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Diniz au bout de lui-même

En tête jusqu’à la mi-course, Yohann Diniz a ensuite été handicapé par de graves problèmes gastriques. Deux fois à terre, le marcheur rémois s’est à chaque fois relevé. Il a finalement pris la huitième place du 50 km marche en 3h46’43’’, en faisant preuve d’un courage admirable.
 Le Coup Dur
« Le 50 km peut s’écrire comme une tragédie grecque », rappelait Yohann Diniz, trois jours avant sa course. Sa prémonition s’est malheureusement avérée juste. Car le Rémois a vécu un véritable calvaire, sur un circuit de deux kilomètres tracé en bord de mer et arrosé de soleil. A mi-course, il semble pourtant bien parti pour refaire une « Barcelone 2010 ». A savoir une course en solitaire quasiment du premier au dernier mètre, avec la victoire au bout.
Passé en 1h49’31’’ au vingt-cinquième kilomètre, il compte une minute quarante d’avance sur un peloton de huit coureurs, dans lequel on retrouve le champion du monde Matej Toth. Mais les spécialistes restent prudents, à raison. « Le 50 km n’a pas encore commencé », rappelle Kevin Campion, aligné sur 20 km quelques jours plus tôt. Gilles Rocca, le coach du recordman de monde, lui fait écho en s’adressant à son protégé : « On va attaquer le 50 km, allez Yohann ! » Peu avant
le passage au vingt-cinquième kilomètre, le Français passe devant son coach en faisant la grimace et en désignant de la main son short. Gilles Rocca craint le retour de sa pubalgie. Le marcheur de trente-huit ans est en fait victime de graves problèmes gastriques, comme en début de course, sauf que les conséquences vont, cette fois, être beaucoup plus lourdes. Car au trente-troisième kilomètre, les choses se gâtent. Yohann vient de s’arrêter, trop handicapé par la douleur. C’est le Canadien Evan Dunfee,
son dauphin jusqu’alors, qui le rejoint puis le relance, en l’encourageant à le suivre.
Un long chemin de croix
La suite va être un long chemin de croix, suivi en mondiovision par des millions de téléspectateurs. « Une belle leçon de courage et une performance sur le plan humain », dira Pascal Chirat, manager de la marche à la DTN, même s’il n’est plus question de podium ou de sacre. Au trente-septième kilomètre, Yohann, victime d’un malaise, chute violemment. Le commun des mortels aurait stoppé là son effort. Pas lui, puisqu’il décide de repartir. Il tient absolument
à figurer pour la première fois au classement d’un 50 km marche olympique. En 2008 à Pékin, il avait abandonné. Quatre ans plus tard, il avait été disqualifié à Londres. Pas question de mettre, une nouvelle fois, le clignotant. Sur le bord de la route, l’encadrement français s’interroge. Est-il bien prudent de le laisser continuer ? L’avis médical est favorable. « Faire arrêter un garçon comme lui, ce n’est pas possible, estime de toute façon Pascal Chirat. Abandonner aurait été un drame terrible pour
lui. »

Epuisé, le visage marqué d’un rictus impressionnant, le Rémois a depuis longtemps perdu sa fluidité du début de course. A nouveau au sol au quarante-deuxième kilomètre, il se relève et poursuit son effort. Il franchit finalement la ligne d’arrivée en huitième position, dans le temps de 3h46’43’’, près de six minutes après le Slovaque Matej Toth, sacré champion olympique devant l’Australien Jared Tallent (3h41’16’’) et le Japonais Hirooki Arai (3h41'24).
Des bouteilles d’eau fraîche sur la tête
Mais, à cet instant, le triple champion d’Europe n'a pas la tête à son classement. Il titube jusqu’à l’arrivée de deux bénévoles, qui lui versent des bouteilles d’eau fraîche sur la tête. Pris en charge par les services médicaux sous une tente blanche, il perd connaissance quelques instants et est finalement évacué vers la polyclinique du village olympique, pour passer une batterie d’examens. « Non seulement il a terminé, mais il n’a jamais lâché le morceau
»,
souligne Pascal Chirat, admiratif. L’équipe de France n’a pas décroché de septième médaille, mais s’est trouvé un nouvel héros.
A Rio, Florian Gaudin-Winer pour athle.fr
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