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Championnats de France de marathon : Tahri, roi de France et du contre-pied
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Championnats de France de marathon : Tahri, roi de France et du contre-pied

Il avait annoncé qu’il ne terminerait sans doute pas la course. Il est allé au bout, a remporté à domicile le titre de champion de France de marathon, avant d’annoncer qu’il ne reviendrait plus sur la distance, préférant renouer avec la piste. Bob Tahri a été le grand animateur des France de marathon à Metz, devançant Alban Chorin (US Laval) et Julien Moreau (Endurance 72). Chez les femmes, Elodie Navarro (Endurance 72) remporte son premier titre, devant Amélie Kersale (Coureurs du Monde en Isère) et Olivia Hartweg (ASPTT Strasbourg), première vétéran.

Il a, longuement, profité des derniers mètres, salué son public, scandé et étalé sa joie alors que les deux premiers de la course open se disputaient la victoire au cassé. Bouabdellah Tahri est devenu champion de France du marathon chez lui, à Metz, ce 12 octobre 2014, donnant un éclat inattendu à une épreuve dont, avait-il laissé entendre, il ne devait pas voir la fin, tout au mieux le 30e kilomètre… Mais ce fut plus fort que lui : après avoir effectué toute la saison entre 5000 et 10 000 m sur la piste, il ne pouvait refuser un titre national qui lui tendait les bras, ici, dans sa ville natale. Et il ne pouvait sans doute pas trouver plus belle façon de clore le chapitre marathon de sa carrière. Car le champion avait plus d’un contre-pied dans son sac ce dimanche. A peine la ligne franchie (en 2h16’28, vingt secondes après les vainqueurs, l’Ethiopien Aredo Tadesse et le Kenyan Marc Tanui), il l’assurait, le souffle court : « Gagner ici est une joie énorme. Je ne m’étais pas préparé pour cette distance, mais ce sera le dernier marathon de ma carrière. Je passe à autre chose. » Pour glisser vers une fin de carrière, alors que ses jambes le portent comme aux plus beaux jours ? Pensez-donc… « Disons que je vais revenir à des choses que je sais faire. » Pour Bob, l’avenir est un retour aux sources. On devrait le revoir, très bientôt, sur la piste…

L’effervescence qui régnait alors autour du sociétaire de l’Athlé Metz Métropole tranchait singulièrement avec l’ambiance qui prévalait quelques heures plus tôt place de la République, arrivée de l’unique boucle de 42,195 km. La veille, les fêtards du samedi soir se demandaient quelle était cette drôle de peinture bleue qui leur collait aux basques en passant d’un bar à l’autre, en plein centre ville. Quelques heures plus tard, le décor avait radicalement changé. Une brume humide avait remplacé la nuit, et une drôle de foule en migration, ponchos en plastique sur le dos, avait pris possession des lieux. Mais la ligne bleue était toujours là, tracé idéal, à serpenter sur les pavés messins entre la cathédrale et le charme des petites rues que les athlètes s’apprêtaient à arpenter. 6500 coureurs pour la journée, relais, course enfants et 7 km compris. Et près de 2000 pour le seul marathon, dont 220 prétendants aux honneurs du championnat de France. Dix bornes dans les rues tourmentées de la vieille ville, avant une virée dans la campagne lorraine. 9h00, il est l’heure.

D’emblée, deux courses se dessinent : l’Afrique de l’Est plus Bob Tahri, et les autres. En tête dès les premières foulées, les Kényans Marc Tanui (vainqueur des éditions 2012 et 2013 de la course) et Nelson Kiprop, l’Ethiopien Aredo Tadese (tous autour des 2h10) et le Français mènent bon train. 15’22 au 5e km, 30’50 au 10 avant de ralentir nettement le rythme en quittant les murs de la cité messine. 46’50 au 15e : les petites routes de la campagne lorraine, avec leurs faux plats suivies de descentes raides, s’avéraient plus corsées que prévu. Le rythme ralentissait encore. Résultat : 1h07’36 au semi, sur les bases de 2h15. Tahri était toujours là, à l’aise, calé dans la foulée des trois hommes de tête - pardon deux, puisque Kiprop lâchait prise après 1h20 de course. Bob, donc, toujours là, lui qu’on imaginait voir arrêter à la mi-course, comme il l’avait annoncé. Mais deux jours avant la course, l’idée lui était venue. « J’avais juste fait deux ou trois sorties longues pour voir ce que ça donnait, mais je me suis dit que si ça n’allait pas trop vite, il fallait que je reste relâché, et que ça pouvait passer. Gagner un titre chez soi, il faut le vivre, le faire… Le fait que ça ralentisse après les dix premiers kilomètres m’a aidé. » Toujours là, toujours en course pour l’or. Le 2e Français, Alban Chorin, champion de France 2011 et vice-champion 2012, passait à mi-parcours en un peu plus d’1h09, sur les bases de son meilleur chrono. Le peloton de ses poursuivants déboulait une poignée de secondes plus tard : Julien Moreau et Sébastien Charnay, 3e l’an passé à Toulouse, étaient pointés en 1h09’46, juste devant le premier vétéran, Hamid Belhaj et le premier V2, Mohammed El Yamani, en 1h13’54. Moins de dix minutes plus tard, la première féminine, Elodie Navarro, partie sur les bases de 2h42, passait à son tour à mi-course, loin devant ses suivantes.

