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Dans l’œil du coach : Véronique Boyer à l’AS Central Sport de Tahiti
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Dans l’œil du coach : Véronique Boyer à l’AS Central Sport de Tahiti

Pistard, routard, combinard, sauteur, lanceur, jeune, compétition, loisir, haut niveau, découverte, nature, ville. Autant de mots à combiner qui, au sein des près de deux mille clubs, font l’athlétisme en France. Parmi les rouages essentiels de chaque structure, l’entraîneur, quel que soit son profil, occupe une place à part. Athle.fr vous invite chaque mois à la rencontre de ces hommes et femmes de l’ombre. Rencontre avec Véronique Boyer, 51 ans, entraîneure à l’AS Central Sport à Tahiti.

Voilà 45 ans que Véronique Boyer habite Tahiti. Cette ancienne internationale à l’heptathlon a reçu le trophée de meilleure entraîneure de la saison 2023 de la part du comité olympique de Polynésie française. Coach pluridisciplinaires pour des jeunes de tout niveau, elle a réussi, avec son club, à fédérer autour de l’athlétisme. Elle a fait germer des graines de champions, qui participent à des matchs avec d’autres pays du Pacifique, viennent en métropole pour les Pointes d’Or et la Coupe de France des ligues minimes. Et qui, pour certains, ont porté le maillot de l’équipe de France.

Votre définition de l'entraîneur ?

C’est avant tout une personne qui a une passion qu’elle partage ou transmet à ses athlètes. Elle doit dégager de la confiance, avoir de l’empathie mais doit aussi marquer son autorité et avoir de la rigueur. L’entraîneur doit prendre en compte les particularités de chaque sportif. Il doit adapter au mieux les entraînements en fonction des moments (fatigue scolaire, problèmes familiaux...) et s’adapter aux athlètes. Ce qui signifie, pour les plus jeunes, insister sur l’acquisition de la technique nécessaire à leur progression et, pour les athlètes un peu plus confirmés, les pousser à croire en eux afin d’atteindre leur objectif de performance. Il faut aussi les accompagner à chaque étape de leur progression par un entraînement plus personnalisé, nécessaire à l’accomplissement de leur objectif, records ou sélection par exemple. Pour cela la communication est très importante.

Entraîneur à Papeete, c'est plus dur qu'ailleurs ?

Je suis entraîneure à Tahiti depuis 25 ans et j’y vis depuis 45 ans. Les conditions climatiques permettent presque quotidiennement de travailler en extérieur. C’est un peu plus compliqué durant la saison des pluies. Par ailleurs, nous sommes souvent confrontés à des problèmes d’installations sportives défectueuses, qui ne permettent pas de s’entraîner dans les meilleures conditions. La piste n’est pas exceptionnelle, et l’autre stade le plus proche est à plus d’une heure. On s’adapte et on s’entraîne parfois dans l’herbe. Il n’y a pas non plus de belles forêts comme en France. On fait des côtes sur le bitume en plein cagnard.

Ce qui vous énerve et vous plaît le plus dans votre fonction ?

Enerver est un bien grand mot, mais il est toujours décevant pour un coach de voir certains athlètes à fort potentiel ne pas atteindre leurs objectifs, faute de travail ou de motivation. En revanche, le simple fait de voir que son athlète adhère aux conseils et que cela se traduit par une progression, demeure une satisfaction essentielle pour un entraîneur. Comme lorsque des athlètes qu’on a formé tout jeune deviennent de grands champions et entrent en équipe de France. C’est le cas pour Salomé Pracht Kautz, détentrice de nombreux records de Polynésie minimes et par la suite sélectionnée chez les cadettes sur 400 m haies, ou de Raihau Maihau détenteur du record de Polynésie cadets du saut en longueur avec 7,45, avant de poursuivre sa progression et de devenir champion de France Elite et athlète international.

Vous êtes un coach connectée ou ‘’à l'ancienne" ?

J’aime bien acheter des livres sur les méthodes d’entraînements, la musculation, j’aime beaucoup ce qu’écrit Olivier Pauly. Mais mon inspiration vient de plus en plus des réseaux sociaux où l’on trouve pas mal de situations originales et de compléments sur la physiologie de l’effort. Cependant, je ne suis pas encore cet entraîneur ultra informatisé, qui utilise des appareils connectés, beaucoup trop chers, avec capteurs de vitesse ou de puissance, oxymètres…

Votre plus beau souvenir ?

J’en ai beaucoup, notamment mes nombreuses participations aux Jeux du Pacifique en tant qu’athlète puis coach, et parfois même les deux en même temps. Quelles richesses de découvrir ces pays souvent exotiques aux cultures passionnantes (Papouasie-Nouvelle Guinée, Fidji, Samoa, Guam, Norfolk, Nouvelle-Zélande, Australie), avec qui nous nous confrontons lors de matchs ou des Jeux du Pacifique. Mais mon souvenir le plus émouvant date du mois de mars dernier. J’ai été une coach comblée lorsqu’une des jeunes athlètes que j’entraîne, Teanevai Perez, a battu un de mes propres records de Polynésie vieux de 35 ans, en réalisant la meilleure performance française minimes au saut en hauteur. Cette performance vient d’être de nouveau améliorée lors des Pointes d’Or par une autre athlète mais ça n’est pas grave, j’ai vécu une émotion très forte avec Teanevai.

Quelle est votre relation avec les athlètes ?

Je pense être une coach cool. Je ne mets pas trop de barrières. Je n’entraîne que des adolescents qu’il faut essayer de comprendre, et ce n’est pas toujours facile. J’essaye d’avoir leur confiance pour pouvoir avancer avec eux, quand un ne va pas bien, je le sens. On fait des repas ensemble, des sorties à la plage. C’est important ces moments, je trouve.

Avez-vous un modèle d'entraîneur, dans l’athlétisme ou dans un autre sport ?

J’ai eu l’immense chance d’être, très jeune, une athlète au contact permanent de deux entraîneurs exemplaires qui ont permis l’éclosion de nombreux athlètes, tout en boostant l’athlétisme polynésien. Michel Lourie, technicien émérite arrivé à Tahiti au début des années 80, juste après avoir conduit le 4x100 m tricolore à la médaille de bronze lors des Jeux olympiques de Moscou. C’était un entraîneur charismatique, qui suscitait l’adhésion de tous par sa grande compétence. Il était accompagné dans sa tâche de CTR par la championne olympique du 400 m de Mexico, Colette Besson, dont je peux témoigner de l’exceptionnel rayonnement et de l’abnégation totale pour les jeunes athlètes polynésiens. A l’aune des années 90, j’ai aussi eu le privilège, à 18 ans, d’être une athlète du centre national d’épreuves combinées de Montpellier créé par Jean-Yves Cochand. Jean Yves fut un exemple comme coach, il a formé de nombreux athlètes de niveaux national et international.

Trois mots pour définir votre groupe ?

Ambiance. Jeunesse. Soudé.

La rédaction

 

RB
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