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Les demi-fondeurs et fondeurs à suivre

A quelques jours du début des championnats d’Europe d’athlétisme, focus sur les spécialistes de l’endurance, au nombre de 21 à se préparer à entrer en lice en Bavière.

800 m : Trouver la clé

Benjamin Robert est le seul parmi les engagés à avoir couru en moins de 1’44’’ sur le Vieux continent en 2022. C’était à l’occasion du meeting de Paris, remporté en 1’43’’75. Mais le Toulousain, qui a vu son chemin s’arrêter en demi-finales lors des Mondiaux à Eugene, sait bien que les douze autres coureurs qui ont bouclé le double tour de piste en moins de 1’45’’ ne lui laisseront aucun répit. Gabriel Tual, sixième dans l’Oregon et frustré de ne pas avoir pu se frayer un passage vers le podium, figure au premier rang des prétendants au podium, avec ses 1’44’’23 réalisés cette année. Pour Yanis Meziane, qui fera ses grands débuts en équipe de France A à Munich, l’objectif sera de passer les tours les uns après les autres, en utilisant son sens de la course éprouvé chez les jeunes depuis quelques années.

Autrice d’une excellente saison jusqu’aux Mondiaux de Eugene, où une contamination au Covid a eu raison de ses chances lors des demi-finales, Rénelle Lamote sera en lice pour une nouvelle breloque européenne, après ses médailles d’argent en 2016 et 2018. Face à elle, les Britanniques Keely Hodgkinson et Jemma Reekie seront sans doute les plus dangereuses à surveiller. Mais pas moins de quatorze femmes ont couru en moins de 2’ sur la distance cette année. Parmi elles, Agnès Raharolahy, chronométrée en 1’59’’49 pour sa première saison complète sur sa nouvelle spécialité, qui peut légitimement ambitionner une place en finale, voire mieux.

1 500 m : Jouer les trouble-fêtes

Même s’ils n’ont pas retrouvé leurs chronos de l’année 2021, Azeddine Habz et Baptiste Mischler disposent d’une arme redoutable dans des courses de championnats qui n’ont souvent rien à voir avec les meetings qui ont rythmé la saison jusqu’alors : leur finish. Le Francilien et l’Alsacien ont toutes leurs chances pour accrocher une place parmi les douze finalistes, et ainsi se donner une chance de briller lors de l’explication finale, quand tous les compteurs seront remis à zéro. Le Norvégien Jakob Ingebrigtsen, champion olympique de la spécialité et tenant du titre, est l’immense favori pour se succéder à lui-même.

Chez les femmes, c’est l’Ecossaise Laura Muir, lauréate à Berlin il y a quatre ans, qui aura la pancarte de favorite, puisqu’elle dispose de près de six secondes de marge à la lecture des bilans continentaux. Mais après avoir enchaîné les championnats du monde (3e) et les Jeux du Commonwealth (vainqueure du 1500 m et en bronze sur 800 m), la fatigue pourrait lui monter dans les jambes. Aurore Fleury, dont les 4’04’’78 la placent au dix-septième rang continental, pourra compter sur l’expérience acquise à Belgrade cet hiver pour accrocher un billet pour la finale.

3 000 m steeple : Faire baisser le chrono

En l’absence d’Alice Finot, blessée à la cheville lors de la finale mondiale à Eugene, ce sont deux jeunes steepleuses qui porteront les espoirs de l’équipe de France : Flavie Renouard et Alexa Lemitre. Se sortir du piège des séries semble tout à fait jouable pour la Normande et l’Albigeoise, puisque les courses du premier tour sont très souvent tactiques. Et une fois en finale, la tactique sera simple : s’accrocher le plus longtemps possible pour tenter de s’approcher de la barrière des 9’30’’, que neuf athlètes ont déjà franchie en 2022. Parmi elles, l’Albanaise Luiza Gega dispose des meilleures chances de victoire, à en croire les bookmakers.

Trois hommes se présenteront sur la ligne de départ de l’épreuve masculine, avec l’ambition de s’inscrire dans la glorieuse tradition française, puisque les cinq dernières éditions ont été remportées par un Français. Mehdi Belhadj, cinquième Européen aux bilans avec ses 8’16’’35, sera la meilleure chance tricolore de médaille dans cette épreuve, mais Djilali Bedrani, cinquième des Mondiaux de Doha en 2019, sera à surveiller de près s’il a retrouvé sa meilleure forme. Le troisième larron sera Louis Gilavert, dont les 8’24’’82 cette saison ont de quoi lui garantir une place en finale. Les Italiens Ahmed Abdelwahed et Osama Zoghlami détiennent les deux meilleurs chronos continentaux de l’année.

5 000 m : Saisir les opportunités

Respectivement huitième et neuvième des fichiers d’engagement, Hugo Hay (13’12’’14 cette année) et Félix Bour (13’15’’66) ne devraient pas être très loin de la bagarre pour l’attribution des médailles, puisqu’hormis Jakob Ingebrigtsen, a priori intouchable, les fondeurs qui les devancent ont des références pas très éloignées de leurs allures. Et dans une course qui promet d’être tactique, les deux Français, qui étaient dans le top 8 des derniers championnats d’Europe de cross, devront se montrer malins pour se faire une place au soleil.

Manon Trapp sera la première Française engagée sur la distance depuis dix ans et la onzième place de Christine Bardelle à Helsinki. Dotée de la 17e performance des engagés, la quatrième des championnats d’Europe de cross chez les moins de 23 ans en décembre 2021 a là une belle occasion de s’aguerrir chez les seniors, et de mettre une grande claque à son record personnel. Le titre devrait se jouer entre la Norvégienne Karoline Grovdal, la Turque Yasemin Can et l’Allemande Konstanze Klosterhalfen.

10 000 m : Un trône à conquérir

Onzième des championnats du monde dans l’Oregon, Jimmy Gressier n’a pas caché qu’il viserait la médaille d’or à Munich sur 10 000 m. Le Nordiste n’aura pas la partie facile, puisque l’Italien Yemaneberhan Crippa, qu’il a régulièrement battu dans les labours depuis cinq ans, mais aussi le Belge Isaac Kimeli, le Turc Aras Kaya, et la colonie britannique avec Sam Atkin, Emile Cairess et Andrew Butchart, sont également attendus au départ. Yann Schrub, qui détient le onzième chrono des engagés et a pu faire une préparation optimale pour la première fois, et l’expérimenté Yoann Kowal, champion d’Europe sur 3000 m steeple en 2014, accompagneront Gressier avec l’objectif de s’approcher du top 5.

Deux Tricolores prendront le départ de la course féminine : Mekdes Woldu, qui a porté son record à 32’11’’72 cette année, et Alessia Zarbo, qui a fait descendre le sien à 32’28’’57. Face à une concurrence redoutable, emmenée par les deux Britanniques Eilish McColgan et Jessica Judd, qui pourraient toutefois ressentir la fatigue après avoir enchaîné les championnats du monde sur 5000 m et 10 000 m puis les Jeux du Commonwealth, et la Turque Yasemin Can, vainqueure en 2016, Woldu et Zarbo tenteront de s’accrocher aussi longtemps que possible, avec en point de mire un chrono sous les 32’, et une place dans le top 8 qui est tout sauf utopique.

Etienne Nappey pour athle.fr

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