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Rénelle Lamote : « J’ai besoin de vivre autre chose »
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Rénelle Lamote : « J’ai besoin de vivre autre chose »

Rénelle Lamote, qui se remet progressivement d’une blessure au genou, écume les sites de location d’appartements. La triple vice-championne d’Europe du 800 m a décidé en fin de semaine dernière de quitter Fontainebleau, où Thierry Choffin l’entraînait depuis onze ans, pour rejoindre Montpellier, où elle suivra les conseils de Bruno Gajer et Gilles Garcia. La demi-fondeuse de Pays de Fontainebleau Athlé, qui fêtera le 26 décembre ses 26 ans, explique avec sa franchise et sa sensibilité habituelles ce choix fort. Sans oublier de rendre un bel hommage à son désormais ex-coach.

Tout d’abord, comment vous remettez-vous de votre blessure au genou ?

Je suis encore obligée d’adapter ma préparation. J’ai fait beaucoup de renforcement et pris du repos, mais ça n’est pas passé. Du coup, j’ai fait une IRM et on s’est rendu compte qu’il y avait un œdème osseux. La graisse de hoffa (ndlr : une zone située en arrière du tendon rotulien) était inflammée. J’ai été obligée de subir une infiltration, sinon l’œdème allait mettre trop de temps à se résorber. J’ai repris la course il y a environ trois semaines. J’ai pu enchaîner en gérant, et je devrais pouvoir véritablement débuter un entraînement progressif soit à partir de la semaine prochaine, soit celle d’après, en commençant à varier les intensités.

Vous avez repris très rapidement après les Mondiaux de Doha…

J’ai repris trop vite et trop fort. Je m’étais dit : « Tu n’as pris que deux semaines de vacances, reviens au taquet et tu vas tout défoncer aux Jeux ! » J’ai été rattrapée en plein vol, après dix jours. Beaucoup d’athlètes de haut niveau sont comme moi : on n’a pas peur d’y aller et de travailler. Je suis constamment en train de me battre pour ne pas m’enflammer. J’ai tendance à écouter plus mon plaisir que mon corps. J’espère que je vais réussir à encore progresser là-dessus. Je sais que j’ai encore du travail.

Cette volonté de repartir tout de suite de l’avant était-elle due à votre élimination en demi-finales des championnats du monde ?

Toute la saison a été compliquée. J’ai plus eu besoin de cicatriser de cette année de blessures que du championnat en lui-même. Avec du recul, je m’en suis quand même très bien sortie à Doha avec le peu d’entraînement que j’avais dans les jambes. Je n’ai donc pas eu besoin de faire le deuil de ce championnat.

Cette année 2019 compliquée a-t-elle joué un rôle dans votre changement d’entraîneur, ou est-ce bien plus large que ça ?

J’ai vraiment la sensation d’avoir eu une carrière en deux parties. La première a été magique et incroyable. Elle a démarré quand je suis arrivée à Fontainebleau (ndlr : en cadettes première année) et a duré jusqu’aux championnats du monde de Pékin en 2015 (ndlr : 8e de la finale). Ensuite, ça a été très dur pour moi sur le plan émotionnel. J’ai découvert l’aspect professionnel du sport et tout ce que ça impliquait. J’ai compris que c’était devenu mon métier. Les blessures ne m’ont pas aidée. J’ai désormais besoin de clore ce chapitre.

C’est à partir du moment où vous avez perdu votre insouciance que c’est devenu plus compliqué ?

Les blessures m’ont bien sûr fait perdre de l’insouciance. Avant, l’athlé était un jeu pour moi. J’aimais être la meilleure. Je n’avais rien à perdre si je ratais un championnat. Là, si je me loupe, je sais que ça va avoir un impact sur mes vies personnelle et professionnelle.

Vous découpez votre carrière en deux parties, mais vos médailles en grands championnats chez les seniors ont été récoltées lors de la deuxième…

Bien sûr, il y a quand même du positif. Je regrette d’ailleurs qu’avec Thierry, on n’ait pas pu profiter davantage de ces médailles (ndlr : trois fois vice-championne d’Europe, en plein air en 2016 et 2018, en salle en 2019). Lui comme moi, on était tellement ambitieux et dans le même trip que c’était vraiment le niveau mondial qui nous intéressait. Je pense qu’en fait, il faut aussi savoir profiter de ces moments-là. Même si je suis montée trois fois sur le podium et que ça été très intense, je n’arrive pas à oublier tout le travail réalisé, la souffrance endurée avec le stress des blessures.

Vous avez décidé de quitter Fontainebleau pour rejoindre Montpellier. Que retenez-vous de ces onze années passées là-bas, avec Thierry Choffin comme coach ?

Je n’aurais jamais pu faire du haut niveau sans Thierry. Quand je suis arrivée à Fontainebleau, j’ai passé les tests d’entrée un peu par hasard. Je ne pensais pas que ça me mènerait où j’en suis aujourd’hui. Thierry, je lui dois énormément et j’en ai conscience. Et même si je pars, j’espère qu’il sait que ma reconnaissance restera intacte. A l’entraînement, c’était toujours « merci » après chaque séance. Toute ma vie, je le remercierai pour tout le temps qu’il m’a accordé.

