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Yohann Diniz : « C’est peut-être l’âge de la maturité… »
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Yohann Diniz : « C’est peut-être l’âge de la maturité… »

Yohann Diniz a fait coup triple, ou même quadruple, on ne sait plus bien, dimanche 19 mai, lors de la Coupe d’Europe de marche en Lituanie : la victoire en 3h37’’43 sur 50 km, le niveau de performance requis pour les Mondiaux de Doha et les Jeux de 2020, la meilleure performance mondiale de l’année, et une grosse dose de confiance, pour lui qui ne s’était plus aligné sur la distance depuis près de deux ans. Un nouveau Yohann Diniz ?

Athle.fr : Une rentrée en 3h37’43 et la victoire, on vous imagine satisfait…

Oui, satisfait de la manière. J’avais pas mal d’appréhension, finalement, car je n’avais pas fait de 50 km depuis les Mondiaux de Londres, il y a déjà plus d’un an et demi. Le jour de la course, j’ai senti monter un stress par rapport à l’effort qui allait venir, à l’événement… J’avais une boule au ventre, je voulais rester sur une dynamique positive sur cette distance, celle de ma victoire mondiale en 2017. Je ne voulais pas repartir avec des doutes et, finalement, je les ai tous levés.

Les conditions climatiques n’étaient pas simples…

J’ai réussi à bien les gérer, oui. Il faisait 19°C au départ, il y avait du soleil, du vent, et on a fini à 27°C. C’était les premières chaleurs et moi, à Reims, je ne suis pas habitué à la canicule, surtout cette année. Au départ, j’avais plusieurs options, comme celle d’aller chercher un gros chrono. A l’entraînement, en test, je fais des choses probantes sur 40 km, sur les bases de mon record du monde (ndlr : 3h32’33 en 2014), voire mieux. Mais j’ai changé mon fusil d’épaule pour gérer, jouer la gagne et aller chercher les minima pour les Mondiaux de Doha (ndlr : du 29 septembre au 6 octobre) et les Jeux Tokyo en 2020. Avant, quand je voulais faire un chrono, j’y allais à fond, bille en tête, quitte à aller dans le mur. J’aurais pu finir dans un état cent fois pire, et sans gagner la course. C’est peut-être une forme de maturité qui arrive, à l’âge de 41 ans… A ce rythme, je devrais être prêt pour les Jeux de 2036 (rires) ! Maintenant, je connais tous les tenants et aboutissants du 50 km. En tout cas, je me sens capable d’assurer moins de 3h40 dans n’importes quelles conditions.

Alors que la chaleur et l’humidité vous ont souvent causé des difficultés…

On oublie un peu vite que j’ai été vice-champion du monde à Osaka, en 2007, avec des grosses conditions, 35°C… A Pékin, l’année suivante, je revenais d’une mononucléose, j’étais à la rue, je n’aurais jamais dû les faire. Rio en 2016, pareil, ce n’était pas la chaleur mais un problème de santé. De toute façon, mes deux prochains 50 km seront en milieu hostiles : en pleine nuit à Doha aux Mondiaux, avec une bataille finale vers 2h30, 3h00 du matin, et dans une chaleur importante à Tokyo. On n’a pas le choix des lieux… Il va falloir s’acclimater au maximum.

Comment comptez-vous travailler ces aspects ?

A Reims, on a maintenant une chambre hyperthermique pour s’entraîner dans la chaleur. Cela m’a aidé en septembre, quand j’ai repris, à perdre du poids et à travailler le cardio. C’est super intéressant, même si ce n’est pas le type d’effort que tu peux mener pendant trois heures. Mais cela permet de s’adapter, et ça va faire partie de ma stratégie. J’ai commencé à en parler avec mon staff.

Les Mondiaux, puis les Jeux de 2020, ce seront donc vraiment vos derniers 50 km ?

Oui, vraiment. Avec les Jeux de Tokyo comme objectif principal. J’ai envie de conserver mon titre mondial, mais je serai attentif à mon intégrité physique en vue des Jeux. L’année dernière, sans championnats d’Europe à cause de mes blessures (ndlr : des fractures de fatigue), m’a fait du bien. Je me suis ressourcé, et reposé, aussi. Émotionnellement, je n’arrivais pas à me projeter sur les championnats d’Europe, que j’ai déjà gagnés trois fois.

Vous disiez maîtriser le 50 km, désormais. L’un de vos problèmes n’est-il pas d’être soit seul devant, soit de devoir piétiner derrière avec les autres concurrents ?

C’est exactement ça. Mes adversaires jouent la deuxième place et attendent une défaillance de ma part. Il faut travailler mentalement là-dessus. Parce que marcher tout seul devant… A Londres, j’ai eu une phase de doute au bout de vingt bornes seul, car je me disais qu’il en restait encore trente… C’est difficile. Mais maintenant, j’arrive à passer les coups de mou et les coups de barre sans encombre.

Rester dans le peloton pour attaquer plus tard, c’est encore une option ?

Le problème c’est que non seulement ce n’est pas mon tempérament, mais pas non plus la bonne façon pour m’exprimer techniquement. C’est même un risque pour moi. Marcher à 4’30 au kilo, techniquement, je n’y arrive plus. Ce n’est pas de l’arrogance, hein, c’est une question technique. Et cela implique de travailler pour accepter de marcher seul, devant.

En tout cas, ce ne sera pas, non plus, sur 20 km ? Un doublé 50 - 20, ce n’est plus d’actualité ?

Non vraiment, j’ai chassé cette idée et les autres distances de ma tête. Et c’est peut-être ma frustration. J’ai eu le record du monde sur 20 km (ndlr : 1h17’02 en 2015), j’ai toujours le record d’Europe, mais je n’ai jamais marché sur cette distance en grand championnat. Et maintenant, je ne peux plus revenir sur 20 km : j’ai vu l’année dernière qu’à très haute intensité, mon corps ne tenait plus, je me faisais des fractures de fatigue. Mais c’est comme ça, je me suis construit sur le 50. Et une nouvelle génération arrive, avec les Gabriel Bordier, Kevin Campion, David Kuster… Ce sera à eux de reprendre le flambeau.

A quoi va ressembler votre programme jusqu’à Doha ?

Je vais déjà récupérer pendant trois semaines environ, j’ai quelques courbatures même si je ne me suis pas donné à fond. Vers le 10 juin, je reprendrai crescendo, avant de partir à Font-Romeu du 10 juillet au 10 août. Et après, j’aurai tout ce qu’il me faut à Reims pour y terminer ma préparation jusqu’à fin septembre. Je n’ai plus besoin de refaire de compétitions pour être en forme le jour J. Je n’ai pas envie de prendre de risques. On compte sur moi pour les Mondiaux, et surtout pour Tokyo. Je veux répondre présent, et achever ma carrière aux Jeux sur la seule médaille qui me manque.

Propos recueillis par Cyril Pocréaux pour Athle.fr

Yohann Diniz
Age / Sél.41 ans / 24 A
ClubEfs reims a. *
Spécialité20 km marche - 50 km marche
RB
Admin Athle.fr
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