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Samba-Mayela radieuse et argentée

Cyréna Samba-Mayela a vécu une journée de rêve, ou presque. Après avoir explosé son record de France du 60 m haies en demi-finales, avec un chrono de 7’’73, elle est allée chercher en finale la médaille d’argent en 7’’74. L’or revient à la Bahamienne Devynne Charlton, qui a amélioré son record du monde en 7’’65. Makenson Gletty, Thibaut Collet et Agathe Guillemot ont, eux, terminé finalistes.

La médaille

Un record et une finale magique

On imagine que si des Mondiaux en salle étaient organisés chaque week-end, y compris en plein été, Cyréna Samba-Mayela ne serait pas la plus malheureuse des hurdleuses. Car tous les deux ans, l’athlète installée depuis la rentrée à Orlando profite de cette compétition pour briller et s’éclater. Il y a deux ans à Belgrade (Serbie), elle avait décroché le titre mondial à la surprise quasi général, en esquissant des pas de danse après chaque course. Ce dimanche à Glasgow, elle a de nouveau été une des actrices principales de la compétition, dans un contexte pourtant autrement plus relevé. Après une série bouclée le matin en 7’’81, déjà du très costaud à trois centièmes de son record de France, elle a passé la surmultipliée en début de soirée, lors des demi-finales, en claquant un énorme 7’’73. Soit une meilleure marque nationale tous temps améliorée de cinq centièmes, un centième derrière le chrono réalisé par la Bahamienne Devynne Charlton.

La grande explication promettait entre la tenante du titre et la recordwoman du monde. « Mais il fallait rester concentrée et focus, ne pas m’enflammer, expliquera plus tard la hurdleuse du Lille Métropole Athlétisme, qui pouvait compter sur les mots de son coach américain, John Coghlan. J'écoutais ma musique, j'ai gardé mon mood super enjoué. Et la finale a été magique ! » Devynne Charlton, autrice d’un départ canon, était intouchable aujourd’hui et s’envolait pour améliorer son record du monde de trois centièmes, en coupant la ligne d’arrivée en 7’’65. Cyréna Samba-Mayela ne se laissait pas perturber et réalisait à nouveau une magnifique course conclue en 7’’74, dans la droite ligne d’une journée qui lui avait tout de suite rappelé les conditions d'il y a deux ans. « Je suis restée sur cette même ligne, en essayant juste de kiffer jusqu'à la fin. »

Neuvième meilleure performeuse mondiale de tous les temps avec sa performance en demi-finales, l’athlète de 23 ans a réalisé ce dimanche un retour au premier plan tonitruant. Libérée et épanouie, il lui reste désormais à transformer l’essai en plein air. Parce que, forcément, un record en 7’’73 ouvre de sacrées perspectives sur 100 m haies.

Le temps fort

Gletty dans le top 5 mondial

Au bout de deux jours de montagnes russes, avec des performances notables mais aussi des trous d’air, Makenson Gletty a fini l’heptathlon de ses premiers Mondiaux à la cinquième place, en bouclant son 1000 m en 2’42’’76. Un résultat plus qu’honorable, acquis grâce à un total de 6187 points, le deuxième plus haut de sa carrière, à 43 unités de son record personnel. Passé tout près de vivre à la perche la même mésaventure que l’an dernier aux Europe d’Istanbul, où il avait fait un zéro, l’élève de Rudy Bourguignon à Nice a cette fois réussi à s’en sortir, en franchissant 4,70 m au troisième essai. La preuve qu’à bientôt 25 ans, il a franchi un nouveau palier.

Mais, il le reconnaissait lui-même, il y a encore du travail pour s’inviter dans la bagarre pour le podium, encore un peu trop haut perché avec le bronze pour l’Estonien Johannes Erm (6340 pts), l’or revenant au Suisse Simon Ehammer (6418 pts) onze points devant le Norvégien Sander Skotheim. « J’ai vécu une très belle expérience, mais je reste quand même sur ma faim, confiait-le natif d’Haïti après avoir effectué le traditionnel tour d’honneur avec ses collègues combinards. Les sauts m’ont beaucoup pénalisé, alors que j’avais quelque chose à jouer. Le point positif, c’est que je ne me suis pas laissé abattre. On voit désormais mieux le travail qu’on va devoir approfondir à l’entraînement. Cette compétition confirme mes manques. J’ai pris une baffe et on va bosser. »

La décla

« Ce qui est arrivé hier à Margot (Chevrier), forcément, ça laisse des traces. C’est ma discipline, c’est une copine à moi, on dispute des compétitions ensemble depuis espoirs, et j’étais là hier quand elle s’est fait très mal. »

