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Des marcheuses pleines de panache

Les trois marcheuses de l’équipe de France ont intégré le top 8 du 20 km ce vendredi soir à Rome, à commencer par Camille moutard, cinquième en réalisant les minima pour les Jeux olympiques. Auriana Lazraq-Khlass a encore fait des merveilles, tandis que Sarah Madeleine sur 5000 m et Nawal Meniker à la hauteur ont aussi montré de belles choses.

Le temps fort

Les marcheuses jouent devant

Les marcheuses françaises n’en finissent plus de grimper les étages. Alors qu’aucune n’avait été finaliste des championnats d’Europe avant la sixième place de Clémence Beretta à Munich en 2022, les trois Tricolores se sont hissées dans le top 8 ce vendredi à Rome. Beretta, encore elle, a « pris ses responsabilités », en se plaçant sur l’épaule droite d’Antonella Palmisano, la chouchoute du public massé autour du stade olympique, dès les premiers hectomètres. Et lorsque l’Italienne s’est détachée au dixième kilomètre, les cinq autres occupantes du groupe de tête ont tourné la tête vers la Vosgienne, pour prendre la température. Rejointe à ce moment-là par Camille Moutard, qui pointait jusqu’alors à dix secondes en compagnie de Pauline Stey, Beretta a « pris un coup au moral » au 13e kilomètre, lorsqu’est tombé un deuxième carton rouge à côté de son numéro sur le grand tableau des pénalités. Prenant soin de se mettre au fond du paquet pour se préserver, elle a senti « monter une grande fatigue », et a finalement lâché seconde par seconde pour terminer à la septième place, en 1h29’37’’.

Qu’à cela ne tienne, Camille Moutard était toujours là pour reprendre le flambeau. Admirable de régularité et de gestion, la Bourguignonne a subi un peu lors de l’écrémage finale dans les deux dernières bornes, mais a réussi un bon finish pour s’offrir une cinquième place, et les minima olympiques, en 1h28’55’’. « C’est fou ! Je venais surtout pour les minima, sans penser particulièrement au classement », remettait-elle, encore toute abasourdie par ce qui venait de lui tomber dessus. « Jouer dans le groupe de tête, ça met des frissons. En rentrant sur le stade, je me suis rendu compte que l’Espagnole avec son drapeau n’était que cinquante mètres devant moi, c’est là que j’ai compris que le podium n’était pas si loin, même si je n’avais plus du tout les jambes pour aller le chercher à ce moment-là ! »

Dans la zone d’arrivée, Moutard n’a pas manqué d’aller étreindre sa « vieille » camarade Pauline Stey, avec qui elles s’étaient promis d’aller aux Jeux ensemble. Dans le dur physiquement dès le deuxième tiers de l’épreuve, l’Alsacienne s’est fait violence pour tenter de suivre. « J’ai perdu en lucidité assez rapidement, j’étais perdu dans les tours et j’ai manqué un ravito », se souvenait-elle. Elle a toutefois tenu à aller au bout des choses, « ne serait-ce que pour ma famille qui était là, et pour profiter de l’arrivée dans le stade ». Un plaisir rare, agrémenté d’une huitième place tout à fait honorable, en 1h29’54’’.

Les promesses

Meniker et Matéo voient plus loin

Si son dernier saut à 1,92 m ne comptait que pour « du beurre », la qualification pour la finale étant déjà acquise à ce moment-là, Nawal Meniker a mis un point d’honneur à s’acquitter de la tâche. « Je voulais absolument franchir la barre de qualification, il me la fallait », racontait la Montreuilloise installée au Texas, « très, très contente ». Consciencieuse, l’élève de Mickaël Hanany a « appliqué le travail mis en place par le coach tout au long de la saison », pour s’offrir une deuxième finale internationale de rang, après celle acquise aux Mondiaux de Budapest l’an passé. Le moral à bloc et l’appétit gonflé, elle tentera de franchir encore un palier dimanche soir, dans un « concours qui sera très ouvert ».

