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Les femmes montrent la voie

L’équipe de France a pu s’appuyer sur ses taulières Mélina Robert-Michon et Alice Finot pour lancer les hostilités lors de la première session des championnats d’Europe de Rome vendredi matin. En plus de la discobole et de la steepleuse, Agathe Guillemot sur 1500 m, Aude Clavier sur le steeple et Ilionis Guillaume au triple saut ont également rejoint la finale de leur épreuve. Contrat rempli également pour Tom Campagne à la longueur.

Les promesses

Guillemot, Finot et Robert-Michon dans le bon tempo

Des quinze Bleus en lice au premier tour de leur épreuve, huit ont passé l’écueil sans encombre ce vendredi matin à Rome. Les femmes se sont chargées de lancer la délégation française sur une bonne dynamique, puisqu’elles sont déjà cinq à avoir acquis un billet pour la finale.

La prestation d’Agathe Guillemot sur 1500 m est à montrer dans toutes les écoles de demi-fond. Impeccablement placée dans la foulée de la leader dès les premiers mètres, la Bretonne a lâché les chevaux dans la dernière ligne droite pour aller chercher une victoire pas si anecdotique. « J’aime bien gagner ma course, et j’avais l’énergie qu’il fallait pour le faire. Je ne me sens pas trop entamée, parce que j’ai l’impression de n’avoir couru qu’un 100 m », narrait-elle à l’arrivée, expliquant avoir compris rapidement qu’elle pouvait se caler sur le rythme des Anglaises Bell et Snowden. Elle emploiera probablement une méthode différente lors de la finale dimanche soir, avec la confiance de celle qui arrive dans les meilleures dispositions.

Alice Finot n’a pas connu plus de frayeur lors de sa série du 3000 m steeple, et a appliqué la même recette, pour sa première de l’année sur la distance. « J’avais dit à mon coach que j’étais prête à terminer huitième de la course pour m’économiser, mais quand j’ai vu sur l’écran géant qu’il y avait un petit paquet derrière moi, j’ai décidé de mettre un petit kick », se marrait-elle. Victorieuse en 9’29’’28, elle a laissé une impression de facilité que ses adversaires auront sans doute noté. Elle ne sera pas la seule Tricolore en finale, puisqu’Aude Clavier s’est arrachée dans la première série pour obtenir son ticket, en 9’34’’54 « Je le voulais tellement, que je n’ai pas calculé. J’ai tout donné, car je voulais assurer le coup, prendre de l’avance en cas de chute ou d’accident. Je n’avais pas beaucoup de marge, parce que je sais très bien que je ne suis pas la meilleure technicienne, mais le contrat est rempli ! »

Contrat rempli également pour Ilionis Guillaume au triple saut, dont le premier essai mesuré à 14,00 m a suffi amplement pour se glisser parmi les douze invités à revenir samedi. Pourtant, la Sottevillaise confiait s’être « fait un peu peur », puisqu’il lui manquait dix centimètres pour obtenir le standard de qualification directe. Et même si elle n’a « pas réussi à tout lâcher lors des deux derniers essais », il n’en fallait pas plus pour figurer au huitième rang du classement combiné des deux groupes.

Sur le même sautoir surélevé, étonnamment placé au milieu de la tribune dans la ligne opposée, Tom Campagne a su « rester bien concentré pendant tout le concours » pour faire le nécessaire à son ultime tentative. Ses 7,98 m (+1,1) du jour lui ont offert une première finale en championnat internationale, et le Bordelais ne cachait pas être « fier de ne pas avoir lâché », même s’il aurait aimé se contenter d’un seul saut, à l’image du Suisse Simon Ehammer, qui a porté la meilleure performance mondiale 2024 à 8,41 m d’entrée de jeu.

Enfin, Mélina Robert-Michon a clôturé la matinée en obtenant sans trembler sa qualification pour la finale du disque. A une mise en jambes tranquille, la Lyonnaise a fait suivre une montée en puissance jusqu’à un troisième jet à 61,90 m qui la plaçait au sixième rang du classement combiné. « L’essentiel est fait, et j’ai pu prendre des repères pour la suite. » La recordwoman de France du nombre de sélections internationales reviendra samedi soir dans le cercle, en comptant sur un soutien plus massif dans les tribunes du superbe stade olympique romain, pour en faire « un très bon moment ».

Les qualifiés

Anselmini épate la galerie

Pour sa première sélection chez les grands, Paul Anselmini n’a pas tardé à montré de quel bois il était fait. Le jeune spécialiste du 800 m a profité du tirage au sort qui l’a envoyé en dernière course pour établir le meilleur chrono de l’histoire en séries des championnats d’Europe : 1’44’’73. « A trois centièmes des minima olympiques, c’est un peu bête, mais ce n’est pas le plus important. Les gars sont partis très fort, et ils ont créé comme une voiture devant moi pour m’emmener. C’était parfait ! » Son talent et ses « sensations de Super Saian » ont fait le reste dans la dernière ligne droite.

