MES ACCÈS
Pommery en bronze au bout du suspense

Au terme d’un scénario rocambolesque, Jules Pommery est monté sur la troisième marche du podium à la longueur, grâce à un superbe bond à 8,06 m. Sur 100 m, Mouhamadou Fall est allé chercher la cinquième place en 10’’17. Mélina Robert-Michon s'est offert une nouvelle place de finaliste, en se classant huitième du disque avec 60,60 m. Baptiste Thiery, neuvième du décathlon, est passé tout près d’être lui aussi finaliste, mais s’est largement consolé en devenant le vingt-cinquième Français à dépasser les 8000 points, avec un total de 8057 unités.

La médaille

Pommery aura droit au podium

Les ascenseurs émotionnels n’ont pas coupé sa faim, puisque c’est en mangeant des bonbons que Jules Pommery a trompé l’attente, avant d’apprendre que le ‘’protest’’ de l’équipe de France avait porté ses fruits et qu’il était donc médaillé de bronze. Un dénouement heureux, mais revenons un peu en arrière. En décollant à 8,06 m (-0.4) au quatrième essai, le sauteur en longueur de l’Entente Athlé 58 pense avoir fait le plus dur. Il pointe alors au troisième rang, derrière le Grec Miltiadis Tentoglou, futur vainqueur avec 8,52 m (+0.3), record des championnats, et le Britannique Jacob Fincham-Dukes, 8,06 m également mais qui le devance aux essais. Sauf qu’à sa sixième et dernière tentative, le Suédois Thobias Montler retombe lui aussi à 8,06 m. Trois hommes dans le même centimètre et alors un perdant, Jules Pommery, privé sur le fil d’une médaille de bronze qui lui tendait les bras.

Le scénario est rocambolesque et réserve encore des surprises. Car pendant que les trois premiers fêtent leur résultat, l’équipe de France dépose un protest concernant le premier essai de Jacob Fincham-Dukes, que des images vidéo semblent indiquer comme mordu. Après une longue attente, le camp tricolore obtient finalement gain de cause. Et Jules Pommery ouvre ainsi le compteur à médailles de l’équipe de France d’athlétisme à Munich, avec une récompense qui fleure bon les lendemains qui chantent. « Mon saut à 8,06 m n’est pas celui que j’espère depuis un moment, prévient d’ailleurs l’élève de Robert Emmiyan à l’Insep. L’objectif de ma carrière ce sont les Jeux dans deux ans. Si j’avais le choix entre faire 8,50 m ici ou à Paris, j’attendrais. »

Il aura été privé des traditionnelles célébrations d’après-concours, mais pas de quoi gâcher son bonheur. « Contrairement à l’Anglais, je n’aurai pas eu de tour d’honneur, mais à la fin, c’est moi qui aurai droit au podium et à la médaille, et c’est clairement mieux dans ce sens, s’exclamait-il. J’étais bien entouré et l’équipe de France s’est battue pour moi. » Rendez-vous mercredi soir pour monter sur la boîte.

Le chiffre

4

Le nombre de centièmes qui séparent Mouhamadou Fall du Britannique Jeremiah Azu, médaillé de bronze sur 100 m en 10’’13, son record personnel. Un écart qui laissait des regrets au sprinter de l’Entente Franconville Cesame Val d’Oise, cinquième en 10’’17 (+0.1) d’une course remportée par l’Italien Marcell Jacobs en 9’’95 devant le compatriote d’Azu, Zharnel Hugues (9’’99). « J’aurais préféré que le troisième fasse ‘’9’’, car ça se joue à rien, confiait-il. Honnêtement, quand je passe la ligne, je pense que je suis sur le podium. »

Auteur d’un superbe départ, l’athlète de 30 ans s’est crispé dans les derniers mètres et a perdu de précieux centièmes. Le bilan restait tout de même positif pour celui qui avait, plus tôt dans la soirée, décroché son billet au temps pour la finale en 10’’16, à la différence de Jimmy Vicaut (10’’18) et Meba-Mickael Zeze (10’’21), pas très loin du compte. « Je suis content d’être de retour à un bon niveau et d’être compétitif, par rapport aux championnats du monde. » Prometteur pour la suite de la compétition. « La base de vitesse est là pour le 200 m. Il faut maintenant passer à la suite, en restant concentré. »

Sur la ligne droite féminine, Mallory Leconte a malheureusement été disqualifiée en demies après un faux-départ.

