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Gilles Biron : « Un bon relayeur doit savoir mettre son ego de côté »
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Gilles Biron : « Un bon relayeur doit savoir mettre son ego de côté »

Vice-champion du monde avec ses coéquipiers du 4x400 m à Budapest, Gilles Biron est sans doute le plus discret du collectif. Le Martiniquais du Madinina Athlétisme a pourtant été le Français le plus proche des 45’’ cet été, avec un record abaissé à 45’’05. En finale des Mondiaux, son tour de piste en tant que deuxième relayeur a pesé lourd dans la balance, grâce à une stratégie audacieuse. Découverte d’un sprinter à la trajectoire atypique.

A quel moment avez-vous commencé à penser à la possibilité d’un podium à Budapest ?

Avec mes coéquipiers du relais, on l’avait déjà en tête après notre médaille de bronze aux championnats d’Europe de Munich l’an dernier. On se disait qu’il y avait franchement quelque chose à faire et on voyait qu’on n’était pas si loin que ça du record de France. Dès le premier regroupement pré-Budapest, on a mis sur la table qu’on visait le podium. On était conquérants, optimistes et sûrs de nous, même si on n’était pas en 44’’ en individuel. Avec le relais, on est tous unis par le même objectif et impliqués à 110 %. On forme une équipe homogène et on se comprend tous, même si on est assez différents en dehors de la piste. David (Sombé) est un peu philosophe, Ludvy (Vaillant) a des arguments posés, Téo (Andant) trouve toujours les bons mots. Pour ma part, je suis un peu plus en retrait à l’oral.

Quelles sont les qualités d’un bon relayeur ?

Au-delà de son niveau sur 400 m, il doit savoir mettre son ego de côté et être capable de comprendre les décisions du sélectionneur, en acceptant de se mettre en retrait s’il n’est pas à 100 %. Il est au service du relais, il n’y a pas de titulaires indiscutables. C’est d’ailleurs un peu ce qui s’est passé à Budapest. Après le relais mixte (lors duquel les Bleus se sont classés quatrièmes, NDLR), j’étais un peu fatigué et déçu de mes courses. J’ai dit au coach (Emmanuel Huruguen) que je ne me sentais pas en grande forme. C’est parfois un peu dur d’être honnête, car on a tous envie de courir, mais c’est important. Je me suis demandé si je n’avais pas commis une erreur, j’avais un peu peur de ne pas disputer la finale à cause de ça. Mais c’était la bonne solution.

Comment avez-vous appris que vous alliez être aligné en finale ?

Après la série, Emmanuel a réuni le collectif et nous a annoncé la composition de l’équipe pour la finale. J’étais content d’apprendre que j’allais courir, mais aussi un peu stressé par mon nouveau poste, le deuxième. Ça faisait longtemps que j’étais systématiquement le premier relayeur. Mais c’était une pression positive. C’est bien de voir 44’’ s’afficher, même si c’est un chrono lancé (rires).

Votre parcours a marqué les esprits, avec cette accélération au rabattage pour vous placer en troisième position. Ce choix tactique était-il prémédité ?


Non, il était improvisé. Thomas (Jordier) nous avait parlé de l’importance d’être bien positionné aux 600 mètres. Avec Ludvy (Vaillant), on avait prévu de partir vite. Je lui ai lancé avant la course en créole : « Fais-leur mal ! ». Au moment du rabattage, je me suis dit qu’il valait mieux que je passe maintenant devant pour ne pas être coupé dans mon effort. Et en entrant dans la dernière ligne droite, je savais que mes adversaires étaient derrière moi et qu’ils allaient donc sans doute finir mieux que moi, après avoir pris mon aspiration. J’ai donc décidé de me placer au couloir 2 pour les empêcher de passer facilement. Ces deux prises de décision ont été assez fortes. C’est pourtant quelque chose que j’ai du mal à appliquer au quotidien, en dehors de la piste. Et ça m’a donc conforté dans certains choix de vie que j’ai pu faire.

Racontez-nous un peu votre parcours athlétique. Dans quelles conditions avez-vous commencé l’athlétisme en Martinique ?

J’ai débuté à 18 ans et j’ai été formé au Madinina Athlétisme par Laurent Roche. Lors du baccalauréat, il y avait l’épreuve des 3x500 mètres. J’ai tourné en 1’20’’ en suivant un coureur de 800 m, qui m’a conseillé, tout comme la prof, de me mettre à l’athlétisme.  Avant ça, j’ai fait pendant dix ans la natation à l’Espadon Fort-de-France. Je nageais sur 100 m, 200 m et 400 m nage libre, mais aussi sur 100 m dos. C’était assez varié, j’avais un niveau interrégional mais je n’étais pas le plus doué. Et je ne m’entraînais qu’une fois par jour, alors que c’est un sport assez besogneux dans lequel il faut faire au minimum du biquotidien. Ça m’a donné un cardio assez conséquent.

Une fois athlète, vous avez d’abord été demi-fondeur…

J’ai commencé par le 800 m, même si les séances étaient plutôt axées sur le sprint. En 2015, je me suis qualifié pour les championnats de France juniors à Valence. J’ai été éliminé en séries en courant en 1’57’’. Je me suis dit que si je m’étais entraîné un peu plus, je me serais peut-être qualifié en finale. L’année suivante, j’ai arrêté la natation et je me suis mis à 100 % à l’athlé. Et puis un jour, je me suis aligné sur un 400 m, dans l’idée de progresser sur le double tour de piste. Finalement, je ne suis jamais remonté.

Dans quelles circonstances êtes-vous arrivé en métropole ?

C’était pour les études, dans le cadre d’un master en urbanisme que j’ai terminé en 2019. Je m’entraînais à l’époque avec François Pépin. J’ai décroché ma première sélection en 2017 avec le relais, à l’occasion des championnats d’Europe par équipes, mais j’ai ensuite été blessé chaque année. J’ai préféré changer d’environnement et j’ai rencontré Franck Matamba à Lyon en 2019, qui me coache toujours. Au niveau études, j’ai enchaîné sur un deuxième master en humanités numériques. C’est de l’informatique au service des sciences sociales. J’ai commencé à travailler cette année dans un bureau de logistique urbaine, dans le cadre d’une convention d’insertion professionnelle avec des horaires aménagés et un revenu stable.

Quelles perspectives vous ouvre la médaille d’argent à Budapest ?

On visera forcément la médaille d’or aux Jeux. L’avenir est aussi plus clair sur le plan financier, grâce aux retombées. Une récompense comme celle-là ouvre des portes. Je vais avoir des conditions encore meilleures pour m’entraîner et battre mon record sur le tour de piste. On est aujourd’hui plusieurs à avoir le potentiel pour descendre assez vite sous les 45’’. Il faut juste trouver les bonnes courses et les bonnes conditions.

Propos recueillis par Florian Gaudin-Winer pour athle.fr

Gilles Biron
Age / Sél.28 ans / 9 A
ClubMadinina athletisme
Spécialité400 m - 4 x 400 m
RB
Admin Athle.fr
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