Yohann Diniz aura des yeux derrière la tête

Yohann Diniz aura des yeux derrière la tête, samedi matin, pendant le 50 km marche. Les yeux de Denis Langlois. Arrivé en milieu de semaine à Osaka, l’entraîneur du Rémois s’apprête à vivre l’épreuve au bord du parcours. Avec une mission : aider son protégé à décrocher le titre mondial. Avec Pascal Chirat, le responsable fédéral de la discipline, et Jeannick Landormy, le coach d’Eddy Riva, Denis Langlois sera posté à un « endroit stratégique ». « Je pourrai prendre les temps de passage pour surveiller les allures, raconte-t-il. Et renseigner Yohann sur ses adversaires. L’informer de tout ce qu’il ne peut pas voir, la forme des uns, la stratégie des autres… ».
Comment ? En quelques mots, une poignée de gestes et surtout une large palette de regards. Les deux hommes avouent ne pas avoir mis en place de code de langage, pour communiquer pendant une épreuve. « Mais nous nous connaissons assez pour pouvoir nous comprendre en un regard, explique l’entraîneur. Pendant la course, nous aurons un long dialogue avec peu de mots. »
Sur cette boucle en aller-retour à parcourir 24 fois, Denis Langlois espère voir son athlète une cinquantaine de fois. A chaque passage, il observera son attitude, cherchera à lire sur son visage pour y deviner son état, ses questions, ses idées. « Etant moi-même marcheur, je peux aussi déceler des choses, chez ses rivaux, que personne n’autre ne peut comprendre. Et je lui donnerai régulièrement des infos sur ce qui se passe dans la course ». Les deux hommes avouent parler de cette compétition depuis des mois, mais la stratégie finale n’est pas arrêtée avant la veille de la course.
Samedi matin, Yohann Diniz et Denis Langlois se retrouveront dans la navette emmenant les marcheurs au départ du 50 km. Ils resteront ensemble pendant le trajet, puis partageront l’échauffement. « Pendant l’épreuve, il me faudra rester le plus froid possible, raconte l’entraîneur. Ne pas me laisser déborder par ce qui se passe, ni dans un sens ni dans l’autre. Une attitude positive mais feutrée. » L’an prochain, à Pékin, Denis Langlois rejouera cette partition le long des parcours des Jeux. Mais il espère aussi y poser sa foulée. « Je n’ai pas pu me qualifier cette année pour les Mondiaux, dit-il. Mais je vais essayer de décrocher ma sélection sur 20 km à Pékin ». Pour y terminer sa carrière.
Alain Mercier, à Osaka pour athle.com
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