Tahri vide son coeur
Sa cinquième place en finale du 3000 m steeple reste, à ce jour, la meilleure performance masculine de l’équipe de France, depuis le début des Mondiaux d’Osaka. Mais Bouabdellah Tahri traverse la compétition le cœur gros et les yeux rouges. Mardi soir, il a quitté la zone mixte, quelques larmes sur les joues, après avoir répondu très brièvement, plus contraint qu’autre chose, aux questions des médias. Ce mercredi, le Messin a souhaité rencontrer la presse, à l’hôtel de l’équipe de France. Une vingtaine de minutes d’interview, parfois coupée de silences, terminée le visage mangé par l’émotion.
« Depuis un mois, je ne dors plus, a expliqué Bouabdellah Tahri. J’ai perdu quinze jours d’entraînement. Mon nom et mon honneur ont été salis. Je le porterai jusqu’à la fin de ma carrière, peut-être jusqu’à la fin de ma vie. C’est très dur pour mon entourage, mes petits frères et sœurs. Ce sont eux qui m’ont poussé à venir à Osaka, car jusqu’à mon départ, le 12 août, je me posais la question de ma participation aux Mondiaux. Pendant cette période, beaucoup de gens ont quitté le navire. Mais j’ai heureusement été très soutenu, notamment par la FFA. Quand son président, Bernard Amsalem, a pris la parole pour me soutenir, ça m’a aidé moralement à continuer. »
Bouabdellah Tahri entend prendre prochainement un avocat, pour entamer d’éventuelles poursuites contre les personnes l’ayant accusé de se doper. Il est également résolu à poursuivre sa saison. « Arrêter reviendrait à leur donner raison », suggère-t-il. « Dans un tel contexte, après le mois de juillet que j’ai connu, ma cinquième place en finale n’est pas décevante. » Elle est même plus que respectable.
Alain Mercier, à Osaka pour athle.com
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