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La folle remontée !

Incroyable dénouement au Stadium. Trois points derrière les Britanniques avant l’ultime épreuve, le 4x400 m masculin, les Bleus sont finalement montés sur la troisième marche du podium dans une ambiance incandescente. Ils n’ont rien lâché lors de cette dernière journée, en s’appuyant notamment sur les victoires des tauliers Renaud Lavillenie et Mahiedine Mekhissi.

Que l’inventeur du relais 4x400 m soit remercié jusqu’à la fin des temps. Encore une fois, les quatre tours de piste ont offert, ce dimanche, un concentré d’émotions unique et un scénario inimaginable. Petit retour en arrière. Avant le départ du 4x400 m masculin, ultime épreuve de ces championnats d’Europe par équipes, la France compte trois points de retard sur la Grande-Bretagne. Il y a deux ans à Cheboksary, les Bleus avaient réalisé un magnifique relais pour garder la troisième place devant la Pologne. Compte-tenu de la culture du tour de piste Outre-Manche, et des absences de Teddy Atine-Venel (deux 400 m vendredi et samedi) et Mame-Ibra Anne (blessure), la marche à gravir semble, cette fois, un peu haute.

Gilles Biron (Madidina Athlétisme) a droit à un sacré baptême du feu en lançant le quatuor. Il transmet le témoin à Thomas Jordier, qui abandonne pour une fois sa place de quatrième relayeur. Le petit gabarit de Tremblay réalise une course somptueuse et pleine d’intelligence, en remontant tous ses concurents pour lancer Mamoudou-Elimane Hanne (SPN Vernon) en tête. Ce dernier conserve la première place et transmet à Yoann Décimus (Athlé 91). A cet instant, les Britanniques sont encore au contact à la quatrième place. Mais leur dernier représentant va complètement exploser. Yoann Décimus franchit la ligne d’arrivée en deuxième position, en 3’03’’92, six centièmes derrière la Pologne. Au classement scratch sur les deux courses, les Tricolores sont cinquièmes. Les Britanniques, neuvièmes en 3’07’’49, se sont effondrés.
Conséquence : la France (270 pts) monte sur la troisième marche du podium, derrière l’Allemagne (321 pts) et la Pologne (295 pts), mais un point devant la Grande-Bretagne. Les 10 000 spectateurs massés dans les lignes droites du Stadium explosent de joie, savourant ce happy end inespéré. « Les garçons ont fait un super boulot, y compris Gilles dans un contexte qui n’était pas facile pour une première sélection, savoure Yoann Décimus. On s’est tous arrachés. On a une pensée pour Teddy, Mame et tous les autres. »

Sixième victoire pour Lavillenie

La récompense est belle pour cette jeune équipe de France, privée de nombreux leaders mais qui a pu compter sur ses patrons et sur des espoirs talentueux. Ce dimanche, Renaud Lavillenie et Mahiedine Mekhissi ont tenu leur rang, en apportant les onze points réservés au vainqueur. Le premier nommé remporte sa sixième victoire lors des championnats d’Europe par équipes et devient le recordman de premières places, à égalité avec Muriel Hurtis, Christine Arron, Mehdi Baala et Bouabdellah Tahri. Malgré un vent capricieux et un échauffement très compliqué, le perchiste de Clermont Athlétisme Auvergne a fait parler son expérience pour franchir 5,80 m au premier essai, avant d’échouer à 5,91 m. Il n’a pas hésité à haranguer la foule après ses tentatives réussies, profitant au maximum de l’appui d'un public français qu'il retrouvera dès samedi prochain, à l'occasion du meeting de Paris. Mahiedine Mekhissi est, lui, un habitué des clins d’œil à ses supporters. Quatrième hier du 1500 m, le steepleur du Stade Sottevillais 76 a retrouvé sa distance de prédilection avec bonheur. Un dernier kilomètre bouclé en 2’39 lui a permis, en 8’26’’71, de calmer les ardeurs de l’accrocheur espagnol Sebastian Martos (8’27’’46). Le tout en saluant la foule et en montrant son maillot bleu, après avoir franchi la dernière barrière.

Des lanceurs de haut niveau

Leaders naturels par leurs résultats, les deux hommes ont entraîné dans leur sillage plusieurs jeunes visages de l’athlétisme tricolore. Aurel Manga (CA Montreuil 93) est allé chercher, en 13’’35 (+0,2m/s), une belle deuxième place sur 110 haies derrière le vice-champion olympique espagnol Orlando Ortega (13’’20). En retrait vendredi, Meba-Mickael Zeze (SCO Sainte-Marguerite Marseille) a fortement accéléré la cadence pour terminer deuxième du 200 m en 20’’57 (+0,4m/s). Rougui Sow (Stade Sottevillais 76), mal embarquée dans le concours de la longueur, a fait preuve d’un beau tempérament en décollant à 6,45 m (+2m/s) au troisième essai. Une performance synonyme de deuxième rang. Sur 5000 m, Liv Westphal (AS Saint-Junien) s’est arrachée pour réaliser son meilleur chrono de la saison en 15’34’’73, avec une quatrième place pour récompense. A souligner également les prestations des lanceurs Lolassonn Djouhan (EC Orléans Cercle Jules Ferry) et Quentin Bigot (Athlétisme Metz Métropole), dans des concours de très haut niveau. Le spécialiste du disque a pris la troisième place avec 64,35 m, derrière deux gros clients en la personne de l’Allemand Robert Harting (66,30 m) et du Polonais Robert Urbanek (66,25 m). Le lanceur de marteau s’est, lui, classé quatrième avec 76,63 m d’un concours dominé par le Polonais Pawel Fadjek (78,29 m).

Une réussite sportive et organisationnelle

Des comportements que n’a pas manqué d’apprécier Patrice Gergès, le directeur technique national : « L’image donnée par l’équipe de France ce week-end me plaît. On a montré qu’il y avait de l’envie, de l’entrain. Cela a été difficile jusqu’au bout, mais tout le monde a cru que c’était possible. Cela lance l’envie collective de faire quelque chose, qui fait partie de l’identité de l’équipe de France. On est toujours dans la même dynamique de réussite. » Pour André Giraud, le président de la FFA, la satisfaction est double. Elle est bien sûr d’abord sportive, avec cette troisième place. Mais elle est aussi d’ordre organisationnel. « On lançait l’olympiade avec la tenue d’un grand rendez-vous continental, rappelle-t-il. Elle se terminera par les championnats d’Europe à domicile, en 2020.  On voulait montrer à l’Association Européenne d’Athlétisme et aux autres pays notre savoir-faire en la matière. Il faut remercier tous les bénévoles, volontaires et partenaires qui nous ont accompagnés dans ce projet. » Avec le meeting de Paris, la Fédération Française d’Athlétisme aura l’occasion, dès samedi prochain au stade Charléty, de mettre une nouvelle fois les petits plats dans les grands.

Florian Gaudin-Winer (avec Etienne Nappey) pour athle.fr

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