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Reportage - dimanche 26 août
Paroles et mixité

Les vestiaires ne sont plus ce qu’ils étaient. Au Stadium d’Osaka, les organisateurs japonais ont installé sous la tribune, à quelques foulées de la sortie de la piste, un espace vaste et ouvert à tous les regards, où les athlètes se rhabillent en retrouvant leur souffle. Pour y accéder, un long couloir au parcours tortueux, matérialisé par des barrières métalliques. Son nom, la zone mixte.

Coureurs, sauteurs, lanceurs, tous y passent, qu’ils en aient envie ou pas. Ils y rencontrent la presse, qu’ils le souhaitent ou pas. Un passage obligé, incontournable, désormais rituel. Mais pas toujours traversé du même pas. Fidèle à son habitude, Asafa Powell s’y emmure dans le silence. Pas un mot. Aucun sourire. Le Jamaïcain garde ses commentaires pour lui. Bouabdellah Tahri, souvent loquace, a suivi son exemple, dimanche matin, après sa série du 3000 m steeple. Il n’a parlé à personne, malgré la présence dans les lieux d’un imposant contingent de journalistes français. Jean-Michel Dirringer, son entraîneur, appelé à la rescousse, a dû jouer les porte-parole. Carolina Klüft, habituée depuis longtemps à y déverser un flot continu de paroles de championne, fait étalage de ses talents de polyglotte. Une phrase en anglais pour la droite, quelques mots d’allemand vers la gauche, avant de réserver ses impressions les plus riches à la presse scandinave.

Les plus anciens y « font le métier », avec sérieux et professionnalisme. Christine Arron, notamment. Dimanche matin, elle a répété près d’une demi-douzaine de fois ses commentaires, après sa série du 100 m, s’arrêtant sans agacement visible devant une équipe de télévision, puis une autre, un groupe de reporters radio, puis un autre équipe de télé, et enfin la presse écrite.

Les plus jeunes en découvrent les usages. Avec politesse, application et un sens consommé de l’analyse pour Elodie Guégan, après sa série du 800 m. Avec fraîcheur et humour pour Fadil Belaabouss, au terme de sa série du 400 m haies. « Je ne sais pas où j’ai mis le bracelet que m’a offert m’a copine, a-t-il expliqué, hilare, en montrant son poignet nu. Si je ne le retrouve pas, je vais rentrer célibataire ».

Alain Mercier, à Osaka pour athle.com