Passage au 30e. Inutile de se le cacher : Tahri était bien là pour aller au bout, pour devenir champion de France, mais aussi, désormais, pour remporter l’épreuve. Le voilà même qui durcissait le rythme à l’orée du 35e. Les Africains s’accrochaient, relançaient, même. Le soleil s’invitait à la fête, inondant le village d’arrivée où se massaient de plus en plus nombreux les spectateurs incrédules. « Mais il avait pas dit qu’il ne terminerait pas ? Il va gagner, en fait !! » Pas sûr. Bob le Lorrain prenait cinq ou six mètres de retard à quatre kilomètres de l’arrivée. Pas énorme, mais souvent rédhibitoire à cet instant de la course. Mais comme on n’en était plus à un paradoxe près, le voilà qui recollait aux deux premiers à 1500 m de la ligne. Mais un dernier virage moins bien négocié le voyait lâcher à nouveau deux ou trois longueurs. Qu’importe. « Le chrono, le classement scratch, tout ça, ça n’avait aucune importance, lâchait-il quelques secondes plus tard. Je voulais gagner ici, c’est fait. C’est une immense fierté, une immense joie qu’on ne pourra pas me retirer. »

Quatre minutes plus tard, ses dauphins comprenaient ce qu’ils avaient déjà pressenti aux réactions de la foule sur le parcours : ils ne s’étaient disputé que les accessits, pas le titre. Alban Chorin (2h20’37) était récompensé d’une course passée à mener le peloton des poursuivants, Julien Moreau (3e, 2h21’29) ayant fini par céder sous ses assauts répétés, tout comme Sébastien Charnay (4e, 2h22’51). Côté vétérans, Samir Baala (2h26’57) avait rattrapé un retard de près d’1’30 à mi-course sur Belhaj (2e en 2h27’31, juste devant Benoît Dunet, 3e en 2h27’45) pour s’imposer.

Côté femmes ? Elodie Navarro avait sagement poursuivi sa route solitaire vers son premier titre de championne de France, elle qui n’a commencé l’athlé qu’en 2008 après avoir longtemps fréquenté les bassins. 2h43’56, record perso mais moins bien que ce que lui laissait espérer son entraînement - à revoir sur un marathon plus roulant. Amélie Kersale (2h52’02) complétait le podium des France avec Olivia Hartweg (2h57’28), première vétéran femme qui chipait le bronze à Anaïs Quéméner, 3e sénior mais 4e féminine. Entre deux Marseillaises, Philippe Rémond, en charge du plan marathon à la DTN avec Jean-François Pontier, balançait entre le plaisir de voir gagner Tahri et le regret que ces France, placés six semaines après les championnats d’Europe, n’aient pu réunir tous les meilleurs Français. « Voir Bob gagner, j’en suis très content. Cela crédibilise le marathon qu’un champion de son acabit l’emporte. Chez les filles, Elodie Navarro bat son record, et si elle n’a pas pour l’heure le niveau d’un marathon international, elle peut encore progresser. » Si le Marathon Metz Mirabelle a prouvé qu’une épreuve à taille humaine pouvait accueillir un tel championnat dans un bel esprit de fête, et sans fausse note, la quête de performances des meilleurs coureurs exige sans doute une plus grosse densité de niveau international. « On voit que c’est vraiment compliqué de valoriser ces championnats de France, d’autant plus cette année après des championnats d’Europe. Il faut sans doute imaginer placer ces championnats sur une grosse épreuve internationale à l’avenir », se projetait Philippe Rémond. Bob Tahri, lui, était loin de ces considérations. Il pouvait se contenter du bonheur sans tâche d’avoir cueilli un moment de plénitude pas forcément planifié en début de saison, d’être désormais un athlète champion de France du 1500 m au marathon. Un nouvel avenir lui appartient.

