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Quatre nouveaux Bleus en finale

Jean-Marc Pontvianne et Enzo Hodebar ont franchi sans trembler le cap des qualifications au triple saut, en réussissant à dompter un vent capricieux. La doyenne des Bleus, Mélina Robert-Michon, est aussi en finale du disque, tout comme Azeddine Habz sur 1500 m.

La perf'

Pontvianne et Hodebar domptent le vent

Les drapeaux plantés au sommet du majestueux Olympia Stadion de Munich ont balloté une bonne partie de la soirée, les triple sauteurs aussi. Tourbillonnant, parfois de face, à d’autre moments de dos, toujours intense, le vent a joué un vilain tour aux athlètes ce lundi soir. Dans ces conditions, difficiles de régler ses marques, avec en plus seulement trois essais pour se tirer du piège des qualifications. Jean-Marc Pontvianne et Enzo Hodebar ont pourtant su trouver la clé, avec des performances de choix. Le premier a décollé à 16,96 m au deuxième essai, une performance synonyme de troisième place des qualifs, avec pourtant 2,5m/s de vent défavorable. « Je n’avais jamais sauté aussi loin avec autant de vent dans le nez, faisait remarquer le finaliste mondial de Eugene. Il a fallu s’adapter, ça fait partie des qualités d’un athlète de haut niveau. Ça veut dire que j’ai passé un cap psychologique, et c’est bénéfique en vue de la finale. » Le sociétaire de l’Entente Nîmes Athlétisme, souvent placé mais jamais médaillé au niveau international, rêve d’un premier podium à 28 ans.

Ce sera aussi l’objectif affiché d’Enzo Hodebar mercredi soir. Septième des qualifications grâce à un premier essai à 16,70 m (+0.9), l’espoir de l’Entente Franconville Cesame Val d’Oise n’a jamais tremblé et a même pu se dispenser d’une troisième tentative, après un deuxième essai non validé. « Je sortais des Mondiaux où je m’étais arrêté au stade des qualifications, donc je suis content de passer aujourd’hui, soufflait-il. Il fallait essayer de jouer intelligemment avec les marques et la course d’élan. » Changement d’état d’esprit en finale, où il faudra être « très agressif ». « Pichardo est au-dessus de tout le monde, mais après, ce sera ouvert », prédit Jean-Marc Pontvianne. Le Portugais a logiquement dominé les débats ce lundi, avec 17,36 m (+1.2), seize centimètres devant l’Italien Emmanuel Ihemeje (17,20 m).

Benjamin Compaoré ne participera malheureusement pas à la grande explication. Le triple sauteur du CA Montreuil 93 a dû se contenter d’un résultat anecdotique à 15,17 m (20e), après avoir été à chaque fois perturbé par les rafales de vent. « Maintenant, je serai plus focus pour coacher Enzo lors de la finale », tentait de positiver le champion d’Europe 2014, qui porte la double casquette d’athlète et d’entraîneur.

Le temps fort

Jordier et Brossier en fanfare

Un record battus et deux autres approché. Les spécialistes du 400 m ont apprécié la piste brune de l’Olympiastadion ce lundi. Gilles Biron a ouvert le bal sur une bonne dynamique en prenant la deuxième place de sa série en 45’’82, se qualifiant sans coup férir pour les demi-finales. Thomas Jordier lui a parfaitement emboîté le pas en remportant la sienne en 45’’39, son nouveau chrono de référence, malgré un départ bien moins tonique que ses concurrents. Amandine Brossier a conclu le moment fort des Bleus en terminant deuxième de sa course en 51’’26, soit un petit centièmes de plus que son record le jour de son 27e anniversaire, alors même qu’elle en a gardé sous le pied en fin de parcours, en vue des demi-finales. Une échéance que tous les droits avaient immédiatement en tête et à la bouche au moment de livrer leur ressenti à la presse. « Il faudra élever notre niveau de jeu pour entrer en finale », ont livré en chœur les trois mousquetaires du tour de piste. Sokhna Lacoste a tout tenté pour rejoindre ses petits camarades, mais a buté en toute fin de ligne droite, et ses 52’’62, la plaçant à la cinquième place de sa course, se sont avérés insuffisants.