Son aîné Gabriel Tual sera aussi au rendez-vous des demi-finales, après avoir bénéficié d’un coup de pouce involontaire de l’Espagnol Alvaro de Arriba à cinquante mètres de la ligne. « J’étais coincé derrière lui, et je ne sais pas pourquoi il s’est décalé pour me laisser passer, parce que sans ça, je ne suis pas sûr que j’aurais pu doubler », racontait-il. Après avoir remercié son bienfaiteur, le Talençais a tout de même souligné qu’il avait des jambes de feu, et « des sensations jamais ressenties en championnats jusqu’à maintenant ». Un présage favorable pour les demies, où il leur faudra à nouveau jouer des coudes et du ciboulot pour entrer parmi les huit heureux élus de la dernière manche.

Enfin, Romain Lecoeur a pu quitter le stade avec le sourire, même si tout n’a pas été facile pour lui lors de son premier tour du 110 m haies. Troisième de sa course en 13’’75, il regrettait de s’être « endormi après un très bon départ ». Sa fin de parcours efficace sera une base de travail sur laquelle construire une exécution plus aboutie lors de sa prochaine sortie.

Les éliminés

Meziane rattrapé par son âge

A force de le voir brûler les étapes, en étant tout près d’accéder à la finale mondiale à Budapest l’an dernier et en enchaînant les podiums en Diamond League, on en avait presque oublié que Yanis Meziane n’avait que 22 ans. Ce vendredi sur la piste bleue du stade olympique de Rome, il a été rattrapé par son manque d’expérience, en se faisant enfermer dans la dernière ligne droite. « J'ai passé cinquante mètres à me demander comment j'allais pouvoir passer le mur qui se dressait devant moi, et je n'ai bougé qu'à quinze mètres de la ligne », retrace le demi-fondeur d’Athlé 91, qui s’est arraché pour prendre la quatrième place de sa série en 1’46’’39, un chrono insuffisant pour passer au temps. « C'est la première vraie défaite de ma carrière, c'est frustrant parce que j'étais bien placé jusqu'à 200 m de l'arrivée, mais c'est un apprentissage », soufflait-il. Une bonne leçon à retenir à moins de deux mois des Jeux olympiques de Paris.

Fin de l’aventure également, côté demi-fond, pour Flavie Renouard, en difficulté dans le dernier tour de sa série du 3000 m steeple et victime d’une grosse chute sur l’ultime barrière. La Normande a quand même courageusement repris son effort pour couper la ligne à la 12e place de sa série en 9’59’’29. Bérénice Cleyet-Merle a, elle, été contrainte à l’abandon en séries du 1500 m, en raison d’une entorse de la cheville droite juste avant d’entrer en chambre d’appel. L’accélération du peloton dans le dernier tour lui a été fatale.

Pommery en manque de repères

Dans les concours, Jules Pommery a, comme il le craignait, manqué de repères à la longueur, après une reprise tardive des sauts à l’entraînement pour soigner une blessure à la cheville.  Le médaillé de bronze européen en titre a dû se contenter de la 24e place des qualifications avec 7,72 m (-2.0). C’est aussi terminé pour les discoboles Amanda Ngandu-Ntumba (16e avec 57,07 m), Lolassonn Djouhan (19e avec 60,80 m) et Tom Reux (25e avec 59,06 m). Les trois lanceurs n’ont pas réussi à véritablement se lâcher, le second nommé étant par ailleurs gêné par une douleur à la hanche gauche.

Et aussi

Lazraq-Khlass sur un nuage

C’est désormais connu, Auriana Lazraq-Khlass est du genre à avoir la pêche, et à le montrer. C’est donc avec une énergie communicative qu’elle est venue dresser un premier bilan « super positif » au terme de ses deux premières épreuves de l’heptathlon. « Deux records personnels, je ne peux pas demander mieux », lançait-elle, en écho à ses très bons 13’’35 sur 100 m haies et 1,77 m à la hauteur. « Sur les haies, j’étais dégoûtée d’avoir été placée dans la course la plus lente, alors je leur ai mis un intervalle à toute, voilà ! » Toute aussi contente de son concours de hauteur, elle assurait quand même en avoir « un peu marre de passer 1,77 m pour la troisième fois », alors que la barre suivante (1,80 m) lui tendait les bras. « Ce sera pour les Jeux, ne vous inquiétez pas ! » lançait-elle avant de partir se reposer un peu. Elle pointe provisoirement à la septième place avec 2013 points, à 183 unités de Nafissatou Thiam, et reviendra sur la piste pour un concours de poids et un 200 m dont elle n’attend rien d’autre que deux nouveaux records.

A Rome, Etienne Nappey pour athle.fr
Photos : P. Millereau - JM Hervio / KMSP / FFA

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