la journée des Français ce dimanche dans l’Oregon, en claquant un superbe chrono de 48’’14 pour rallier la finale du 400 m haies. Ninon Chapelle à la perche et Jimmy Gressier sur 10 000 m se sont tous les deux classés onzièmes de leur épreuve.

La perf'

Happio insubmersible

Après Alison Dos Santos, Karsten Warholm. Peu importe le cador que lui réserve le tirage au sort, Wilfried Happio résiste à tout. Ce dimanche à Eugene, le champion de France s’est parfaitement installé dans l’aspiration du recordman du monde pour aller chercher une qualification en finale du 400 m haies. « Je m’attendais à ce qu’il me double, mais pas aussi vite, se marrait après coup Happio. Je l’ai vu sur ma gauche avant même la troisième haie ! J’en ai profité pour me caler sur un bon rythme, et il m’a tiré jusqu’à la ligne d’arrivée. » Une ligne qu’il a coupée en 48’’14 (derrière le Norvégien chronométré en 48’’00), ce qui fait de lui le deuxième performeur français de l’histoire dans la discipline, entre les 47’’37 de Stéphane Diagana et les 48’’17 de Naman Keita.

Pas question pour autant de verser dans l’euphorie pour le sociétaire du Lille Métropole Athlétisme, malgré son exploit. « Dans ma jeune carrière, il m’est arrivé de commettre l’erreur de me réjouir trop tôt. Le verdict, c’est dans quarante-huit heures… » Mardi soir sur la piste du Hayward Field, Happio retrouvera Warholm, Dos Santos, mais aussi le local Rai Benjamin, entre autres concurrents de premier choix, pour une « finale monstre ». L’occasion rêvée de raboter à nouveau son chrono, et de s’affirmer encore plus sur la scène internationale.

La décla

« Je n’ai aucun regret »

Très aérienne lors des qualifications samedi, Ninon Chapelle n’a pas réussi à retrouver les sommets qu’elle ambitionnait, malgré un début de finale convaincant à la perche. Finalement onzième avec 4,45 m, la sauteuse de l’EA Cergy Pontoise préférait voir la coupe à moitié pleine, retenant sa « meilleure place en championnats du monde », et le plaisir d’avoir reporté le maillot de l’équipe de France. La recordwoman de France confessait avoir besoin d’encore « un peu de temps » pour retrouver des réglages et viser 4,60 m ou plus. Les quatre semaines la séparant des championnats d’Europe de Munich seront les bienvenues.

L’échéance bavaroise était également dans l’esprit de sa camarade de jeu Margot Chevrier, qui a échoué par trois fois à 4,45 m, sa barre d’entrée dans le concours. Très déçue, la Niçoise n’a pas trouvé la clé pour utiliser au mieux ses « grosses perches », alors qu’elle était pourtant « moins stressée que lors des qualifications ». La frustration est souvent un moteur important de rebond dans le sport de haut niveau.

Le Chiffre

1

Dix-septième du marathon disputé aux aurores autour du Autzen Stadium, Hassan Chahdi est devenu le premier Français à courir les 42,195 km en moins de 2h10’ à l’occasion d’un championnat international. Prudent, le fondeur isérois a suivi l’imposant peloton de tête jusqu’au trentième kilomètre, quand l’Ethiopien Tamirat Tola, trouvant la cadence trop molle (1h04’08’’ au semi, quand même), a mis un sérieux coup d’accélérateur pour aller chercher la victoire en 2h05’36’’. Chahdi s’est courageusement accroché quand la tâche est devenue « difficile musculairement », et a remonté plusieurs concurrents dans les derniers kilomètres pour aller chercher un troisième chrono sous les 2h10’ dans sa carrière, en 2h09’20’’.

Gressier a surchauffé

Disputé en plein cagnard à 13h, le 10 000 m masculin a ressemblé à un jeu d’élimination par l’arrière, sous les coups de boutoir des Ougandais et un soleil de plomb. Jimmy Gressier a intelligemment optimisé sa course en collant à la lice pour ne pas courir un mètre de trop, et en se tenant à distance des bousculades en tête de peloton, tout en restant au contact. Mais quand la baston s’est amplifiée à deux kilomètres du but, le Nordiste a dû baisser pavillon. Deuxième Européen de la course en 27’44’’55, juste derrière le Belge Isaac Kimeli, Gressier avouait avoir souffert de la chaleur, mais reconnaissait aussi avoir « manqué de fraîcheur mentale » pour mieux gérer son effort, après avoir compris dès la mi-course que le record de France, qu’il visait ouvertement, ne serait pas pour aujourd’hui. « Quand vous êtes en difficulté sur un 10 000 m, il reste parfois huit tours, sept tours, six tours, ça ne pardonne pas. Désormais, je saurai que ça ne sert à rien de penser au chrono en abordant un championnat. Tout ça, c’est de l’expérience qui rentre, j’apprends tous les jours », soufflait-il.

Placés en ouverture de la session du soir, les Bleus du 110 m haies ont tout tenté, dans des conditions pas optimales pour deux d’entre eux, mais n’ont pas trouvé fortune sur le tartan de l’Oregon. Handicapé dans sa préparation terminale par un tendon d’Achille récalcitrant, Sasha Zhoya n’a pas pu faire de miracle, prenant la cinquième place de sa course en 13’’47, après « beaucoup de fautes » tout au long de sa ligne droite. Pascal Martinot-Lagarde lui a succédé sur la piste, mais n’a pu faire mieux (4e en 13’’40), malgré de bonnes sensations physiques, qui n’ont pas suffi à compenser le manque criant de séances spécifiques (une seule il y a cinq jours) en amont de la compétition. Placé dans la troisième demie, Just Kwaou-Mathey a livré une belle bataille pour tenter de sauver les meubles Made in France. Hélas, ses 13’’25, un peu trop ventés (+2,5) pour constituer un nouveau record personnel, font de lui le premier non qualifié au temps, puisqu’il a terminé cinquième de sa course, la plus compétitive des trois. Une fois n’est pas coutume, la finale du 110 m haies s’est donc jouée sans Français. Ces trois-là ont juré que cela ne se reproduira pas de sitôt.

Etienne Nappey pour athle.fr
Photos : S. Kempinaire - JM Hervio / KMSP / FFA

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