La décla

« Je ne peux pas dire que je suis contente, mais j’ai pris des risques. »

Une nouvelle fois finaliste au disque, Mélina Robert-Michon a tout tenté, après avoir acquis ses trois essais supplémentaires, pour aller titiller ses concurrentes qui occupaient le podium. « Huitième ou quatrième, c’est la même chose, analysait-elle après coup. Métriquement, ça n’a pas été une réussite, mais j’ai senti qu’il ne manquait pas grand-chose pour réussir ce que je cherche depuis un moment. » Sortie de ses schémas habituels, jugeant ses jets en compétition « trop réfléchis » depuis des semaines, la Lyonnaise connaît déjà ses chantiers pour l’année prochaine. A 43 ans, elle a tout de même accroché sa quatrième finale européenne de rang,  avec une huitième place finale à la faveur d’un meilleur jet mesuré à 60,60 m, au terme de ce qu’elle considérait comme « une année de transition ».

La promesse

Baptiste Thiery dans le tourbillon

Baptiste Thiery se souviendra longtemps de sa soirée du mardi 16 août 2022. Autant parce qu’il a pris part à un décathlon historique, qui a vu l’Allemand Kaul réaliser une remontée de folie au prix d’une folle chevauchée dans le 1500 m final (4’10’’04), bien aidé par son public incandescent, mais aussi parce qu’il est devenu le 25e Français à dépasser les 8000 points. Comme Kaul, le Martiniquais a battu son record au javelot, avec 55,07 m, avant de faire parler ses jambes sur 1500 m, où il a pris la deuxième place en 4’18’’13. Ses 8057 points lui ont valu une neuvième place continentale, qui avait la valeur d’une « victoire », après une matinée qui lui avait laissé des regrets, ses 15’’10 sur 110 m haies et ses 5,40 m à la perche n’étant pas à son goût. Toujours perchiste autant que décathlonien, Thiery a pris goût aux grands championnats, encore plus après un tour d’honneur prolongé dans une ambiance incomparable, le public allemand célébrant à la fois son nouveau champion d’Europe et son prédécesseur Arthur Abele, qui tirait là sa révérence.

Micheau s’est fait plaisir

« Tu tapes deux fois dans tes mains, il y a tout le stade qui répond, ils sont vraiment connaisseurs sur le sport ! » Sébastien Micheau a vécu un sacré baptême du feu lors des qualifications de la hauteur. Dont il s’est tiré de main de maitre, en décrochant sa qualification en finale grâce à une barre à 2,21 m effacée au deuxième essai. Une belle réussite pour le sauteur du Sèvre Bocage AC, qui était arrivé à Munich avec la vingtième performance des engagés. « J’aurais aimé passer 2,21 m au premier essai, ce qui aurait dû être le cas si je n’avais pas fait de bêtise. Je suis tellement heureux d’en être là aujourd’hui, savourait-il. J’ai eu beaucoup de galères cet hiver… J’étais en position d’outsider, et arriver en finale, c’est une victoire. » Moins de réussite pour Nathan Ismar, non classé à la hauteur après avoir échoué à trois reprises dès son entrée en lice à 2,12 m.

Le Sèvre Bocage AC rêvait d’un double bonheur ce mardi soir. Mais le camarade de club de Sébastien Micheau, Hugo Hay, a été victime d’une chute après un peu plus de trois kilomètres de course lors du 5000 m, alors qu’il était placé dans les premières positions du peloton. Il est courageusement reparti mais le trou était fait, et le demi-fondeur de 25 ans a finalement coupé la ligne d’arrivée à la 19e place, en 13’45’’63. Félix Bour, 24e en 14’05’’84, a terminé un peu plus loin.

Florian Gaudin-Winer et Etienne Nappey pour athle.fr
Photos : JM Hervio - P. Millereau / KMSP / FFA

INFORMATIONSFORMATIONCOMMUNAUTÉBASES DE DONNÉESMÉDICALBOUTIQUE
NOS PARTENAIRES
CONDITIONS D'UTILISATION MENTIONS LÉGALES CONTACTS