La décla

« J’ai gagné deux mètres en vingt ans, ce n’est pas cher payé, vu tout le travail fourni depuis… »

Bien qu’embarquée dans une « situation très inconfortable » à la sortie du premier groupe de qualifications du disque, Mélina Robert-Michon n’avait perdu ni son humour ni sa mémoire. Aux Europe de Munich en 2002, se souvenait-elle, elle avait terminé « douzième avec 56 m » (NDLR : 56,56 m). Ce lundi, elle a pris la cinquième place de son groupe avec 58,85 m, et a finalement rallié la finale au combiné des deux concours, avec la neuvième performance de la journée. « Je suis frustrée, parce que mes bonnes sensations de l’entraînement ne sortent pas en compétition. Mon premier jet est plutôt bon pour une entrée en matière mais les deux suivants sont trop réfléchis, pas assez fluide », analysait-elle à chaud. Qualifiée pour une nouvelle grande finale, vingt ans après la première, elle aura 24 heures pour tenter de « débrancher le cerveau » et se rapprocher de la Mélina des années 2010, toujours fringante dans les grands rendez-vous.

Sa jeune compatriote Amanda Ngandu Ntumba a « beaucoup appris » dans le deuxième concours, tout en prenant la mesure de ce qui lui manquait encore pour être « au niveau de [ses] adversaires. » Son meilleur jet a été mesuré à 54,70 m, alors qu’il fallait 57,04 m pour se glisser en finale.

Habz en finale

Avec un format série-finale, le premier tour du 1500 m et son mode de qualification (top 4 et 4 meilleurs temps) ne laissaient pas de place à l’erreur. Azeddine Habz a réussi à s’en sortir, en prenant la sixième place de la deuxième série en 3’38’’47. Un chrono qui, malgré « des sensations moyennes », lui a permis de décrocher son billet au temps pour jeudi dans la plus rapide des deux courses. « Comme ça faisait longtemps que je n’avais pas couru, je ne savais pas où j’en étais, reconnaissait le demi-fondeur du Val d’Europe Athlétisme. Les séries étaient une bonne occasion de se tester, et je suis content de passer en finale. L’aventure s’est en revanche arrêtée là pour Baptiste Mischler, sixième de sa série en 3’39’’58. L’Alsacien d’Unitas Brumath a fini fort mais partait d’un peu loin.

En finale du 10 000 m, sentiments contrastés pour Alessia Zarbo et Mekdes Woldu. La fondeuse de 20 ans au gabarit de poche (1,57 m) a pris une prometteuse douzième place en 32’36’’28, à seulement sept secondes de son record de France espoirs, lors d’une course qui s’est emballée dès le départ et qui a été remportée par la Turque Yasemin Can en 30’32’’57. « Je pense que je peux être contente et fière de ce que j’ai fait », savourait Zarbo. Mekdes Woldu, elle, était déçue de son treizième rang en 32’39’’54. « Franchement, je n’ai pas été à la hauteur, regrettait-elle. Dès le début de la course, je me sentais fatiguée, sans comprendre pourquoi, puisque je suis arrivée ici en pleine forme. »

Au décathlon, belle première journée de Baptiste Thiery, actuellement quinzième avec 3993 points. Le Martiniquais de la Jeunesse Sportive Franciscaine est sur les bases de son record, avec une nouvelle performance de référence au poids (12,95 m), et des résultats solides sur 100 m (10’’87), à la hauteur (1,90) et sur 400 m (47’’66). Seule contre-performance : ses 6,94 m à la longueur. Unique Français en lice depuis l’abandon de Kevin Mayer sur 100 m, l’espoir peut espérer atteindre pour la première fois la barre symbolique des 8000 points, s’il continue sur sa lancée. Il aura l’occasion mardi de réaliser une grosse remontée, notamment à la perche, sa grande force avec un record à 5,70 m.

Florian Gaudin-Winer et Etienne Nappey pour athle.fr
Photos : JM Hervio - P. Millereau / KMSP / FFA

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