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Alice Finot : « Une course magique »
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Alice Finot : « Une course magique »

Vice-championne d’Europe du 3000 m en 8'46''54 à la surprise quasi générale à Torun, Alice Finot revient sur sa médaille d’argent et le retentissement médiatique qu’elle a occasionné en France mais aussi en Espagne. La demi-fondeuse de 30 ans licenciée au Bordeaux Athlé en profite pour raconter aussi sur son parcours atypique.

Athle.fr : Avez-vous eu le temps de retomber sur terre depuis votre retour de Torun ?

Rentrer chez moi à Vigo (Espagne) m’a permis de remettre les choses à leur place, ça m’a fait du bien. J’ai repris le travail dès le lendemain de mon arrivée. J’avais déjà pris une semaine de congés pour aller aux championnats d’Europe, c’était compliqué de faire plus. Au niveau de l’entraînement, mon coach (ndlr : Manuel Martinez Ageito) m’avait heureusement donné sept jours off pour me regénérer. La semaine du retour a été articulée autour du travail, des soins chez mon kiné et des réponses aux interviews. J’ai retrouvé mon groupe d’entraînement et j’en ai profité pour distribuer mes dossards de Torun dédicacés à mes petits potes d’entraînement, qui me font lièvres sur les séances. Ils étaient contents.

Quel accueil vous a été réservé au boulot ?

Tout le monde dans l’entreprise (ndlr : le centre technique d'automobile de Galice) connaît mon parcours. Ça fait deux ans que j’ai réduit mon temps de travail à cinq heures par jour pour viser le haut niveau en course à pied. La série et la finale du 3000 m à Torun ont été diffusées en direct à la télé espagnole. Le nom de ma boîte a été cité. Mes collègues étaient un peu fiers. Ils me comprennent et me soutiennent dans ce projet.

Avez-vous prévu de changer votre organisation professionnelle dans la perspective des Jeux de Tokyo ?

Je n’ai actuellement pas les moyens financiers pour ça. Le jour où on me les donnera, je réfléchirai. Au début, vivre de l’athlétisme était peut-être mon objectif. Mais progressivement, je me suis rendu compte que mon emploi m’apportait un équilibre sécuritaire mais aussi mental. Je m’éclate dans le boulot. J’ai besoin d’être challengée, de parler technique et commerce, d’avoir des collègues qui me parlent d’autre chose que de performance. J’ai occupé déjà trois postes différents dans ma boite, sur de la gestion de projets, comme ingénieure validation et ingénieure d’affaires désormais.

Avez-vous été surprise par le retentissement médiatique qui a suivi votre médaille d’argent ?

Ah oui, je ne m’attendais pas à ça. J’ai été très sollicitée aussi bien en Espagne qu’en France. Une chaine de télé espagnole est même venue m’attendre à la sortie du boulot. Je me suis donné une semaine pour répondre aux interviews, mais maintenant, je me remets sérieusement dans l’entraînement et le travail. Je ne peux plus être aussi disponible.

Avez-vous revu la vidéo de la finale du 3000 m de Torun ?

Oui, trois ou quatre fois. Je me vois courir comme je l’avais imaginé. Ça se voit que je suis très concentrée. Je contrôle tout, à chaque tour. Je voulais être au contact au moment où ça allait partir, contrairement à la série, pour ne pas avoir de regrets. Les planètes se sont alignées pendant toute la compétition. Je passe in extremis en finale, en tant que dernière qualifiée. En finale, à moins de 300 m de l’arrivée, une fille tombe (ndlr : la Hollandaise Maureen Koster) et entraîne avec elle (Meraf) Bahta. Encore un moment de chance. Comme quoi, il ne faut pas s’avouer vaincu (rires). Elles m’ouvrent un boulevard et je me dis : ‘’C’est ton moment !’’. Je vais chercher les deux premières et on voit que j’ai les jambes dans la dernière ligne droite. L’écart se réduit. Je commets une petite erreur à ce moment-là, en n’ouvrant pas vers l’extérieur. Mais je n’ai aucun regret. Ça a été une course magique. Quand je regarde le dernier tour, ça m’émeut un peu.

Qu’avez-vous ressenti en portant pour la première fois le maillot de l’équipe de France ?

De la fierté. J’avais très envie de porter ce maillot et de représenter mon pays. Je sais que les championnats, ce sont des moments qui me stimulent et qui me révèlent. Au niveau national, je suis d’ailleurs toujours allée chercher une médaille.

Avez-vous une idée de la suite de votre programme, notamment au niveau des stages ?