A Metz, Cyril Pocréaux pour athle.fr

Tous les résultats en cliquant ici

Ils ont dit :

Bouabdellah Tahri (Athlétisme Metz Métropole), champion de France en 2h16’28 :
« Gagner ici est une joie énorme. Je ne m’étais pas préparé pour cette distance, mais je voulais rester avec le groupe de tête et relâché le plus longtemps possible. Mais ce sera le dernier marathon de ma carrière. Je passe à autre chose, je vais revenir à des choses que je sais faire. J’avais juste fait deux ou trois sorties longues pour voir ce que ça donnait, mais je me suis dit il y a deux jours que si ça n’allait pas trop vite, il fallait que je reste relâché, et que ça pouvait passer. Au 25e, j’ai compris que j’irais au bout. Niveau cardiaque, j’étais super bien, mais les chocs au sol m’ont fait mal. Gagner un titre chez soi, il faut le faire. Beaucoup en parlent, mais peu en ont l’occasion. Et un marathon, il faut le courir. C’est une aventure. Le fait que ça ralentisse après les dix premiers kilomètres m’a aidé. Le chrono ou le classement scratch n’avaient aucune importance. Je voulais gagner ici, c’est fait. C’était important pour moi et pour beaucoup de monde ici. C’est une immense fierté qu’on ne pourra pas me retirer. »

Alban Chorin (US Laval), vice-champion de France en 2h20’37 :
« J’ai fait le trou au 38e, et il me fallait ensuite tenir. J’ai fait le rythme presque toute la course, et je voulais lâcher Julien avant la fin car je sais qu’il est fort au sprint. C’est bien que Bob ait été là pour la renommée du championnat de France. Deuxième derrière lui, c’est très bien. Je n’ai aucun regret. Je ne savais pas qu’il avait continué, mais je savais que le titre allait se jouer en fonction de sa course. Je suis très content de ma place même si le temps n’est pas très bon, mais le parcours n’était pas très facile, avec beaucoup de relances usantes et difficiles musculairement. Dans un an les France ont lieu à Rennes, où j’habite, et j’espère bien me préparer pour. »

Julien Moreau (Endurance 72), 3e en 2h21’29 :
« On s’était mis d’accord au départ, ensemble, car on voulait faire moins de 2h20. Mais ça a coincé sur la deuxième partie. C’était d’ailleurs plus dans la tête que physique. J’ai baissé les bras quand j’ai compris que le titre n’était plus accessible. Mais Alban était costaud aujourd’hui, il a bien emmené toute la course. Mais le parcours n’était pas si facile que ça. »

Samir Baala (Saint-Louis RC), champion de France vétéran en 2h26’57 :
« Je suis revenu sur les premiers vétérans au 37e. J’étais parti prudemment, mais pas trop non plus, car je savais que ça allait coincer devant. Mais je n’étais moi-même pas en grande forme… Je visais quand même un podium chez les seniors, mais je suis vraiment content, pour mon 14e marathon. »

Elodie Navarro (Endurance 72), championne de France en 2h43’56 :
« Je suis sur mes allures, même si je visais 2h42. Mais je savais que le parcours était difficile, pas très roulant et avec de grosses  descentes qui tapaient, et je n’ai pas voulu m’emballer, prendre de risques. C’était d’abord un championnat… Ça manquait un peu de densité devant moi même si deux ou trois gars m’emmenaient. Je voulais juste faire ma course et assurer le titre. J’ai eu un point de côté très tôt car je me suis énervée sur les ravitaillements. Je courrai normalement les France de semi dans quinze jours pour aider les copines du club car on vise un podium. »

Amélie Kersale (Coureurs du Monde en Isère), vice-championne de France en 2h52’02 :
« Ce fut assez difficile, le temps était idéal mais le parcours dur. Et j’ai eu un point de côté à partir du 25e. Ce ne fut pas évident, mais avec 2h52, je suis assez contente, même si l’objectif était de faire 2h50. La place, c’était juste du bonus. »

Olivia Hartweg (ASPTT Strasbourg), médaille de bronze et première vétéran femme en 2h57’28 :
« Je suis contente. L’objectif était un podium en V1, après avoir fait 3e puis 2e les années précédentes. Et finalement, voilà… Je savais que si je faisais 2h57 - 58 c’était jouable. J’étais bien, j’ai repris du monde toute la course. Je m’entraîne aussi avec un super groupe. »

 

PG
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