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Dans l’œil du coach : Pierre-Jean Vazel à l’Athlétisme Metz Métropole
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Dans l’œil du coach : Pierre-Jean Vazel à l’Athlétisme Metz Métropole

Pistard, routard, combinard, sauteur, lanceur, jeune, compétition, loisir, haut niveau, découverte, nature, ville. Autant de mots à combiner qui, au sein des près de deux mille clubs, font l’athlétisme en France. Parmi les rouages essentiels de chaque structure, l’entraîneur, quel que soit son profil, occupe une place à part. Athle.fr vous invite chaque mois à la rencontre de ces hommes et femmes de l’ombre. Rencontre avec Pierre-Jean Vazel, 38 ans, entraîneur à l’Athlétisme Metz Métropole.

« On m’a parfois regardé de haut en bas » dit-il en riant. En une petite phrase, Pierre-Jean Vazel raconte son histoire avec l’athlétisme qui, si elle dure depuis longtemps, portée par une passion profonde et une actualité de tous les instants, ne ressemble pas pour autant à un parcours rectiligne. Une trajectoire qui a emmené ce passionné de dessin, de statistiques et d’histoire de l’athlétisme, vers le sprint puis les lancers.

Athle.fr : Votre définition de l'entraîneur ?
Ce qui le définit, c’est sa relation à l’athlète. On fait tous à peu près la même chose, mais différemment car on entraîne comme on est, avec notre histoire, notre personnalité, notre sensibilité, nos qualités et défauts. L’important, à mes yeux, en dehors du bagage théorique et technique, c’est de prendre conscience de l’immense responsabilité que nous avons à partir du moment où l’on est entraîneur, c’est-à-dire quand la relation aux athlètes existe. Ils nous confient leur projet sportif. Pour quelques-uns, ça veut dire leur vie, pour la plupart, ce sont quelques heures de divertissement par semaine. Il faut adapter son niveau d’exigence à la demande, c’est une petite gymnastique à répéter. Pendant huit ans à l’ES Montgeron, je préparais des athlètes pour les championnats du monde et, en même temps, je m’occupais des éveils, poussins, benjamins et minimes pour des épreuves locales. Toujours en respectant l’intégrité des athlètes dans un esprit de confiance mutuelle. Avec Quentin Bigot, sur le plan humain, ça a « matché » tout de suite. On ne peut pas dire que je sois un spécialiste des lancers, mais je me suis dit que j’allais apprendre avec lui et ça m’a plu. C’est un très gros bosseur et on travaille ensemble. Il se connaît très bien et moi je lui apporte un « œil neuf » ou un « œil sauvage », comme disait André Breton.

Entraîneur à Athlétisme Metz Métropole, c'est plus dur qu'ailleurs ?
J’ai en quelque sorte la mission de contribuer à rendre la tâche plus facile aux entraîneurs de l’A2M. Grâce aux dirigeants du club, je suis salarié, ce qui est rare en France, et je connais ma chance. En plus de l’entraînement de Quentin Bigot, et d’un groupe de sprinteurs et lanceurs autour de lui, j’ai en charge la coordination des entraîneurs. Je suis aussi membre de la Commission sportive pour le développement et je participe à la promotion du club. Notre atout est la situation géographique de Metz, à moins d’1h30 de Paris et en même temps proche du Luxembourg, de l’Allemagne et de la Belgique. On a l’Anneau, une salle superbe qui accueille le meeting indoor Athlélor, et on œuvre actuellement pour améliorer les installations de musculation. J’entame ma deuxième année à l’A2M et je m’y sens encore nouveau. Franchement, je suis bien dans ce club. J’ai envie d’améliorer les choses pour le bénéfice de tous, mais on est plutôt pas mal.

Ce qui vous énerve et vous plaît le plus dans votre fonction ?
Ce qui me dérange, ce sont les violences, les discriminations et le sexisme qui se produisent à tous les niveaux dans le sport. Le problème empire lorsque les médailles viennent cautionner les comportements de certains entraîneurs. On n’a pas à faire subir certaines paroles ou certains actes au nom du sacro-saint résultat. Je pense qu’il faudrait plus de femmes dans l’entraînement et la direction, cela permettrait certainement d’avoir une autre approche de l’entraînement féminin et, de fait, de produire naturellement de meilleurs résultats. En France, on donne des leçons d’humanisme à la planète, mais on est en retard sur ces questions. Le sport est le reflet de la société, mais il se doit aussi d’être un modèle qui la fait avancer. Collectivement, nous devrions nous interroger sur ces constats pour améliorer le quotidien de tous les acteurs du sport. Ce que j’aime, c’est la compétition, l’ambiance des grandes finales sur le terrain d’échauffement qui se vide, l’odeur de la piste qui a chauffé tout l’après-midi et la clameur du stade au loin.

