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La famille s’agrandit

C’est une délégation tricolore record, composée de 99 athlètes, qui a pris ses quartiers à Munich depuis vendredi. Piliers des Bleus et nouveaux visages sont en quête de médailles, à deux ans des Jeux olympiques de Paris.

La photo d’équipe, c’est souvent le plus gros défi des photographes en grand championnat. En cas de délégation imposante, il faut trouver le bon spot pour que tous les athlètes apparaissent dans leur objectif. Avec 99 représentants, soit la sélection tricolore la plus large de l’histoire des championnats d’Europe, il a fallu ruser, samedi en fin de journée. Et compter sur la coopération de la sauteuse en hauteur Solène Gicquel et de la sprinteuse Hélène Parisot, qui ont gentiment prêté leur chambre au deuxième étage, et surtout leur fenêtre, pour offrir une inespérée vue en plongée sur la délégation, installée sur le trottoir devant l’hôtel.

L’hébergement des Bleus, situé au nord de Munich à un peu moins de quatre kilomètres du stade olympique, a pris des couleurs bleu, blanc, rouge depuis vendredi et leur arrivée en trois temps. Des portes des chambres, où chaque membre peut retrouver son portrait affiché, à la salle de restauration, où les tablées d’athlètes tricolores se multiplient, en passant par la salle du médical, où les kinés doivent jongler avec des agendas bien remplis. En attendant le début de la compétition, on part s’entraîner au stade ou dans les rues avoisinantes. On passe aussi le temps en jouant aux cartes dans le hall. L’occasion de mélanger les différentes familles de l’athlétisme, comme lorsque les triple sauteurs Benjamin Compaoré, Enzo Hodebar et Jean-Marc Pontvianne sont rejoints par les demi-fondeurs Rénelle Lamote, Mehdi Belhadj et le petit nouveau Yanis Méziane.

Munich comme tremplin

Au pied de l’ascenseur se croisent les piliers multimédaillés de l’équipe de France, comme Kevin Mayer, Renaud Lavillenie, Pascal Martinot-Lagarde et Mélina Robert-Michon, et ceux qui s’apprêtent à vivre leur première sélection en équipe de France A, à l’image de la perchiste Marie-Julie Bonnin et du sauteur en longueur Jules Pommery. « Ces athlètes avaient brillé lors des championnats d’Europe juniors en 2019 et ont dû attendre trois ans pour disputer leur premier grand rendez-vous avec les seniors, notamment en raison de la pandémie de Covid-19 », a rappelé André Giraud, président de la FFA, lors de la conférence de presse qui s’est tenue samedi après-midi au Club France, dans l’emblématique taverne Paulaner, au cœur de Munich. Avec ce cocktail continental classique, fait de têtes d’affiche et de jeunes pousses, « nous sommes ici pour ramener des médailles, gagner encore en compétitivité et construire un esprit collectif de la gagne », enchaîne Romain Barras, directeur de la haute performance. « Nous savons que ces championnats peuvent être un tremplin pour nombre de nos Bleus », prolonge le directeur technique national Patrick Ranvier.

Le décathlon, disputé lundi et mardi, sera un beau symbole de ce mélange de générations. L’équipe de France y sera représentée par son désormais double champion du monde Kevin Mayer et l’espoir Baptiste Thiery, valeur montante de la discipline. « Je suis très content de faire un déca avec lui, confie le recordman du monde. Concourir avec un autre Français, ce sont toujours des liens d’amitié particuliers qui se créent, et ça m’avait manqué. » Même plaisir pour Margot Chevrier, qui forme un trio de perchistes plein d’enthousiasme avec Ninon Chapelle et la prometteuse Marie-Julie Bonnin. « On est très copines, c’est vraiment top de partager ce genre de moments, et on est ravies que MJ puisse être là avec nous », savoure la championne de France en titre.

De nouveaux statuts

Dans cette équipe de France en plein renouvellement, les statuts évoluent vite, d’ailleurs. Amandine Brossier, qui a dû attendre 2019 pour disputer son premier grand championnat en plein air aux Mondiaux de Doha, est désormais la relayeuse la plus expérimentée du 4x400 m. « Les référents m’ont donné le rôle de capitaine, révèle l’Angevine. C’est un rôle qui me convient bien, étant donné que je viens du basket. Je suis là pour partager mon expérience si certaines filles ont des inquiétudes, et aussi pour faire un peu germer une graine en apportant encore plus d’ambition à l’équipe. »

Aux chefs de file des Bleus d’ouvrir la voie dès lundi, en transmettant cet état d’esprit. Dans un stade olympique de Munich qui rappellera de bons souvenirs à Mélina Robert-Michon, la doyenne de la sélection française du haut de ses 43 ans, qui y avait franchi pour la première fois les qualifications en grands championnats à l’occasion du rendez-vous continental de 2002. Et qui s’attend à lancer son disque dans une ambiance de folie : « Aux Mondiaux de Berlin en 2009, on sentait que les Allemands étaient des connaisseurs en lancers, se rappelle-t-elle. Un soir, il ne restait plus que le marteau, mais aucun spectateur n’avait bougé, ils étaient tous restés. Je n’ai jamais été déçue en Allemagne, c’est toujours un plaisir pour nous les lanceurs. » Et pour tous les athlètes en général

Florian Gaudin-Winer et Etienne Nappey pour athle.fr
Photos : JM Hervio - P. Millereau / KMSP / FFA

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