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Blandine L’hirondel : « Une saison très accomplie »
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Blandine L’hirondel : « Une saison très accomplie »

Opérée de l’artère iliaque externe droite au mois de mars, Blandine L’hirondel a achevé sa saison 2022 avec un deuxième titre mondial il y a dix jours en Thaïlande, après avoir déjà remporté les championnats d’Europe en juillet puis la CCC au mois d’août. La Normande installée en Lozère revient pour athle.fr sur cette nouvelle performance majuscule sur les sentiers de Chiang Maï et sur son année particulière, tout en se projetant sur l’avenir avec envie.

Blandine, vous n’avez pas mené la course des championnats du monde en début de parcours, contrairement à vos habitudes. Etait-ce un choix délibéré et prémédité ?

Je n’ai jamais vraiment de stratégie, je fonctionne au ressenti. En revanche, je n’avais pas envisagé ce scénario de course. J’avais le statut de favorite. Ce n’est pas la première fois, parfois je l’assume, parfois non. Là, je l’avais assumé car c’était un format de course et un terrain sur lesquels je savais que je pouvais faire quelque chose de bien. Je n’avais pas imaginé de me faire bousculer comme ça en début de course, et même toute la course. Pendant les deux tiers de la course, j’ai essayé d’accrocher Ida Nilsson, et j’ai senti qu’elle était plus forte que moi. Il y a un moment où j’ai laissé filer en me disant que la première place n’était pas accessible, et que garder la deuxième place serait déjà très bien. Finalement, sans vraiment le vouloir, je suis revenue. Elle a peut-être eu une petite défaillance, et ça a joué en ma faveur.

Vous étiez-vous déjà retrouvé dans cette situation de chasseuse plutôt que de chassée ?

Ah non ! On en apprend tous les jours. Je n’ai pas un gros passé, puisque je ne fais du haut niveau que depuis quatre ans, et me retrouver dans cette position-là, c’était la première fois. J’ai dû aller dans mes retranchements, et pousser la machine. C’est pour ça que je suis d’autant plus fière et contente du résultat de cette course, sans vouloir paraître trop satisfaite. Mentalement, laisser filer sans baisser les bras, ça n’était pas évident.

Avez-vous ressenti autant d’émotions qu’à Miranda do Corvo, à l’été 2019, lors de votre première victoire aux championnats du monde ?

Oui, mais des émotions complètement différentes ! En 2019, j’ai mis beaucoup de temps à réaliser ce que j’avais fait. Mes premiers mots étaient : « Mais qu’est ce que je viens de faire ? ». Je n’avais que ça à la bouche d’ailleurs, je ne me rendais pas compte. Là, c’était un objectif marqué depuis un an sur mon calendrier. Je ne cache pas que j’envisageais de gagner, même si on n’est jamais sûr que ça va marcher. D’ailleurs, jusqu’à la fin de la course, je n’en étais pas certaine. C’est toujours une grosse satisfaction quand on arrive à valider un objectif qu’on s’était donné.

Au Portugal, vous aviez surpris beaucoup de monde en vous imposant, pour votre première année sur le circuit national et international, avec une démarche plus proche du sport-loisir que de la haute compétition. Êtes-vous devenue une compétitrice, depuis ?

Oui ! Force est de constater que quand on met un dossard, on l’est forcément. Je me suis découvert cet esprit de compétition. En 2019, c’était facile, entre guillemets, puisque je suis partie devant sans me poser de question, et je n’ai pas eu à me bagarrer, donc je ne ressentais pas cet esprit de compétition. Dans les courses que je faisais avant cela, je ne me fixais pas non plus d’objectif particulier, je courais simplement pour me faire plaisir.

Désormais, vous n’êtes plus la petite nouvelle, vous êtes même l’une des plus expérimentées de l’équipe de France qui a fait le déplacement en Thaïlande. Cela a-t-il changé votre approche de la course ?

Au sein de mon équipe alignée sur le format long, je savais pertinemment que si je n’allais pas au bout de la course ou que si je ne faisais une course au niveau de mes ambitions, ça mettait en péril le titre par équipes. Les filles ont très bien couru. On n’a pas fait les calculs pour savoir si elles auraient gagné sans moi, mais quand on sait qu’on est la favorite et celle qui aura a priori le meilleur temps, ça donne envie de s’accrocher et de continuer. Cette victoire par équipes me tenait tout autant à cœur.

Le parcours et l’évènement, disputé pour la première fois hors d’Europe, était-il à la hauteur de l’envie suscitée chez bon nombre des traileurs français de haut niveau ?

Tout à fait ! J’ai trouvé ça vraiment unique et exceptionnel de courir dans un pays asiatique. Le terrain était vraiment différent de ce qu’on connaissait. J’ai eu l’impression de courir dans la jungle du début à la fin. Les conditions climatiques mettaient également un peu de piment. Je supporte très bien la chaleur et l’humidité, donc j’ai réussi à maintenir mon rythme sur les 80 kilomètres. Je tiens à remercier la direction technique nationale, puisqu’en venant sur place une semaine avant les championnats, on a pu être très bien acclimatés et reconnaître le parcours. Cela a aussi soudé l’équipe, ça nous a mis dans de super conditions.

Votre année 2022 a commencé avec des douleurs récurrentes à la cuisse et s’achève finalement sur un bilan bien rempli…

Elle a commencé plus tard que prévu, mais j’avais quand même trois objectifs en tête : les Europe, qui étaient les plus incertains avec 6 semaines de préparation seulement après six semaines complètes sans sport, puis la CCC, puis les Mondiaux. J’ai validé les trois (elle a remporté les trois courses, NDLR), et je crois qu’on peut dire que c’est une saison accomplie. Je n’oublie pas qu’en début d’année, après le diagnostic, j’étais chamboulée, entre le soulagement d’avoir trouvé l’origine de mes douleurs et de savoir qu’il y avait un traitement possible, et l’appréhension de cette lourde opération et la convalescence. Ça n’était il n'y a pas si longtemps finalement, alors que dans mon esprit, c’est presque oublié. Je peux courir sans aucune douleur, c’est la plus belle des victoires de cette année.

Vous avez exploré en 2022 des courses plus longues que les années passées. Votre montée en gamme va-t-elle se poursuivre lors des prochaines années ?

C’est une question qui revient souvent. Je me suis découvert un penchant pour les formats longs. En plus d’aimer cet effort, je me rends compte que physiquement et sportivement, je suis faite pour ça. Je voudrais essayer de me poser un peu après cette saison et en rediscuter avec Philippe Propage, mon entraîneur, pour décider de ce que je ferai à l’avenir. J’avoue avoir pensé à augmenter les distances, mais l’ultra trail est une discipline différente. Une saison d’ultra, ça se prépare, cela veut dire moins de courses… J’ai aussi très envie de défendre mon titre mondial l’an prochain à Innsbruck. Je suis très attachée au maillot de l’équipe de France, et ce qu’on vient de vivre en Thaïlande m’en persuade encore plus.

Propos recueillis par Etienne Nappey

Blandine Lhirondel
Age / Sél.31 ans / 5 A
ClubAlencon running club
SpécialitéTrail - Montagne
RB
Admin Athle.fr
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