Pourquoi partir maintenant ?

J’ai ressenti le besoin de découvrir une nouvelle manière de m’entraîner. Je pense que ça va me faire du bien de voir de la nouveauté. Mes onze années à Fontainebleau ont été super. Mais j’ai changé, j’ai grandi, et j’ai besoin de vivre autre chose.

Comment votre choix s’est-il porté sur Montpellier ?

Quand j’ai prévenu Thierry de mon choix samedi dernier, je n’avais encore rien organisé pour la suite. Je ne savais pas où j’allais aller. Je voulais être la plus honnête et la plus transparente possible avec lui. J’ai ensuite contacté Gilles Garcia (référent national du demi-fond) et Mehdi Baala (directeur des équipes de France), qui ont cherché où j’allais pouvoir m’entraîner. La première option, c’était l’INSEP, vu que ma famille et mes proches sont à Paris. Mais c’était trop compliqué pour Philippe (Dupont), que vient de rejoindre Pierre-Ambroise (Bosse). Du coup, je me suis naturellement orientée vers Montpellier, où je savais qu’il y avait Bruno Gajer, Gilles Garcia, et un super groupe de filles que j’adore côtoyer en équipe de France. Je pense que les profils de Bruno, qui aborde plus le 800 m par le court, et Gilles, plus tourné vers le long, peuvent me correspondre. Ce dernier peut se reconnaître dans ce que j’ai fait par le passé avec Thierry. Bruno peut m’apporter quelque chose de très différent. Il a un groupe génial en vitesse (ndlr : avec Floria Gueï, Brigitte Ntiamoah, Aurélie Chaboudez, Jennifer Galais…). Ça va être super d’avoir des filles plus fortes que moi en sprint à l’entraînement. Bruno et Gilles ont toute ma confiance. Ça n’a pas été difficile de me dire : je pars m’installer à Montpellier.

Vous allez devoir vous organiser rapidement sur le plan pratique…

Je serai à Montpellier dès que j’aurai trouvé un appartement. Je me bouge à fond, ça devrait aller vite. Gilles m’avait proposé un entraînement à distance pour que je puisse rester à Paris. Mais ce n’est pas comme ça que je conçois le haut niveau. Pour moi, il faut que je sois vraiment sur place, avec les entraîneurs, que je vive vraiment le projet à fond de l’intérieur.

L’année 2020 s’annonce intense, avec les Jeux olympiques à Tokyo et les championnats d’Europe à Paris…

J’arrive dans un nouveau groupe. Il va falloir que je m’adapte. Je vais m’investir à 100 % et donner tout ce que j’ai. L’important pour moi, aujourd’hui, est de retrouver le plaisir et la sérénité à l’entraînement. Quand ça sera le cas, je sais que ça va rouler.

Propos recueillis par Florian Gaudin-Winer pour athle.fr

Renelle Lamote
Age / Sél.26 ans / 16 A
ClubPays de fontainebleau athle*
SpécialitéCross - 800 m
RB
Admin Athle.fr
les réactions (4)
Bruno Vauthier - 30/12 (12h43)
Pas de nouvelles de Christian ? Au fait, est ce que la belle surprise de DOHA Djelali BEDRANI, aurait fait mieux lors du 3000 steeple, sachant qu'il est resté intelligemment toute la course bien calé à la corde dans le peloton de tête, pour prendre une superbe 5 ème place, en battant son record personnel et meilleur temps européen de l'année, à 8 mn 05...
Bruno Vauthier - 22/12 (23h38)
Pardon Christian c'est faux. Les exemples sont majoritaires dans l'histoire de l'athlétisme et force est de constater que les athlètes qui restent sagement calés à la corde font généralement une très belle course en fonction de leurs moyens. D'une part ils ne parcourent pas de mètres supplémentaires d'autre part ils sont aspirés comme au Trot de Vincennes ou en cyclisme tout en adoptant leur rythme de confort. Enfin ils sont devant pour sortir en fonction bien sûr du placement des adversaires...
Christian Thomas - 22/12 (19h42)
le sempiternel "reste à la corde" ou le "surtout ne mène pas" car tu es la favorite ou l'inverse... Il vaut mieux pour certain athlète courir en parallèle légèrement décollé de la corde plutôt que d'être gêné..c'est moins pénalisant. Sur un 800m, s'il faut doubler au virage, et bien on double au virage et on fait l'extérieur..la tactique ne se décide pas avant la course, mais elle doit se sentir pendant la course..la meilleur des tactiques c'est justement de ne pas en avoir..
Bruno Vauthier - 20/12 (01h35)
Changement d'entraîneur pour Renelle mais c'est promis, plus de course au 2/3ème couloir pour effectuer ton 810 m à handicape et surtout bien rester coller sagement à la corde en 2/3 ème position pour sortir dans la ligne droite et tout envoyer, belle médaille assurée. J'espère que Florian ROUSSEAU nouvellement nommé, saura ajuster tous ces manques de techniques et de tactiques souvent oubliés chez nos athlètes depuis des années, avec comme conséquence un bon nombre de médailles évaporées...
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