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Fred Moudani-Likibi : « Le record de France, c’est déjà du passé ! »
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Fred Moudani-Likibi : « Le record de France, c’est déjà du passé ! »

Il est 8h du matin quand Fred Moudani-Likibi, 1,94 m pour 127 kg, décroche le téléphone dans son appartement étudiant de l’université de Cincinnati (Ohio). À quelques jours de sa première compétition en plein air dans le Tennessee, le nouveau recordman de France en salle du lancer du poids (20,51 m le 4 février 2023) se confie sur son quotidien aux États-Unis et revient sur sa carrière athlétique débutée au collège La Grange du bois de Savigny-le-Temple (77)...

Il est un peu tôt là, on vous réveille ?

Non, pas du tout. Ce matin, c’est assez tranquille. J’ai juste un cours à 10 h, et cet après-midi une séance technique suivie d’un peu de haies et de sauts. Le mardi et le jeudi, c’est assez cool en général. Les grosses journées, ce sont les lundis, mercredis et vendredis. J’ai cours le matin, et j’enchaîne sur du lancer de midi à 13 h (une trentaine de jets), puis j’ai sprint-sauts entre 15h30-16 h, et musculation à 16h30. C’est mon deuxième semestre ici. Avant, au Barton Community College (Kansas), c’était un peu la même chose, mais en plus physique encore.

C'est-à-dire ?

À Barton, on avait prépa physique tous les lundis, mercredis et vendredis à six heures du matin. On faisait des abdos, du gainage, des montées de gradins, des pompes, de la plio, du sprint… Ensuite, on avait technique de lancers l’après-midi et muscu en fin de journée. Et les mardis et jeudis, j’avais juste une séance de lancers.

Et c’était efficace ?

Oui, j’adorais ! C’était un peu comme en stage, mais avec les cours en plus le matin. Par contre, si tu te blessais, c’était vraiment la fin. C’était un peu la loi de la jungle, là-bas. Soit t’étais vraiment bon et ils te donnaient une bourse complète, soit il fallait devenir le meilleur de l’équipe pour la gagner. Il y avait peu de bourses, donc si tu en voulais une, c’était : « lance loin, cours vite, saute haut ou loin ! ». Mon record n’était pas assez élevé à l’époque. J’avais seulement 65 % de bourse, le reste venait de ma poche. Et comme c’était mieux de faire plusieurs disciplines, j’ai commencé le disque cette année-là (record : 49,09 m).

Revenons à vos débuts. Comment êtes-vous devenu lanceur de poids ?

J’ai commencé l’athlétisme au collège, quand j’ai déménagé de Combs-la-Ville à Savigny-le-Temple. C’était à la fin de la sixième. Je savais qu’il y avait une section athlé au collège La Grange du bois. Des amis à moi y étaient. J’aimais courir, je trouvais ça fun. Avec la prof d’EPS qui gérait la section, Madame Yessad, je pratiquais le 50 m, le 100 m et le poids parce que j’étais déjà grand. Mais à un moment, courir n’était plus une option à cause de mes tendinites rotuliennes. Alors même si je n’étais pas très technique, j’ai continué le poids. C’était que du bras ! (rires)

Et ensuite ?

J’ai intégré le pôle d’Eaubonne, où j’ai effectué mes trois années de lycée. Je m’entraînais avec Julien Vrielynck, qu’Aurélie Foessel (Philippon), mon ancienne coach de lancers, m’avait présenté. À l’époque, je ne pensais pas aux Etats-Unis. Je vivais au jour le jour. Ce n’est qu’après mon premier titre de champion de France cadets que j’ai commencé à recevoir des propositions pour partir. Mais comme j’avais un bon coach, je me disais que je verrai plus tard. Quand Julien a arrêté d’entraîner à Eaubonne, j’ai continué jusqu’au bac (avec Laurence Manfredi) et on a cherché une solution dans le Sud, mais ça n’a pas abouti. Je voulais passer en rotation pour monter en niveau, et comme les lanceurs de poids étaient tous chauds aux États-Unis, je me disais que le niveau des compétitions serait incroyable. J’ai voulu essayer pour voir ce que ça donnerait. En plus, ma mère ne voulait pas que j’arrête l’école pour me concentrer sur le poids, et moi non plus parce qu’il faut toujours avoir un plan B au cas où. C’était une solution pour continuer à faire les deux.

Et ça s’est passé comme prévu ?

Disons qu’avant d’arriver aux États-Unis, j’ai passé une année dans le brouillard… Après le bac et les Mondiaux juniors en 2018, j’ai repris les entraînements avec Julien à Franconville pour m’initier à la rotation, mais avec le boulot et les déplacements pour aller au stade, c’était un peu chaud. Pendant un an, j’ai travaillé tous les matins de 7h30 à 12h30 au magasin Louis Vuitton de Saint-Germain-des-Prés (Paris). Je m’occupais de la réception de colis et de la mise en rayon. J’ai lancé en rotation pendant l’hiver, mais c’était pas vraiment ça. Je suis repassé à la translation pendant l’été, mais c’était pas « ouf » non plus...

Et aux États-Unis, qu’est-ce qui a changé alors ?