Pablo Matéo ne s’est pas manqué lors des séries du 100 m, malgré un ischio en délicatesse. « Je ne peux pas en mettre autant que je voudrais, je dois gérer pour ne pas laisser mes jambes s’emballer », imageait le sociétaire du Lisses AC à sa sortie de piste, qui n’était de toute façon pas très inquiet quant à ses capacités. « Je suis sûr de moi, et je savais que j’allais gagner, quels que soient les chronos des autres engagés dans ma série. » La prochaine étape sera sans doute une autre paire de manche, mais il a désormais les bons repères pour s’en sortir.

Le chiffre

Le quatre à la suite de Lazraq-Khlass

Quatre épreuves, quatre records, qui dit mieux ? Auriana Lazraq-Khlass était inarrêtable sur la piste ce vendredi, et a bouclé la première journée de l’heptathlon avec 3915 points, ce qui la place à la troisième place provisoire, avec plus de 140 unités d’avance sur la quatrième, et seulement 40 de débours sur Nafissatou Thiam. Parce qu’on « s’habitue vite à la gagne », celle qui avait remporté le poids avec 15,27 m (plus d’un mètre de gagné) regrettait à demi-mot de ne pas avoir triomphé également sur le 200 m, achevé en 23’’56 contre 23’’53 à l’Allemande Sophie Weissenberg. Ou de n’avoir qu’égalé « seulement » sa marque à 1,77 m en hauteur, pour la troisième fois, alors qu’1,80 m lui tendait les bras. Pas de quoi amoindrir pour autant son sourire grand comme un stade olympique. « Quelle journée ! J’ai dû aller marcher un peu pour me remettre de mon concours de poids… ça veut dire que j’ai bien travaillé avec mon coach ! », savourait-elle. Si les trois dernières épreuves suivent la même courbe, la Lorraine n’a pas fini de pétiller et de crier sa joie dans la capitale italienne.

Le coup dur

Le 4x400 m mixte disqualifié

Cinquième à l’arrivée de la course, après une nouvelle prestation probante de Louise Maraval dans le dernier segment, le collectif français a finalement été mis hors course pour une transmission trop tardive entre Wilfried Happio et Sounkamba Sylla en début de parcours. « Nous avons été placés plus tard que d’habitude par les juges, et on m’a ensuite demandé de bouger après que je me suis mise en place », regrettait Sounkamba Sylla devant les journalistes. Louise Maraval, de son côté, préférait positiver et retenir le « chrono tout à fait convenable, à moins d’une seconde du record de France », avant qu’il ne soit effacé par le jury. « On s’est tous donnés pleinement, et peu importe l’équipe qu’on aligne, on est très compétitifs », ajoutait Wilfried Happio.

Et aussi

Sarah Madeleine dans le top 8

Contrat plus que rempli pour la fondeuse de l’Entente Franconville Cesame Val d’Oise. Venue à Rome pour être finaliste, elle a atteint son objectif en coupant ligne d’arrivée en huitième position, dans le temps de 15’02’’56. Soit un record personnel explosé de plus de seize secondes, qui lui permet de devenir la quatrième meilleure performeuse française de tous les temps. « Je ne pouvais pas rêver mieux aujourd’hui, ça n’est que du bonheur, savourait-elle quelques minutes après la course, remportée par l’Italienne Nadia Battocletti (14’35’’29, record des championnats). Devant, c’était juste plus fort que moi. Je n’ai pas du tout regardé le chrono. Je me suis mis en mode championnat. L’objectif était un top 8, ce qui était déjà ambitieux, et c’est chose faite. »

L’élève de Bastien Perraux dans la banlieue lyonnaise, étudiante à l’INSA, une école d’ingénieurs, a fait parler sa science de la course dans la nuit romaine. « J’ai temporisé quand ça allait un peu vite pour moi, pour pouvoir en remettre à la fin et aller chercher cette place de finaliste. » La barrière des quinze minutes lui tend désormais les bras, en attendant encore mieux.

Moins de réussite pour Solène Gicquel, qui a coincé en qualifications de la hauteur à 1,89 m et a dû se contenter d’une meilleure performance à 1,85 m. Enfin, Meba-Mickael Zézé, sans doute trop pressé d’en découdre, a commis un faux-départ en séries du 100 m et a été disqualifié. Il aura une revanche à prendre avec le 4x100 m, prétendant au podium.

A Rome, Etienne Nappey pour athle.fr
Photos : P. Millereau - JM Hervio / KMSP / FFA

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