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Mehdi Frère : « Je me suis fait plaisir »
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Mehdi Frère : « Je me suis fait plaisir »

Si les cannes sont dures comme du béton, après ses 2h08’53 du marathon de Valence ce dimanche 6 décembre (et un record personnel battu de près de six minutes), la tête reste lucide. Mehdi Frère, 24 ans, évoque sa performance avec plaisir et pas mal de recul, et de gros espoirs pour la suite.

Athle.fr : Comment vous sentez-vous, quarante-huit heures après votre performance en Espagne ?

Je suis toujours fatigué ! J’ai mal partout, les jambes sont dures, mais je suis soulagé. J’avais énormément de pression depuis plusieurs mois pour cette course. Je peux même dire que ce fut une préparation d’un an axée sur cet objectif, depuis mon premier marathon, l’année dernière à Valence déjà, et avec la saison particulière qu’on a vécue. Là, maintenant que c’est passé, tout redescend d’un coup...

D’autant que vous avez fait une course un peu folle en passant en 1h03’10 au semi, sur les bases du record de France (2h06’36 par Benoît Z en 2003)…

Oui, on va dire que je me suis fait plaisir… D’après les premiers échos que j’avais, la sélection pour les Jeux de Tokyo (ndlr : reportés de 2020 à 2021 pour cause de pandémie) était arrêtée et définitive (ndlr : établie sur la base de Jeux prévus en 2020, elle est à ce jour composée de Morhad Amdouni, Hassan Chahdi, Nicolas Navarro, et Benjamin Choquert en réserve). Du coup, pour moi, ça devenait une course pour rien s’il s’agissait juste de battre mon record. Parce que des marathons, j’en ferai d’autres. Alors, pourquoi ne pas tenter le record de France ? Les séances que j’avais faites à l’entraînement me rendaient confiant sur le fait de réaliser, quoi qu’il arrive, moins de 2h10, peut-être 2h08. Ce n’était donc pas un suicide absolu que de partir sur ces bases. Même si je savais que je serais sans doute vraiment en souffrance sur les derniers kilomètres, je me suis dit pourquoi pas, sur un malentendu…

Et vous l’avez sentie, la souffrance ?

Oh oui. Au 25e, je commence à ressentir une crampe à l’ischio. C’est tôt, sur un marathon… Au 30e, il n’y avait plus rien qui allait, j’avais mal partout, mais je voyais que je restais sur des allures correctes. De toute façon, je savais avant dans quoi je m’embarquais.

Qu’avez-vous appris sur vous-même, sur cette course ?

Qu’il ne fallait pas se fixer de limites. Je le découvre sans cesse depuis le début de ma carrière. Quand j’ai commencé, j’espérais un chrono en 2h15, ça me paraissait déjà phénoménal. Et je l’ai fait dès ma première tentative (2h14’23 en 2019). Et rapidement, je me retrouve sous les 2h10. En fait, c’est plus la préparation en elle-même qui m’a appris des choses. Je trouve que ce sport est assez beau : il n’a pas de limites. Tant que tu travailles et que tu t’investis, ça finit par se matérialiser, et on peut toujours progresser. Même si on est moyen à la base.

Qu’est-ce qui a changé, justement, dans votre préparation, et qui a permis vos progrès ?

Depuis deux ans je travaille à la gendarmerie, à la Garde républicaine, où je peux m’entraîner dans une structure et un cadre de vie stable, plus professionnel. Je suis licencié à Pays de Fontainebleau Athlétisme (77), mon groupe est là-bas, mais je travaille à Dugny (93), pas loin du parc de la Courneuve, où je peux m’entraîner. Avec cette année particulière, j’ai été souvent seul là-bas.

Cette saison étrange ne vous a pas perturbé dans l’entraînement, justement ?

Il a fallu composer sans stade, sans piste, sans salle de muscu pendant un moment. Il a fallu s’adapter, comme tout le monde. Mais j’y ai vu un point positif : le fait de ne pas avoir de compétition a permis de caser du volume dans la préparation sans avoir peur de trop en faire, en en pouvant corriger le tir si besoin. Quand on n’a pas d’échéance proche, on peut se le permettre. Et je me suis aperçu que c’est ce qui me correspondait.

Cela signifie-t-il que c’est un schéma que vous reproduirez à l’avenir ? Peu de compétitions, beaucoup d’entraînement ?

