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Gabriel Tual : « Rester au top niveau, c’est le plus dur »
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Gabriel Tual : « Rester au top niveau, c’est le plus dur »

Belle surprise de l’équipe de France à Tokyo, avec une septième place sur 800 m, Gabriel Tual s’apprête à reprendre l’entraînement. Avec toujours beaucoup d’appétit puisque le demi-fondeur de 23 ans, licencié à l’US Talence et entraîné par Bernard Mossant, est loin d’avoir été rassasié par sa finale olympique.

Athle.fr : Comment avez-vous vécu la fin de saison et quand allez-vous reprendre le chemin de l’entraînement ?

Quand la tête est là et qu’on a l’envie de bien faire, ça marche. Ma dernière compétition (9e à Chorzow le 5 septembre en 1’45’’86) a été compliquée, contrairement aux deux Diamond League (4e à Lausanne en 1’45’’70, 6e à Paris en 1’45’’05) dans lesquelles je suis bien rentré dedans mentalement. J’ai fini ma saison le 5 septembre, et le 6, je reprenais les cours en licence professionnelle de conducteur de travaux en maison individuelle. Je n’ai donc pas eu de vraies vacances. Ça a été un peu dur, mais j’ai vite été overbooké. Je reprends l’entraînement en début de semaine prochaine. J’ai hâte de retrouver mon groupe et je n’ai pas envie de perdre de temps dans l’optique des championnats du monde d’Eugene (15 au 24 juillet) et des championnats d’Europe de Munich (15 au 21 août). On va vite bien s’y remettre et être boosté à 100 %. Avoir deux gros pics de forme dans la saison, ça ne sera pas facile. Mais si on se rate sur l’un, on pourra se rattraper sur l’autre.

Avez-vous une idée de votre programme cet hiver ?

Je ferai peut-être un ou deux 800 m en salle, mais pas plus. Ça sera une saison très courte.

Et un peu de cross ?

Du quoi (rires) ? Les cross, ça n’existe plus pour moi !

Cette année, vous avez longtemps couru après les minima olympiques (1’44’’44 le 12 juin à Nice). Qu’est-ce qui a fait basculer les choses du bon côté ?

Déjà, je pense que les pointes en carbone ont joué pour une petite part. Je les ai reçues un jour avant le meeting de Nice. J’avais hâte de les avoir. Rater les Jeux pour cinq centièmes, j’aurais vraiment eu les boules. On sait qu’il y a un gain, mais qui n’est pas le même selon le profil des athlètes et qui est donc difficile à quantifier. Sur le plan mental, j’ai connu des moments de doute, mais j’ai toujours gardé confiance en moi et en ce que je pouvais faire. Je travaille depuis un an avec un préparateur mental, Amaury Delerue, pour arriver en compétition beaucoup plus confiant. Tout ce que nous avons mis en place m’a permis de grandir.

Quel a été le moment charnière de votre été ?

Peut-être quand j’ai fait les minima (pour les J.O.), justement. Et puis il y a bien sûr eu la demi-finale à Tokyo (1’44’’28, son record personnel), qui a changé beaucoup de choses pour moi. Je suis ressorti grandi de cette course, ainsi que de la finale, dans la peau d’une autre personne. J’ai désormais l’expérience des grands championnats, de ce que ça peut engendrer comme pression. J’ai disputé une finale olympique, ça n’est pas rien. J’ai découvert des choses, en course ou en chambre d’appel. Je me suis rendu compte que des athlètes, qui me semblaient jusque-là surhumains, étaient en fait complètement prenables et qu’il était possible de les battre. Il fallait juste y croire et se donner à fond.

Vous avez terminé septième de la finale, en ayant été beaucoup enfermé…

Forcément, le résultat reste frustrant. A moi de bien garder en tête les erreurs que j’ai pu commettre, pour ne pas les refaire lors des prochains grands championnats. Mais il faut essayer de positiver. Si on m’avait dit deux mois avant Tokyo que j’allais finir septième des Jeux olympiques, je n’y aurais pas cru. Je kiffe à fond. Il faut croquer la vie à pleines dents.

On a l’impression que Tokyo est loin d’être un aboutissement pour vous…

J’ai acquis de l’expérience. Je suis entré dans le top niveau. Maintenant, il faut y rester, et c’est le plus dur. Il va falloir confirmer l’année prochaine. J’espère aller encore plus haut à Paris, dans trois ans. Je ne me mets ni limites, ni barrières, mais je veux me donner les moyens d’y arriver. La clé pour continuer à progresser, c’est de repousser ses propres limites et de ne pas se comparer aux autres.

Propos recueillis par Florian Gaudin-Winer pour athle.fr

Gabriel Tual
Age / Sél.23 ans / 5 A
Club-
Spécialité800 m
RB
Admin Athle.fr
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