Je ne vais pas partir. Le temps est court, on a seulement deux mois pour se préparer avant le début de la saison estivale. Je compte, en revanche, recevoir des amies de l’équipe de France que j’ai rencontrées en octobre dernier lors de mon premier stage fédéral à Font-Romeu, Charlotte Mouchet et Aurore Fleury, pour qu’on s’entraîne ensemble ici. On peut être complémentaires et on va donc se tirer vers le haut. En plus, les conditions climatiques sont quand même plus agréables qu’en France.

Le grand public vous a découverte à Torun. Dans quelles conditions avez-vous débuté l’athlétisme ?

Au début, c’était un sport parmi d’autres pour moi. J’étais plutôt cavalière, ayant commencé l’équitation à l’âge de 4 ans. Dans ce dernier sport, j’ai disputé mes premiers championnats de France à 11 ans. On avait des chevaux à la maison. J’ai découvert l’athlétisme avec le cross du collège à 13 ans. J’ai rejoint le GA Haut-Saônois (Franche-Comté), où je m’entraînais deux fois par semaine. Mais à côté de l’athlé, je faisais aussi du ski, du snowboard, du handball, du basket… Mon potentiel n’était pas exploité, même si j’étais une compétitrice.

Vous avez ensuite arrêté l’athlé pendant plusieurs années…

J’ai eu mon Bac en 2009 et j’ai commencé mes études supérieures à 18-19 ans, lors desquelles j’ai arrêté la course à pied. J’ai beaucoup voyagé, je suis partie à Londres pendant six mois pour chercher du travail, j’ai effectué dans le cadre de mon école d’ingénieur un ‘’stage ouvrier’’ de trois mois chez Disneyland en Floride, où je bossais dans un fast-food. J’ai aussi passé cinq mois à Munich, dans une usine spécialisée dans le dimensionnement de tuyauterie et le bilan thermique. Je n’ai repris la course à pied qu’à Taïwan en 2015, pendant ma dernière année de formation. Là-bas, j’ai rencontré mon copain espagnol, qui m’a lancé un défi : disputer le semi-marathon local. Je l’ai gagné en 1h41’. J’ai terminé mon séjour par un road trip de deux mois à travers l’Asie.  J’ai ensuite effectué un stage professionnel en France, lors duquel j’ai poursuivi ma reprise de l’athlétisme. Puis je suis partie vivre avec mon copain à Vigo. Je me suis inscrite dans le club local en arrivant. J’ai commencé par la route, puis on m’a demandé de participer à l’équivalent des Interclubs en Espagne. C’est comme ça que je suis revenue sur la piste.

Votre ascension depuis 2018 peut vous permettre aujourd’hui de viser haut. Qu’est-ce que serait une saison estivale 2021 réussie pour vous ?

Aller chercher les minima sur steeple pour les J.O. (ndlr : 9’30’’00) et faire de la qualité sur les compétitions jusqu’aux championnats de France. Ce que j’ai bien aimé cet hiver, c’est que ma forme est montée toute seule de la première à la dernière compétition. J’ai un peu coupé avant les Europe, ce qui m’a permis de me regénérer. Au lieu de continuer à faire des impacts, j’ai fait du vélo et de l’elliptique pendant une semaine, puis j’ai repris. J’aimerais bien répéter le même schéma cet été.

On a l’impression que la qualification pour les Jeux n’est, pour vous, pas un but en soi…

Plus maintenant, surtout après ce que j’ai fait à Torun. Je ne suis plus dans une course aux minima, ce que j’ai vécu pendant des années aux niveau national puis international. C’est quelque chose qui est étouffant. En transposant mes 8’46’’ au 3000 m, on peut avoisiner les 9’10’’-9’15’’ sur le steeple. J’ai les minima dans les jambes, qui sont un passage obligatoire, mais l’objectif terminal est d’être dans ma meilleure forme aux Jeux pour penser à une finale.

Propos recueillis par Florian Gaudin-Winer pour athle.fr

Retrouvez dans le prochain numéro d’Athlétisme Magazine, début mai, un long portrait d’Alice Finot, qui reviendra sur son parcours avec notamment les témoignages de ses entraîneurs.

Alice Finot
Age / Sél.30 ans / 1 A
ClubBordeaux athle*
Spécialité3 000 m
RB
Admin Athle.fr
les réactions (1)
Bruno Vauthier - 17/03 (17h21)
Magnifique Alice, une très belle course intelligente. Bien calée sagement à la corde restant ,en début de peloton, pour s'arracher sur la fin en donnant tout, plus que soif. Nos coureurs et entraineurs Français, doivent prendre exemple sur cette athlète vraiment réjouissante....
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