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Matinée faste pour les Bleus

Dix des onze Français engagés au premier tour de leur épreuve samedi matin ont obtenu le droit de revenir tenter leur chance à l’étage supérieur. Les steepleurs Daru, Bedrani et Miellet sont en finale, tout comme les perchistes Chapelle et Dehaynain, ainsi que les lanceurs de marteau Chaussinand et Bigot.

Les qualifiés

Les demi-fondeurs à l’aise

Premiers en action ce samedi matin, les steepleurs ont pu profiter des rivières pour lutter contre la chaleur qui règne sur la Ville éternelle depuis quelques jours. Ils n’ont pas traîné pour autant, puisque les trois Tricolores ont rallié la finale sans trembler. Djilali Bedrani a joué les éclaireurs lors de la première série, qu’il a remportée en 8’33’’63 après un dernier kilomètre bien plus rapide que les deux précédents. Le Toulousain appréciait d’avoir livré là « la série la plus aboutie de [sa] carrière, avec celle de Doha en 2019 », tout en préservant du jus pour la grande explication à venir. Nicolas-Marie Daru, troisième en 8’34’’03, l’a imité en profitant de « la grande expérience de Djilali qui [lui] a rendu les choses très faciles : il suffisait de [se] calquer sur son schéma de course ». Alexis Miellet a complété le tableau quelques minutes plus tard, en se sortant sans frémir d’une course bien plus rapide, dont il s’est classé troisième en 8’22’’19. « C’est quand même rapide, soufflait-il. Avec la chaleur qui a commencé à taper sur le système lors des deux derniers tours, c’était dur, mais je sentais quand même que j’avais les moyens de sprinter s’il le fallait. » Toujours aussi bluffant de maitrise et de contrôle sur une épreuve qu’il n’a débuté que cette saison, l’expérimenté Dijonnais a bien compris que pour jouer le podium lundi soir, « la récupération sera la clef »

Les spécialistes du marteau au métier

100 % de réussite également pour les lanceurs de marteau tricolores. Yann Chaussinand, longtemps en délicatesse sous le maillot de de l’équipe de France, a montré dès son premier essai qu’il avait passé un cap non seulement en meetings, mais aussi chez les Bleus. En expédiant son engin dès le premier essai à 76,84 m (4e), à 16 centimètres de la performance demandée pour rallier directement la finale, le plus dur était fait. « Je savais que ça suffirait pour passer en finale, confiait-il après son concours, alors que les athlètes du groupe B n’étaient pas encore entrés dans l’aire de lancers. C’est une très bonne performance pour des qualifs. Ça fait du bien d’être serein et de ne pas avoir à attendre la fin du deuxième groupe pour savoir si on va passer ou se faire sortir. » S’il a envoyé son marteau dans la cage lors de ses deux essais suivants, il a tout de même fait le plein de confiance avant la finale. « L’objectif sera d’aller chercher une médaille et de me confronter aux meilleurs, en prenant du plaisir. »

Quentin Bigot, lui, serait déjà heureux de terminer dans le top 8 dimanche soir. Le finaliste olympique et mondial fait cette saison avec les moyens du bord, en étant encore loin de son niveau d’avant-blessure et convalescence. Sa qualification en finale, grâce à un dernier jet à 75,29 m (9e), était donc déjà une petite victoire. « Je savais que ça serait compliqué, soufflait-il devant la presse, sourire aux lèvres. Il fallait que je sois à mon meilleur niveau, vu mes performances cette année. J’ai réussi à me servir de ma bouteille et de ma roublardise. J’ai pu construire mes qualifs en faisant à chaque jet un peu mieux qu’au précédent et en restant costaud dans ma tête jusqu’au bout. » En finale, fort de son expérience du haut de ses 31 ans, le Messin ne s’interdira rien : « Ça ne sera que du plaisir et du fun. Si les perfs s’enflamment, pourquoi ne pas être dans le ‘’game’’ moi aussi et aller chercher des minima olympiques ? »

Des chronos prometteurs sur 400 m

Le chemin vers la finale pour les coureurs de 400 m est encore long. Mais David Sombé, Téo Andant et Amandine Brossier ont fait un premier pas vers ce graal ce samedi matin, à l’occasion de séries disputées sous le cagnard. En plus de se qualifier pour les demies, auquel participera également Gilles Biron, exempté de premier tour, ils ont réalisé des chronos de belle facture et ont largement terminé dans le top 14 sur l’ensemble des courses, ce qui permettait de passer au tour suivant. Leurs chronos respectifs : 45’’45, 45’’65 et 51’’30. Il faudra encore grappiller quelques dixièmes pour aller chercher une place dans le top 8, mais tous les voyants sont au vert.

Deux sur trois pour les perchistes

En fin de programme, Ninon Chapelle et Alix Dehaynain sont venues ajouter leur nom à la liste des satisfactions du jour, en franchissant toutes les deux 4,50 m lors des qualifs de la perche. La Francilienne y voyait « une belle surprise », après avoir passé du temps à soigner une blessure lors des deux derniers mois. « Je suis venue à Rome sans grande conviction, je me suis laissée porter par le championnat, et ça s’est avéré payant. Ça fait du bien à la tête et ça débloque plein de choses », expliquait-elle à sa descente du tapis. Sa camarade nordiste estimait avoir eu « un peu de chance » sur son saut décisif à 4,50 m, mais a assuré l’essentiel, pour son premier grand championnat senior. Hermétique à la pression, elle s’est « donnée à fond, parce que je savais que je devais faire mon meilleur concours. La barre de qualif directe (4,55 m) était deux centimètres au-dessus de mon record, donc je n’avais pas de marge. » Elle aura désormais une occasion en or d’améliorer sa marque de référence, avec autour d’elles toutes les meilleures spécialistes du continent.

L’éliminée

Bonnin sans repères

Débarrassée des pépins physiques, Marie-Julie Bonnin se consolera de ne pas avoir franchi 4,50 m à son deuxième essai, sa tentative la plus encourageante, en retenant que « la forme est bonne ». Mais il a manqué à la Bordelaise un peu de vécu avec des perches « plus grosses que d’habitude. Je les découvre en compétition, et ce n’est pas le moment pour ça… J’ai besoin de plus de travail technique à l’entraînement », glissait-elle, lucide.

Et aussi

Lazraq-Khlass va devoir cravacher

Pour la première fois de la semaine, Auriana Lazraq-Khlass n’a pas battu son record, lors de l’épreuve de longueur. Avec 6,35 m (-0,5) au deuxième essai, elle s’en est toutefois approchée à trois centimètres, surfant sur son excellente dynamique de la veille. Au classement provisoire, la Messine pointe toujours au troisième rang, avec désormais 4874 points, mais elle a vu revenir dans son rétroviseur Anna Kälin. La Suissesse a bondi à 6,84 m, soit un nouveau record des championnats, et n’a plus que 32 unités de retard sur la Française. Surtout, son record au javelot est cinq mètres plus lointain que celui d’Auriana. Mais comme en ce moment, les records de la championne de France valsent allègrement, il ne faut plus jurer de rien, avant cette dernière ligne droite passionnante.

A Rome, F. Gaudin-Winer et E. Nappey pour athle.fr
Photos : P. Millereau - JM Hervio / KMSP / FFA

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