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Les lanceurs et combinards engagés

Présentation des athlètes français à suivre lors du rendez-vous continental, organisé dans la capitale italienne du 7 au 12 juin. Quatrième volet avec les lanceurs et spécialistes des épreuves combinées.

Disque

Respectivement douzième et quatorzième des engagées, Mélina Robert-Michon et Amanda Ngandu-Ntumba partageront le même coach (Loïc Fournet) à Rome, mais pas forcément les mêmes ambitions. L’aînée, qui a lancé à 63,26 m cette saison, n’est jamais aussi solide que lors des grands championnats, et son immense expérience en fait une candidate crédible à un podium. La compétition sera la 70e de « MRM » sous le maillot bleu, qui établira lors des qualifications un nouveau record en la matière dans l’Hexagone. La plus jeune, qui a porté son record à 62,03 m à Salon-de-Provence au mois d’avril, voudra avant tout se faire une place au soleil et en finale, ce qui requiert qu’elle soit à son meilleur niveau dès le premier tour.
Dans le viseur de ces deux-là figurent également les minima pour les Jeux olympiques de Paris, fixés à 64,50 m. L’Allemande Marike Steinacker est la meilleure performeuse européenne de la saison avec 67,31 m, mais la favorite naturelle est à chercher du côté de la Croate Sandra Elkasevic (ex-Perkovic), qui chassera dans la capitale italienne un septième titre de rang (le premier date de 2010 !).

Pour la première fois depuis plus d’un quart de siècle (1998), il y aura deux discoboles masculins engagés aux championnats d’Europe : Tom Reux et Lolassonn Djouhan. Le Breton a explosé son record de plus de six mètres lors du meeting de Fort-de-France, en lançant à 67,91 m. Il lui faut désormais confirmer cet exploit, pour assoir son nouveau statut. S’il y parvient, alors la finale, voire beaucoup mieux, lui tend les bras. Djouhan, pour sa part, a signé un très bon début de saison, avec une vraie régularité au-delà des 62 m (déjà 6 concours), et une performance de pointe à 66,33 m. Il ne lui manque qu’un petit mètre pour les minima olympiques (67,20 m), dont Reux s’est acquitté. Pour lui aussi, une place parmi les douze meilleurs est envisageable s’il est à son meilleur niveau lors des qualifications. Le recordman du monde lituanien Mykolas Alekna fait figure d’épouvantail dans cette épreuve.

Marteau

Dans une spécialité qui se cherche une patronne, la taulière polonaise Anita Wlodarczyk n’ayant pas dépassé 72,09 m à ce jour, Rose Loga et Alexandra Tavernier ont un coup à jouer. La première a renoué avec la progression de son record, porté à 72,01 m au mois de janvier, et a déjà lancé à plus de 70 m lors de six concours cette année. Onzième performeuse des engagées, elle peut sereinement viser une première finale en grand championnat, deux ans après ses débuts lors des Europe de Munich. La recordwoman de France, qui est à la recherche de son meilleur niveau depuis l’an passé, a lancé à 70,30 m lors des Interclubs à Aix-les-Bains le 12 mai. Si elle parvient à hisser le curseur un cran plus haut, alors la finale est parfaitement envisageable pour elle, voire mieux. Pour toutes les deux, un jet au-delà des 74 m les rapprocheraient grandement des Jeux olympiques, et probablement du podium européen. La Moldave Zalina Marghieva est actuellement en tête des tablettes avec 75,95 m.

Avec ses 79,88 m à Nancy, Yann Chaussinand est entré dans une nouvelle dimension : celle des médaillables en grand championnat. Deuxième des bilans derrière l’Ukrainien Mykhailo Khokan (80,76 m cette année), le Clermontois est débarrassé du poids des minima olympiques, et s’est montré régulier cette année. Il lui faudra toutefois se montrer sous son meilleur jour, car le nombre d’adversaires redoutables est grand, à commencer par les Polonais Wojciech Nowicki et Pawel Fajdek. De retour à la compétition après une année 2023 blanche en raison d’une opération d’une hernie discale, Quentin Bigot n’a lancé que quatre fois cette saison, pour une meilleure performance à 75,42 m. S’il retrouve le bon tempo à temps, le Messin sera à coup sûr à la lutte avec les meilleurs lanceurs du continent, comme il l’était de 2017 à 2022.

Javelot

Teura’itera’i Tupaia a frappé fort, très fort, lors du meeting de Fontainebleau, début mai, en pulvérisant le record de France de Pascal Lefevre, avec 86,11 m. Voilà le Tahitien de l’Entente Haute Alsace à la quatrième place des bilans européens, menés par l’espoir allemand Max Dehning (90,20 m). L’esprit léger, puisqu’il s’est acquitté des minima pour les Jeux olympiques de Paris, Tupaia (24 ans) va pouvoir se concentrer pleinement sur son objectif de régularité, afin d’obtenir le résultat correspondant à son niveau de performance du printemps. Il faudra se montrer pleinement concentré pour ne pas tomber dans le piège des qualifications, pour son premier grand championnat chez les seniors.

Heptathlon

La révélation des championnats du monde de Budapest, Auriana Lazraq-Khlass, est de retour, avec une nouvelle marque de référence : 6209 points, obtenue lors des championnats de France à Oyonnax. Un total qui la place à la quatrième place des engagées, mais bon nombre de ses concurrentes n’ont pas encore terminé un heptathlon cette année, à l’image de la championne du monde en titre Katarina Johnson-Thompson, et de la double championne olympique Nafissatou Thiam, qui fera le déplacement dans le but d’y obtenir sa qualification pour Paris en août. Pour la Messine, l’objectif sera donc d’obtenir la meilleure place possible, en améliorant ses différents records. Le billet direct pour les Jeux olympiques se négocie à 6480 points, mais une bonne place la situerait idéalement au ranking.

Décathlon

Le double champion du monde Kevin Mayer a reçu une invitation de la part de la fédération européenne, soucieuse de lui donner une occasion de réaliser les minima olympiques, qui lui ont apporté quelques tracas ces derniers mois. Le recordman du monde pourrait aussi en profiter pour prendre sa revanche sur une compétition qu’il n’a jamais remportée, et qui lui a rarement souri depuis sa médaille d’argent en 2014 à Zurich. La question sera de savoir quel niveau de préparation le Montpelliérain a pu atteindre. Mais il serait étonnant, connaissant son esprit de compétiteur et ses qualités naturelles, qu’il ne soit pas à la lutte pour la médaille d’or. Les bilans continentaux sont actuellement dominés par l’Estonien Johannes Erm (8462 points), mais le tenant du titre allemand Nicklas Kaul n’a pas encore terminé, lui non plus, de décathlon en 2024.

Makenson Gletty, qui s’est approché tout près des minima olympiques (8443 points contre 8460 requis) l’an passé à Talence, est également dans le même cas. Le Niçois voudra confirmer ses progrès constatés depuis vingt-quatre mois, et renouer avec les places d’honneur, après une cinquième place en salle cet hiver à Glasgow. Un troisième Bleu est engagé, en la personne de Téo Bastien. Le Réunionnais de 21 ans a remporté les championnats de France de la spécialité avec 7906 points et gagné le droit de découvrir les joies d’une première sélection en seniors. Une belle occasion de prendre de l’expérience et de casser pour la première fois la barre des 8000 points.

Etienne Nappey pour athle.fr

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