Dès le premier jour d’entraînement, le coach de Barton m’a dit : « tu lances en rotation ! » Il n’a même pas cherché à comprendre. Avec le programme d’entraînement, j’ai pris en poids et en force, mais j’ai surtout progressé au niveau technique. Et puis le temps d’assimilation a vraiment joué. Faire du disque m’a un peu aidé à comprendre la rotation, même si le timing et les sensations ne sont pas les mêmes. Le disque, c’est plus comme un lance-pierre, avec beaucoup d’étirement, alors que le poids, il faut en permanence le soulever et le garder sur le cou.

Vous avez changé d’université ensuite ?

Oui, j’étais à Barton à cause de mon niveau d’anglais inexistant à l’oral. Le premier semestre, je prenais surtout des cours d’anglais. Après deux années de « junior college » (équivalent à un IUT), je suis parti à l’université de Southern Mississipi. Il y avait un très bon programme physique, mais la coach de lancers ne savait pas trop ce qu’elle faisait. Au bout d’un semestre, j’ai rejoint l’université de Cincinnati, où j’ai une très bonne coach allemande (Susan Seaton) et un bon groupe. On est quatre entre 17 et 20 m environ.

Vous attendiez-vous à lancer aussi loin cet hiver ?

Dépasser les 20 mètres était déjà mon objectif l’été dernier, mais il me manquait un coach pour me guider techniquement (il a lancé à 19,55 m en 2022). Pour y arriver, j’ai changé beaucoup de choses. J’ai progressé dans ma vitesse d’exécution. Mon passage droite-gauche est aussi bien meilleur qu’avant, mes épaules sont alignées, et je reste stable dans mes appuis pendant tout le lancer. Je suis plus en contrôle, plus patient avec le poids, tout en faisant bien avancer mes hanches. Je prends aussi moins de temps qu’avant au départ, et je laisse beaucoup moins traîner ma jambe arrière. De manière générale, on peut dire que je me suis plus concentré sur la technique en lançant. Je lance aussi le poids de 8 et de 8,5 kg de temps en temps pour apprendre à rester derrière l’engin, mais pas le 9 kg. C’est trop lourd !

Et en muscu, ça donne quoi ?

Ca n’est pas mon point fort. Quand je vois les perfs des autres lanceurs, je dis : « wouah ! » Ici, les gars sont forts naturellement. Un de mes coéquipiers est fermier. Il est super fort en muscu, il a la force des fermiers ! Alors on essaie de se pousser tous les deux en muscu. J’ai un max à 165 kg en développé-couché, c’est moins que certains qui sont à 180 ou 190… Lundi, on a mis 272 kg en demi-squats pour des séries de 4x4. Sinon, je fais des répétitions à 110-120 en arraché et environ 150 en épaulé. En épaulé, je n’ai pas la technique, c’est que du bras ! (rires)

Ça laisse encore de la marge pour progresser alors ?

Oui, avec le temps. Ça ne fait que trois ans que je lance vraiment en rotation. J’ai encore des progrès à faire. Quand je regarde les autres lanceurs, je vois des points techniques à améliorer [chez moi].

Ça vous fait quoi d’être le nouveau recordman de France depuis cet hiver ?

Forcément, ça fait plaisir, mais j’ai encore beaucoup de choses à améliorer. C’est déjà du passé. Je veux continuer petit à petit. Mais c’est marrant parce que quand Franck Elemba était de passage à Eaubonne, je trouvais ça surprenant de voir le poids partir à plus de 20 m. Maintenant, c’est moi qui l’envoie aussi loin…

Aux championnats NCAA, vous approchez encore le record de France (20,42 m le 11 mars 2023) mais terminez seulement sixième. Que dire de la concurrence ?

Le niveau est très dense. Ça se gagne à 21,15 m, avec le top huit à plus de 20 mètres et le neuvième à 19,90 m. Il y a beaucoup de techniques et de physiques différents. Le vainqueur avait le plus petit gabarit de tous (1,88 m, tout de même), mais il est super costaud et très rapide. Il ressemble aux nains qui fabriquent des épées dans les mangas ! (rires)

Quels sont vos objectifs pour la saison en plein air ?

Je vise les 21 mètres et la qualification aux championnats du monde. Si je ne me qualifie pas, ce n’est pas très grave. Ce sera partie remise pour l’année prochaine. Au niveau universitaire, j’aimerais bien sûr gagner le titre NCAA, mais ce n’est pas le plus important. Je préfère me concentrer sur mes perfs et sur moi-même. La place viendra après. Ce sera déjà bien de me qualifier pour les championnats NCAA. Au tour de qualifications, on n’a que trois essais. Tout peut arriver.

Et dans l’immédiat, quel est le programme ?

Je vais lancer au Tennessee ce week-end, puis j’aurai trois compétitions d’affilée en Floride avant les championnats NCAA. J’aime bien les déplacements, même si je m’y suis habitué. Ici, on prend l’avion dès que ça dépasse cinq heures trente ou six heures de route. Mais en junior college, on ne prenait que le bus. Quand on est allés aux Nationaux en Virginie, on a fait 26 heures de route !

Propos recueillis par Camille Vandendriessche pour athle.fr

Fred Moudani-likibi
Age / Sél.25 ans / 3 A
ClubEntente franconville cesame
SpécialitéPoids
RB
Admin Athle.fr
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