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Fred Moudani-Likibi, le nouveau poids lourd
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Fred Moudani-Likibi, le nouveau poids lourd

Après avoir amélioré le record de France en salle du poids avec 20,51 m cet hiver,  Fred Moudani-Likibi a décroché le titre national Elite ce week-end à Albi. Portrait du lanceur de l’EFCVO, qui s’épanouit depuis bientôt quatre ans dans le système universitaire américain.

Il a beau culminer à 1,94 m pour 127 kilos et pratiquer une discipline qui demande force et explosivité, Fred Moudani-Likibi se distingue par son calme à toute épreuve. « Sur son jet à 20,51 m, il vient de battre son record d’un mètre, il dépasse pour la première fois les 20 m, et il sort du plateau tranquillement, sans que rien ne le choque !, s’étoufferait presque Julien Vrielynck, son ancien entraîneur au pôle d’Eaubonne. D’ailleurs, quand on s’est appelés après le concours, il ne savait même pas qu’il avait battu le record d’Yves ! Fred, il est tout le temps zen, il ne s’énerve jamais... Mais quand il faut se lâcher, il sait mettre de la pêche dans le plateau. »  L’athlète de 24 ans peut s’appuyer sur une autre qualité indispensable pour lancer loin : un bon bras. « Quand on l’a vu sur les premiers stages régionaux en cadets, il était déjà impressionnant, reprend Julien Vrielynck. Il n’était pas monstrueux, mais il avait des bonnes cuisses, et ça partait vite avec le bras. » Une prédisposition qui remonte bien avant qu’il ne foule ses premiers plateaux. « C’est un peu bizarre, mais petit, j’aimais bien lancer des choses, se rappelle Fred Moudani-Likibi, qui a passé les quatre premières années de sa vie à Brazzaville (République du Congo). Au début, j’ai commencé à lancer juste parce que j’étais grand et costaud pour mon âge. Comme j’aimais courir, je pratiquais aussi le 50 m et le 100 m, mais à un moment, courir n’était plus une option à cause de mes tendinites rotuliennes. Alors même si je n’étais pas très technique, j’ai continué le poids. »

L’appel des États-Unis

Quand il arrive au CDFAS d’Eaubonne en classe de seconde, l’ex-protégé d’Aurélie Foessel à Savigny Sénart Athlétisme affiche un record à 15,54 m avec l’engin de 5 kg. Moins d’un an plus tard, il remporte son premier titre de champion de France cadets avec un jet à 19,72 m. « Il pige vite les trucs, sans être pressé, analyse Julien Vrielynck. Il écoute le coach et fait confiance les yeux fermés. À l’époque, il n’a jamais loupé une séance malgré le rythme soutenu avec les cours, les entraînements, l’étude le soir et l’éloignement de la famille... Il faisait de grosses journées, mais était tout le temps assidu et à l’heure. » En juniors, la progression de Fred Moudani-Likibi est moins nette (record à 18,71 m avec le 6 kg). Le bac en poche, il se convainc de passer en rotation pour franchir un cap. Et ne voit pas d’autre solution que de s’exiler aux États-Unis. « Comme les lanceurs de poids étaient tous chauds là-bas, je me disais que le niveau des compétitions serait incroyable, explique-t-il. J’ai voulu essayer pour voir ce que ça donnerait. C’était aussi une solution pour combiner sport et études. » À la reprise de l’entraînement avec Julien Vrielynck en septembre 2018, il s’essaie à la rotation en prévision de son départ outre-Atlantique. « Je l’ai fait embaucher comme stockiste chez Louis Vuitton à Saint-Germain-des-Prés. Il travaillait le matin de 7 h à midi, du lundi au samedi, et on s’entraînait l’après-midi, au stade à Franconville. Mais comme il était retourné vivre à Savigny, il passait plus de trois heures par jour dans les transports en commun. C’était très compliqué. » L’apprentissage technique se révèle fastidieux. En salle, le lanceur dépasse péniblement les 15 mètres, et repasse en translation l’été suivant. « Pourtant, il avait clairement un potentiel en rotation. À l’entraînement, il a fait des jets à 16,50 m ou 17 m, précise Julien Vrielynck. Fred n’a jamais eu peur du butoir, ni de se casser la gueule. Il n’a pas peur de tester des choses, c’est un peu un casse-cou. »

Objectif : 21 mètres

Le 9 août 2019, Fred Moudani-Likibi concrétise enfin son rêve américain. Et dès le premier entraînement au Barton Community College, dans le Kansas, son nouveau coach le met à la rotation. « Il n’a même pas cherché à comprendre ! », sourit Fred. Pendant ses deux saisons dans ce « junior college » (équivalent à un IUT), le « Frenchie » assimile la gestuelle et met son physique à l’épreuve. Trois jours par semaine, il se plie aux séances de « conditioning » (gainage, montées de gradins, pompes, pliométrie, sprints, etc.) qui débutent à 6 h du matin. L’après-midi, il enchaîne les lancers, et termine par de la muscu en fin de journée. « C’était un peu marche ou crève, se souvient-il. Si tu te blessais, c’était vraiment la fin. Mais moi, j’adorais ! » Les résultats ne viennent pas dès la première saison, mais l’hiver suivant, quand il atteint 18,64 m en salle. Après Barton, direction l’université de Southern Mississipi, où il ne reste qu’un semestre. En l’absence de coach compétent, il porte tout de même son record à 19,55 m en avril 2022. « Quand il est revenu l’été dernier, il avait clairement passé un cap, confirme Julien Vrielynck. Il avait bien progressé sur le physique, et lançait de mieux en mieux techniquement. C’est lui qui m’apprenait des choses ! » Après le Mississipi, Fred Moudani-Likibi pose ses valises à l’université de Cincinnati, dans l’Ohio. Il y rejoint trois autres lanceurs à 17 m et plus entraînés par l’expérimentée Susan Seaton. Début mars, lors de ses premiers championnats nationaux universitaires, le Français découvre aussi l’impitoyable densité du circuit NCAA. En finale, son meilleur jet à 20,42 m ne lui vaut qu’une modeste sixième place. Quelques semaines plus tard, il s’impose aux championnats de France Elite à Albi, avec 19,84 m, malgré des sensations très moyennes et un dos pas très compréhensif. « Il est en plein apprentissage et doit encore emmagasiner pour essayer d’être régulier à 20 m et chercher les 21 m », temporise Vrielynck. Bien dans ses baskets à Cincinnati, Fred Moudani-Likibi sait où il veut aller. Sa fac l’attend pour la rentrée, dès le 15 août. Ce sera sa dernière saison universitaire. « Et si ensuite je peux rester aux États-Unis, je me verrais bien être coach là-bas. »

Camille Vandendriessche pour athle.fr

Fred Moudani-likibi
Age / Sél.25 ans / 3 A
ClubEntente franconville cesame
SpécialitéPoids
RB
Admin Athle.fr
les réactions (1)
Gilbert Uguen - 04/08 (16h58)
C'est très bien pour Moudani-Likibi. Bravo à lui . L'intérêt des média pour les lancers et lanceurs est si rare ! Ainsi on est passé à côté de la carière de Fred Dagée, jusqu'à ce qu'il soit dégoûté et s'arrête en pleine force de l'âge. Et que dire de l'excellent Yann Moisan qui se débrouille avec les moyens du bord,et qui sera bientôt à 19 mètres ... dans L'indifférence de la fédé et des média.Vive les lanceurs et les lancers !
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