Thibaut Collet a vécu une drôle de finale de la perche, qui s’est terminée pour lui à peine après avoir commencé. Le sociétaire de l’EA Grenoble 38, qui avait passé 5,65 m au premier essai, a brutalement coincé à la barre suivante, placée à 5,75 m, avec des tentatives loin du compte. Cinquième comme aux Mondiaux de Budapest, lors d’un concours qui n’a cependant pas atteint les mêmes sommets malgré la victoire du Suédois Mondo Duplantis avec 6,05 m, l’élève de Philippe d’Encausse et Philippe Collet reconnaissait, après la compétition, avoir été chamboulé par la grave blessure à la cheville de Margot Chevrier hier. « C’était impressionnant, je n’ai pas passé la meilleure nuit de ma vie ensuite et je n’étais pas dans les meilleures dispositions mentales aujourd’hui, confiait-il. J’ai essayé de faire au mieux et de passer au-delà de ça. » Avec en plus des choix de perche complexes, il aura vécu un concours compliqué. Qui ne vient cependant pas gommer les promesses de l’hiver, lors duquel il a porté son record personnel à 5,92 m et fait preuve d’une belle régularité.

La promesse

Guillemot dans le top 8 mondial

Des bousculades, des changements d’allure et de l’électricité dans l’air. Pour sa première finale mondiale, Agathe Guillemot a été servie. « Ça a vraiment été une course avec de la tension. Ça a frotté pendant 1500 m », confirmait la Bretonne. Qui, malgré ce contexte difficile, a terminé sa course à la septième place en 4’04’’94, la victoire revenant à l’Ethiopienne Freweyni Hailu (4’01’’46). Le deuxième temps de sa carrière, à trois dixièmes de son record de France indoor. « Je suis contente de réaliser quasi mon meilleur chrono dans des conditions où le corps aurait pu se crisper, savourait l’athlète coachée par Marc Reuzé. Septième mondiale pour ma deuxième saison internationale sur cette distance, c’est quand même beau. Je dois être satisfaite et en profiter. Cette année, tout m’a souri, et l’athlé, ça n’est pas toujours aussi simple. J’ai d’ailleurs une grosse pensée pour Margot (Chevrier). » Là voilà déjà tournée vers la saison estivale, avec un objectif en tête : les minima olympiques fixés à 4’02’’50. « J’aimerais les réaliser assez vite. Ça devrait le faire, je suis en ‘’hyperconfiance’’ là-dessus. Il faudra juste réussir à trouver la bonne course. »

Le coup dur

Benjamin Robert disqualifié

Le demi-fondeur du SA Toulouse UC ne gardera pas un souvenir mémorable de sa première finale mondiale. Initialement classé cinquième en 1’46’’80, après une course qu’il avait attaquée par le bon bout en se portant en tête du peloton, avant de vite rétrograder, il a finalement été disqualifié. La faute à plusieurs appuis à l’intérieur de la lice dans le dernier virage, lorsqu’il a voulu déborder à la corde l’Espagnol Mariano Garcia. Un dénouement difficile pour Benjamin Robert, qui n’aura assisté que de loin à la victoire de l’Américain Bryce Hoppel en 1’44’’92, meilleure performance mondiale de l’année.

Et aussi

Compper n’a pas à rougir

Très touchée après son élimination en demi-finales du 60 m haies, Solenn Compper trouvera sans doute très vite des raisons de positiver en repensant à ces premiers Mondiaux indoor. Après avoir battu dimanche matin son record en séries (7’’96), la hurdleuse de l’US Talence a quitté la compétition au stade des demi-finales. Sans démériter, avec une quatrième place en 8’’04 malgré un coup du sort dès le début de course. « Je ne prends pas un bon départ, décrivait-elle. J’essaye de revenir mais je suis un peu gênée sur la première haie, car celle qui est à côté de moi (Nadine Visser, NDLR) fait une faute. On se touche, je suis un peu déséquilibrée. C’est le jeu des haies. Je me dis que ça n’est pas grave et que je dois rester dedans. J’ai fini comme je pouvais, mais ça n’est pas la course que je voulais faire. J’aurais voulu finir sur une bonne note. A chaud, c’est compliqué. Mais je pense que je serai un peu plus fière de moi dans quelques heures. »

A Glasgow, Florian Gaudin-Winer pour athle.fr
Photos : S. Kempinaire / KMSP / FFA

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