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Athlètes et soignantes : elles nous racontent leur engagement au quotidien
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Athlètes et soignantes : elles nous racontent leur engagement au quotidien

Depuis le début de la pandémie de Covid-19, les soignantes et soignants sont mobilisés jours et nuits pour accueillir, soigner et accompagner des dizaines de milliers de patients. La fondeuse Mélanie Doutart (photo ci-dessus), l’ex-perchiste Vanessa Boslak, la traileuse Blandine L’hirondel et la perchiste Louise Libessart nous décrivent leurs missions sur le terrain, en hôpital ou en cabinet. En tant qu’infirmière, médecin, kiné ou encore interne en gynécologie, elles sont en contact à des degrés divers avec des patients atteints du virus. Mais elles jouent toutes, aux côtés de leurs collègues, un rôle majeur dans la lutte contre la pandémie.

Mélanie Doutart
Championne de France du 10 km en 2017, Médecin généraliste et du sport à Cires-lès-Mello (Oise)

« Je ne voulais pas attendre que ce soit la catastrophe »

« Après avoir été remplaçante pendant un an en cabinet, je suis à mon compte depuis le 1er avril. J’ai bien choisi ma période ! J’exerce à Cires-lès-Mello, une jolie petite ville aux maisons en pierre d’environ cinq milles habitants, qui est proche du premier cluster français de coronavirus (situé à Crépy-en-Valois, à 44 km). Dans le coin où j’exerce, beaucoup de médecins sont âgés et, faisant partie de la population à risques, ont arrêté de recevoir en consultation. De mon côté, je reçois la moitié de mes patients en consultation et l’autre moitié en téléconsultation. Je vois tous les jours entre cinq et dix personnes présentant des symptômes pouvant s’apparenter au virus.
Il y a un peu plus de trois semaines, quand le Covid-19 a commencé à prendre de l’ampleur sur notre territoire, j’ai tout de suite cherché à voir comment je pouvais aider. Je ne voulais pas attendre que ce soit la catastrophe pour donner un coup de main. J’ai intégré l’hôpital de Beauvais, où j’effectue des gardes de nuit les week-ends au sein du service d’hospitalisation de Covid-19. Nous recevons tous les patients et mettons en place les mesures de surveillance et de traitement qui s’imposent, notamment le placement sous oxygène. Au niveau des protections, nous avons tout ce qu’il faut : pyjamas de bloc, charlottes, masques, lunettes de protection, gants… Après chaque visite à un patient, on enlève et on désinfecte tout. On est obligés de se laver tout le temps les mains. On a vu la situation s’aggraver dans le service. C’est intense. J’ai l’impression qu’à chaque fois qu’on ouvre une porte, on découvre un nouveau cas complexe. C’est très frustrant.
Depuis le début du confinement, j’ai l’impression d’avoir pris le départ d’une compétition et d’être dans une course contre la montre. J’ai d’ailleurs ressenti pas mal d’angoisse au début, en me demandant j’allais pouvoir gérer ce qui était en train de se passer et comment la situation allait évoluer. Le sport ? Pour l’instant, j’ai lâché du lest. Je fais du home trainer, du renforcement musculaire, mais pas tous les jours pour éviter de ne pas trop me fatiguer. Et puis je n’ai pas forcément le cœur à ça. Le plaisir n’est pas là.
Dès le début de la pandémie, je ne me suis pas sentie à l’aise par rapport à la pratique de la course à pied. En tant qu’athlète, on a une image, on représente quelque chose. J’ai donc décidé que je n’irai pas courir. Beaucoup de gens se mettent à courir. Ils ne se rendent pas compte des risques qu’ils prennent et qu’ils font prendre aux autres en se baladant, en croisant d’autres personnes et en touchant du mobilier urbain.
»

Vanessa Boslak
Vice-championne du monde indoor 2012 du saut à la perche, kinésithérapeute à la clinique du Val d’Or à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine)

« On est tous à fond, à 100 % »

« Le service de réanimation de ma clinique est devenu un centre d’accueil pour les patients atteints du Coronavirus, avec vingt-cinq lits de réanimation équipés de respirateurs. En tant que kinésithérapeute, mon rôle est double. Tout d’abord, les patients en réanimation sont intubés et ventilés, en état de sédation. Ils restent en “réa“ de trois à quatre semaines. Il faut donc qu’on les mobilise pour éviter qu’ils s’enraidissent au niveau des articulations. Ensuite, on les accompagne au moment du réveil et après. On les aide notamment à se désencombrer. La rééducation, c’est de toute façon du cas par cas.
On manque de matériel. Nous n’avons pas assez de masques et c’est le système D pour en trouver. Pareil pour les gants, il ne reste que des petites tailles. Quand tu as de grandes mains, c’est la galère. Normalement, quand on fait de la kinésithérapie respiratoire, on devrait être très protégé. Mais là, ça m’arrive de mettre ma main devant la bouche du patient pour qu’il n’en mette pas partout… Heureusement, on est dans une petite clinique et il y a de l’entraide entre collègues. On est tous à fond, à 100 %. De nouveaux soignants sont même arrivés de Bretagne et de Rhône-Alpes, car on manquait de personnel.
Je ne vais pas au travail la peur au ventre. Je vis peut-être la situation différemment d’autres soignants, en raison de mon passé de sportive de haut niveau. J’ai été confrontée à des états de stress très intenses au cours de ma carrière, j’ai tendance à savoir les gérer.
J’ai l’impression que la plupart des sportifs de haut niveau respectent le confinement. On a un côté “bons soldats“, on est habitués à suivre des règles et à respecter des consignes. Petit rappel : ce n’est pas le moment de se découvrir une passion pour le running. Malheureusement, certaines personnes ne se rendent pas compte des ravages du virus, mais aussi de l’état émotionnel dans lequel peuvent être actuellement les soignants.
»