Vous êtes un coach "connecté" ou un entraîneur à l'’’ancienne" ?
À l’ancienne ! Et pas seulement parce que je suis féru d’histoire du sport. Je suis très papier-crayon, très manuel, je revendique le côté artisan, humble du métier d’entraîneur. J’ai besoin de travailler très lentement, je ne fais littéralement que ça de mes journées, et l’informatique ne m’aide pas forcément à aller plus vite. Pour moi, rien ne remplace la matérialité des supports, je pense que ça vient de mes cinq années d’études aux Beaux-Arts. Le cerveau ne fonctionne pas pareil, on incorpore mieux ce qu’on fait à la main plutôt qu’à travers les écrans. Je dois tout de même reconnaître que transporter une clé usb ou son téléphone est plus pratique que des piles de cahiers. Donc je note aussi toutes les séances dans mon téléphone. Mais on me l’a volé cet été et j’ai perdu un an de notes qui sont quelque part dans un Cloud dont j’ignore le mot de passe. J’ai donc bien fait de les consigner sur un cahier (rires).

Votre plus beau souvenir ?
J’en ai avec chacun des athlètes que j’ai entraînés. Mais je pense surtout au premier d’entre eux, le Nigérian Olu (Olusoji) Fasuba, quand il a fait 9’’93 au 100 m, en série du meeting de Doha le 12 mai 2006. Il m’a fallu contenir mon état d’euphorie pour préparer la finale, courue en 9’’85, record d’Afrique toujours en cours. J’étais persuadé qu’avec le talent qu’il avait, s’il ne descendait pas sous cette barrière des 9’’90 durant sa carrière, c’était que l’entraînement n’était pas pour moi. Pour nous, il y a un avant et un après cette date. Il est très « chiffres », comme moi, et depuis, on se fête le 12 mai comme un anniversaire. Le dernier moment fort, ça a été lorsque j’ai regardé Quentin Bigot entrer en chambre d’appel aux Mondiaux de Londres en 2017, où il s’est classé quatrième. J’étais avec Gilles Dupray, le référent national des lancers, et j’ai vu en accéléré tout le chemin parcouru depuis sa suspension pour dopage, qu’il laissait cette sale période derrière lui et que s’ouvrait le début de sa carrière. J’en profite pour remercier Carole Fuchs et Chris Turner, qui m’ont permis de devenir journaliste correspondant pour l’IAAF à l’époque, et sans lesquels je n’aurais jamais commencé en 2004 à entraîner, ainsi qu’Anne Tournier-Lasserve de l’ES Montgeron, vice-présidente de la FFA, sans laquelle je n’aurais pas pu continuer.

Quelle est votre relation avec les athlètes ?
Au début, j’étais plus jeune qu’eux. Maintenant, c’est l’inverse et, à 38 ans, j’atteins l’âge où je pourrais être leur père pour certains d’entre eux. Néanmoins, j’espère que j’aurai toujours une relation horizontale et pas verticale, c’est-à-dire les accompagner plutôt que leur imposer, faire comprendre plutôt qu’apprendre, avec le respect de l’intégrité physique et psychique. Je serai probablement entraîneur toute ma vie, eux ne seront athlètes que quelques années, je veux qu’ils traversent cette période en devenant meilleurs et en gardant de bons souvenirs de leur jeunesse.

Avez-vous un modèle d'entraîneur, dans l’athlétisme ou dans un autre sport ?
Non. Avec mon parcours particulier, toujours étudiant en art et débutant le coaching avec un sprinter international à 23 ans, je ne pouvais m’identifier à personne. Cependant, j’ai entretenu des correspondances par e-mail avec des entraîneurs étrangers qui croyaient en moi et m’ont incité à réfléchir par moi-même et à considérer les athlètes avec bienveillance. Dan Pfaff (USA), Mike Hurst (Australie), Charlie Francis (Canada) m’ont beaucoup apporté sur le plan technique et relationnel, mais m’ont montré également les erreurs à ne pas reproduire. Il y a aussi des entraîneurs de clubs dont on entend jamais parler et qui font un bien meilleur coaching que des collègues reconnus à l’égo surdimensionné. Disons que je me suis surtout servi des mauvaises choses que je voyais autour de moi et que j’ai décidé de faire exactement l’inverse. En dehors de l’athlétisme, je suis avec intérêt ce que disent Patrick Mouratoglou (tennis), Claude Onesta (handball) ou Christian Gourcuff (football).

Trois mots pour définir votre groupe ?
Passion. Ouverture. Ensemble.

Propos recueillis par Renaud Goude pour athle.fr

 

RB
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