Je ne me suis pas encore penché sur la question, mais elle est judicieuse, oui. J’ai trouvé une formule qui me convient. Avec beaucoup de compétitions, l’entraînement est un peu tronqué. Il va falloir qu’on tire les enseignements de cette saison, car le peu de compétitions que j’ai faites ont été très positives.

Vous disiez avoir augmenté votre volume d’entraînement. A quoi ressemblait-il ?

Cette saison, en comptant les jours de repos et les vacances, j’étais à 159 km par semaine en moyenne. Mais uniquement en période d’entraînement, j’étais régulièrement à 190 km par semaine. Et le plus important, c’est que cela s’est fait sans blessures, parce que j’avais bien le temps de récupérer. Auparavant, j’étais peut-être à 120 km par semaine en moyenne, c’est une vraie différence.

Mais vous avez bien digéré cette augmentation, sans blessure, donc.

Oui, et je crois que c’est le point le plus important de ma préparation, cette capacité à bien récupérer à l’entraînement. Et je pense qu’ici, les nouvelles technologies de chaussures ont joué un rôle essentiel. Je courais avec les chaussures avec plaque de carbone et mousse amortissante, et elles limitent considérablement la fatigue. On fait les mêmes entraînements qu’avant, mais en étant beaucoup moins fatigué. Auparavant, je pouvais faire une séance pour laquelle j’avais besoin de plusieurs jours de récupération. Là, j’en faisais deux dans la même semaine. C’est une énorme différence. Si vous appliquez ça sur une année entière d’entraînement, le résultat est décuplé.

Le gain de ces chaussures ne se limite donc pas à la course elle-même…

Oui, c’est sûr. Même si l’apport le jour de la course est important.

Vous pouvez estimer combien vous avez gagné, par rapport à des chaussures normales ?

Honnêtement, je pense avoir gagné deux à trois minutes sur ce marathon. Vraiment. C’est pour ça que si le chrono est une satisfaction, et qu’on m’en parle beaucoup, le marqueur de performance le plus important à mes yeux reste d’avoir terminé premier Français. Franchement, pour moi, le chrono ne veut plus dire grand-chose. Mais être devant les autres Français, de très bons athlètes, sur une confrontation directe, c’est le plus satisfaisant pour moi.

Cela vous donne des regrets pour les Jeux olympiques ?

C’est sûr que tout athlète rêve de participer à des Jeux olympiques… Alors, évidemment, oui. Mais quelle sera la situation demain ? Je ne sais pas. J’ai envie de rester optimiste.

Votre plan de carrière ne prévoyait pas les Jeux de 2020 comme temps de passage, on imagine ?

L’ambition était d’arriver aux Jeux de Paris 2024 en étant recordman de France, et parmi les meilleurs Européens. Et de pouvoir, peut-être, pourquoi pas, viser une médaille le jour J. J’ai sans doute pris un peu d’avance, j’ai mis un pied en avant, mais le plus gros reste à faire.

Vous avez en tout cas décidé de vous lancer très jeune sur marathon, ce qui n’est pas toujours le cas chez les coureurs.

C’est vrai qu’on passe tard, en général, sur marathon, mais l’idée qu’on avait avec mon entraîneur, Thierry Choffin, c’est que pour être bon sur cette distance il faut de l’expérience, et se donner le temps de progresser. C’est une spécialité en elle-même. Et puis, de toute façon, j’aime beaucoup courir, longtemps. Passer deux heures à courir en regardant le paysage, en forêt, ça me correspond bien. J’aime ça. Si j’avais vécu à la montagne, j’aurais fait du trail. Et je n’avais de toute façon pas les qualités pour faire du 800 m.

Vous gardez malgré tout un pied sur la piste…

Oui, car les deux sont complémentaires. On ne peut pas prétendre aux médailles si on n’a pas de vitesse.

Quels seront vos prochains objectifs, à ce titre ?

Je vais déjà recharger les batteries, me reposer. La saison a été longue et éprouvante. Je vais arrêter de penser à l’athlé pendant deux, trois semaines. On visera sans doute aussi la saison de cross avec mon équipe de Fontainebleau. Et pourquoi pas essayer de viser les minima sur 10 000 m au printemps si ça ne passe pas sur marathon…

Propos recueillis par Cyril Pocréaux pour Athle.fr
Photos : © Stadion

Mehdi Frere
Age / Sél.25 ans / 2 A
ClubPays de fontainebleau athle*
SpécialitéMontagne - 5 000 m - 10 000 m - 10 km - Semi-marathon
RB
Admin Athle.fr
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