Blandine L’hirondel
Championne du monde de trail en 2019, interne en gynécologie à l’hôpital de Saint-Benoît à la Réunion

« On apprend sur le tas, au jour le jour »

« A la Réunion, on a un mois de décalage avec la métropole, donc c’est plutôt le calme avant la tempête, d’autant que les mesures de confinement ont été appliquées en même temps, donc cela a ralenti la propagation du virus. Tous les services sont réorganisés pour se préparer à accueillir la vague de personnes touchées par le Covid, mais on ne peut pas prévoir ce qu’il va se passer dans les semaines à venir.
Malgré ça, cela ne nous empêche de rencontrer déjà des problèmes : on a des collègues qui ont été placés en quatorzaine parce qu’ils rentraient de vacances en métropole, donc on est en sous-effectif. Quand je monte au bloc pour opérer, je dois auparavant passer dans un bureau spécial pour récupérer un masque. C’est devenu une denrée rare, qui est enfermée à clef dans une armoire. Avant, nous n’avions pas cette contrainte.
Dans mon service, en gynéco, la vie continue : il y a toujours des femmes enceintes, des accouchements, des IVG, et des urgences gynécologiques. On a plein de protocoles à respecter pour éviter une contamination. Il y a eu quelques cas de femmes enceintes contaminées par le Covid, mais je n’y ai pas été confrontée. Nous avons eu quelques suspicions, qui se sont toutes avérées négatives. Mais on sait que ça va arriver.
On essaie de prévoir ce que l’on fera quand ça arrivera, mais la complexité de ce virus, c’est qu’on en sait très peu de choses. Avant octobre 2019, personne n’y avait été confrontée, toutes les études dont on dispose datent d’il y a un mois ou moins, certaines sont sorties la veille. Donc on s’adapte tous les jours, on apprend sur le tas.
Déjà, on sait qu’il n’y a pas de transmission de la mère à l’enfant. Mais une femme dans son troisième trimestre de grossesse est immuno-déprimée, donc les risques sont accrus pour elle. La fièvre, qui est un des symptômes du Covid, augmente le risque d’accouchement prématuré.
Toutes les consultations non urgentes ont été repoussées. On a maintenu les trois échographies pour les femmes enceintes, une par trimestre. Pour le reste, on fait au cas par cas, mais on a largement développé la consultation téléphonique, avec un suivi biologique possible dans les laboratoires.
On a remarqué quelques cas d’accouchements à la maison, dont deux au cours de la même garde récemment. Certaines patientes ont peur de venir pour rien, voire pour l’une d’elles, de venir à l’hôpital, parce que c’est effectivement l’endroit où on a le plus de chances d’être confronté au virus actuellement. Mais si je devais faire passer un message, ce n’est pas une bonne idée d’accoucher à la maison !
Je ne me vois pas du tout comme une héroïne, même si je travaille beaucoup, et qu’on a dû s’adapter à une situation dramatique. Les héros, ce sont ceux qui bossent en réanimation, les infirmières libérales, les médecins généralistes, et tous ceux qui sont en première ligne. Moi, je me vois comme une petite main, derrière le front, pour reprendre l’expression de notre Président de la République, à aider la vie de la nation. J’ai des amis qui bossent en réanimation, ils sont bien plus exposés.
»

Louise Libessart
Championne de France Nationale indoor 2020 de la perche, infirmière en rééducation à l’hôpital Saint-Jacques de Nantes

« Prendre soin des autres, ça fait partie de moi »

« Je suis infirmière de nuit au sein du service de rééducation orthopédique du CHU de Nantes, plus précisément à l’hôpital Saint-Jacques. Je travaille de 20h45 à 6h45. Mon rôle est d’être présente pour les patients, afin de calmer leurs douleurs et leurs angoisses. L’aide à la personne, savoir prendre soin des autres, c’est quelque chose que j’ai toujours aimé faire. Ça fait partie de moi. C’est une vocation.
Je ne suis pas censée être en contact avec des patients Covid. Mais le virus se répand aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’hôpital, et il arrive donc que des personnes déclarent le Coronavirus au sein de notre service. Dans ces cas-là, on les transfère dans un service dédié, afin d’éviter qu’ils contaminent d’autres patients chez nous. Il y a une grosse entraide et une grosse cohésion d’équipe entre soignants.
Le plan blanc a été déclenché dans notre hôpital depuis trois semaines. Actuellement, il n’y a plus d’interventions programmées non urgentes. Nous accueillons toujours des gens avec des traumatismes orthopédiques, mais uniquement suite à des accidents. En cas de défaut de personnel, nous sommes susceptibles d’être appelés au téléphone à n’importe quel moment. Il y a eu des transferts de patients Covid vers notre service de réanimation mais, pour l’instant, les Pays-de-la-Loire restent une des régions les plus préservées.
Depuis le début de la crise sanitaire, j’ai mis le sport de côté, même si je fais un peu de renforcement musculaire pour moi-même. Ce n’est pas la priorité aujourd’hui, il y a des choses plus importantes. Comme je l’ai dit à mon coach, s’il y a finalement une saison estivale, j’y participerai peut-être en loisir, mais pas plus que ça.
»

Florian Gaudin-Winer et Etienne Nappey pour athle.fr

 

RB
Admin Athle.fr
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