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Dans l’œil du coach : Alain Doré à Amiens
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Dans l’œil du coach : Alain Doré à Amiens

Pistard, routard, combinard, sauteur, lanceur, jeune, compétition, loisir, haut niveau, découverte, nature, ville. Autant de mots à combiner qui, au sein des près de deux mille clubs, font l’athlétisme en France. Parmi les rouages essentiels de chaque structure, l’entraîneur, quel que soit son profil, occupe une place à part. Athle.fr vous invite à découvrir ces hommes et femmes de l’ombre. Rencontre ce mois-ci avec Alain Doré, 58 ans, entraîneur à l’Amiens Université Club.

Le bien vivre ensemble, les rencontres, les échanges : des valeurs chères à Alain Doré, qui n’a jamais imaginé être entraîneur pour simplement flatter son égo. Amener des jeunes à devenir des adultes à travers l’athlétisme, tout en se faisant plaisir dans la pratique, c’est ce qui a toujours guidé le Picard, qui veille actuellement au développement de Thomas Gogois, triple sauteur prometteur, entre autres.

Votre définition de l'entraîneur ?

Un entraîneur doit être avant tout un éducateur à l'écoute des athlètes qu'il va rencontrer tout au long de son parcours. Il doit comprendre les rouages des individualités qu'il va gérer. Il doit être capable de fédérer autour d'un projet individuel ou collectif, avoir un esprit d'ouverture afin de partager ses connaissances et son expérience, et surtout de continuer à apprendre et progresser. Je n’entraîne plus aujourd’hui comme j’entraînais il y a trente ans. Les générations évoluent, chaque athlète est différent, alors on doit trouver des solutions adaptées au public que l’on a devant soi. Il faut savoir bousculer ses certitudes. Personnellement, j’ai aussi beaucoup appris sur la psychologie des adolescents en prenant des cours sur le sujet.

Entraîneur à Amiens, c'est plus dur qu'ailleurs ?

Non, plus de nos jours. Étant Abbevillois de naissance et ayant été athlète au SC Abbeville, ça fait plus de 33 ans que je suis arrivé à Amiens. Il faut bien avouer qu'une certaine mentalité de clocher existait alors. Avec l'arrivée de l'actuel président Bruno Dilly, au début des années 90, l'état d'esprit du club a évolué en s'ouvrant aux autres, avec de jeunes entraîneurs qui forment toujours l'ossature du club. Depuis cinq ans, une vague de nouveaux jeunes entraîneurs est en train de rajeunir l'encadrement avec le soutien des "anciens". L’Amiens UC est vraiment un club familial avec une vraie identité et un bon état d’esprit. Il y a une âme dans ce club.

Ce qui vous énerve et vous plaît le plus dans votre fonction ?

Ce qui m’exaspère, c’est que certains entraîneurs ne laissent pas les jeunes coaches s'exprimer en s'accaparant les athlètes de talents, athlètes qui ne se réaliseront pas forcément avec ces mêmes entraîneurs, et qui viendront grossir la liste des talents perdus. Nous avons perdu trop d’athlètes en France à cause d'egos surdimensionnés. Nous devons laisser leur chance aux jeunes et les aider à construire l'athlétisme de demain.

Vous êtes un coach "connecté" ou un entraîneur ‘’à l'ancienne" ?

Forcément les deux. Tout ce qui m'a été transmis à l'ancienne par des écrits, livres, expériences et échanges reste profondément ancré dans mon ADN et ma façon de réfléchir les séances, de mettre en place les solutions aux différents problèmes rencontrés. Et pour continuer de progresser, il m’a bien fallu m'adapter aux moyens de communication modernes. Heureusement, sur certains points, mes athlètes sont là pour m'aider (rires). Le plus important, de nos jours, c'est de faire perdurer les échanges entre coaches afin de continuer à faire progresser notre discipline, en utilisant les moyens modernes ou en les réunissant autour d'une table.

Votre plus beau souvenir ?

Parce qu'il faut en placer un devant, ce sera la médaille de bronze de Thomas Gogois aux championnats d'Europe espoirs à Tallinn en 2021 avec un bond à 16,63 m au triple saut. C’est la confirmation qu'il est capable de faire de grandes choses dans l'avenir. Ensuite, deux autres souvenirs arrivent ex æquo. D’abord, la première médaille d'or de Jérôme Brard, qui s’était sublimé lors des France jeunes UNSS en 1988 au triple saut, alors que j'étais un jeune entraîneur. Sa médaille venait confirmer le bon travail que nous avions fait, nous grandissions ensemble. Ensuite, le premier titre national en cadets de Thomas Gogois, avec 15,09 m à Dreux en 2017, qui confirmait ainsi tout son talent. Mais au-delà des médailles, c’est la faculté de ces athlètes à mettre en place tout ce qu’ils savent faire le jour J que je trouve superbe. Nous, on est là sur le bord de la piste, on essaye de tout anticiper, mais une fois en bout de piste, c’est l’athlète qui fait tout.

Quelle est votre relation avec les athlètes ?

Je prends soin de mes athlètes, tout en leur demandant une rigueur à la hauteur de leurs ambitions. J'essaye de les mettre dans les meilleures conditions afin qu'ils s'impliquent au maximum dans leur séance d'entraînement et pour les compétitions. Le haut niveau nécessite également un échange permanent avec les athlètes et ne rien négliger pour aller toujours plus haut. Il faut savoir échanger parfois avec les familles ou les institutions scolaires afin d’instaurer un climat de confiance et faire comprendre aux uns que leur enfant est entre de bonnes mains, et aux autres qu’il serait bien d’aménager l’emploi du temps si c’est possible. Au final, on doit transmettre à l’athlète l’amour du sport, l’éduquer et lui transmettre des valeurs. Ouvrir l’esprit, ça fait partie de notre rôle.

Avez-vous un modèle d'entraîneur, dans l’athlétisme ou dans un autre sport ?

Je n'ai pas de modèle, car cela signifierait le copier. J'ai appris de mes rencontres en tant qu’entraîneur pour ensuite laisser exprimer ma personnalité. Celui qui m'a appris le plus est Jean-Louis Tahon, je ne serais pas là aujourd'hui sans sa bienveillance. Il m’a donné l’amour du triple saut, on pouvait passer des heures à parler de cette discipline. Ensuite, mes rencontres avec Philippe Mariage, Régis Prost, « Steeve » (Jean-Herve Stievenart) et Alain Tronqual ont forgés mes convictions. J'ai également appris à ne pas avoir peur d'utiliser les compétences d'autres personnes (médical, préparations mentale et physique) afin de continuer à progresser. C’est un travail d’équipe.

Trois mots pour définir votre groupe ?

Travail. Ambition. Sérénité.

Propos recueillis par Renaud Goude pour athle.fr

 

RB
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