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Guillemot sur l’autoroute du kiff

Agathe Guillemot s’est brillamment qualifiée pour la finale du 1500 m, en dominant sa série en 4’11’’46. L’aventure, en revanche, s’est arrêtée en demi-finales pour Jeff Erius (60 m) et Amandine Brossier (400 m).

La qualifiée

Guillemot a fait parler son finish dévastateur

« Je progresse de jour en jour. J’ai l’impression d’être une poussine ou une benjamine, j’en sais trop rien. Ça n’est que du kiff, et avec du kiff, on peut aller loin. » Agathe Guillemot a l’art de faire le spectacle sur la piste et en dehors. Et sa réaction réjouissante à l’arrivée de sa série du 1500 m était au diapason de sa dernière ligne droite de patronne en séries. La demi-fondeuse du Haute Bretagne Athlétisme aurait pu se contenter d’assurer la troisième place, directement qualificative pour la finale. Il n’en fut rien, puisque l’élève de Marc Reuzé s’est décalée à l’entrée de la dernière ligne droite et a offert un finish dont elle a le secret pour l’emporter en 4’11’’46, huit centièmes devant l’Ethiopienne Birke Haylom, troisième meilleure performeuse sur la liste des engagées.

« A un tour de l’arrivée, je pensais que les deux filles qui étaient devant allaient le rester, retraçait celle qui a pu compter sur les encouragements de ses copines de la team « kRocket », les internationales Léna Kandissounon et Clara Liberman. Mais avec mon coach, on s’était dit que pour être sûre de passer en finale, il fallait viser la gagne. J’ai tout donné jusqu’au bout. J’ai encore un jour de récup, donc il n’y avait pas de risque. Et ça permet de montrer aux adversaires que je suis présente. »

Arrivée à Glasgow avec l’objectif d’intégrer le top 8, la transfuge des épreuves combinées revoyait ses ambitions à la hausse après ce brillant premier tour. « Ça me donne de la confiance, je me dis que tout est possible pour dimanche, soufflait-elle. Je crois que cette course m’a un peu mis des étoiles dans les yeux : ‘’No limit !’’ ». Depuis un an, la recordwoman de France en salle (4’04’’64) progresse à pas de géante. Après avoir découvert le parfum des grands championnats aux Mondiaux de Budapest, où elle avait été éliminée en séries, elle rêve désormais d’une finale olympique à Paris. Elle est en train de prouver, à Glasgow, que cela n’a rien d’une chimère.

Les éliminés

Erius n’a pas démérité

Il a fini par se faire rattraper par son âge et par le manque d’expérience, ce qui se comprend fort bien. Imperturbable vendredi matin en séries, Jeff Erius, qui fêtera ses 20 ans le 8 mars, n’a pas pu s’empêcher de cogiter quelques minutes avant le départ de sa demi-finale du 60 m. « Je savais que la compétition commençait vraiment à ce stade et que le niveau était bien plus élevé qu’au premier tour, confiait l’élève de Fabien Lambolez à Poitiers. Je n’étais pas stressé mais je n’étais pas entièrement serein, pour être tout à fait honnête. » Le sprinter du Lille Métropole Athlétisme n’a pas pour autant démérité, en rééditant le même chrono qu’en séries : 6’’63, à cinq centièmes de son record personnel, dans une course survolée en 6’’43 par le futur champion du monde, l’Américain Christian Coleman.

Le défi était de taille pour Brossier

Plus de regrets pour Amandine Brossier, surtout en voyant le chrono de la troisième de sa demi-finale, l’Autrichienne Susanne Gogl-Walli, qualifiée pour la grande explication en 52’’47, une performance largement à sa portée. Le défi était de taille pour l’Angevine, placée au couloir 2 après avoir pris dans la matinée, en 52’’23, la deuxième place de sa série à égalité avec deux autres athlètes. Dernière au rabattage, elle n’a jamais réussi à recoller sur les sprinteuses de tête. « Ça a été compliqué. Je ne me suis pas sentie dans la course. J’avais l’impression d’être bien partie, mais j’ai vite vu que ça revenait sur moi à l’intérieur. J’ai essayé d’y croire jusqu’au bout. Je suis déçue, j’aurais bien aimé terminer ce championnat en étant à mon niveau. » Cette fin de parcours ne gomme pas les promesses entrevues lors de sa belle saison hivernale, marquée par un record personnel abaissé à 51’’67.

A Glasgow, Florian Gaudin-Winer pour athle.fr
Photos : S. Kempinaire / KMSP / FFA

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